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27/11/2007
Chronique Environnement

Madagascar apprcie la crevette bio

(MFI) Il y a quelques annes seulement, personne naurait pari un euro sur les chances dlever des crevettes dans les tannes, ces vastes espaces infertiles cachs au milieu de la mangrove. Pourtant, depuis 2002, la production de ce que les Malgaches appellent dj lor rose ne cesse daugmenter : 14 millions de tonnes de crevettes en 2007, et 750 emplois la cl. Mais il a dabord fallu transformer les tannes en bassin dlevage. Avec le soutien de lUnesco et de lorganisation de dfense de la nature WWF, le choix a t fait dune aquaculture cologique, loppos de llevage intensif qui dtruit souvent la mangrove et souille la nappe phratique. Cela signifie une moindre densit de mollusques (8 crevettes au mtre carr contre 100 dans les levages intensifs), une eau vivante (par opposition stagnante) et des granuls biologiques comme seule nourriture. Rsultat : les aquafermes malgaches situes dans le parc national des Tsingy de lAnkarana, dans le nord du pays viennent dobtenir, et cest une premire mondiale dans ce secteur, le label europen Agriculture biologique . Une chance supplmentaire de dvelopper les exportations tout en respectant lenvironnement.

La fonte de la banquise se confirme

(MFI) Tara, ce voilier scientifique qui se laisse driver avec la banquise de lArctique pour tudier les effets du rchauffement climatique dans la rgion, devrait sortir des glaces avant Nol, soit avec neuf mois davance sur le calendrier prvu. Parti au mois daot 2006, le bateau a t emprisonn dans les glaces ds le mois de septembre au large de la Sibrie. Son point de sortie devrait se situer entre le Gronland et le Spitzberg ; une drive transpolaire de 2000 km vol doiseau, du double en ralit car la drive est sinueuse et frle le Ple Nord.
Baptis Damocls, ce projet a t lanc par lUnion europenne dans le cadre de lAnne polaire internationale. La vitesse du voyage de Tara deux fois plus rapide que prvu pourrait sexpliquer par la moindre surface de la banquise arctique durant lt 2007. Comme le souligne Jean-Claude Gascard, le responsable du projet Damocls, lpaisseur moyenne de la banquise nest plus que de 1,5 mtre, au lieu des 3 mtres observs il y a trente ans. La glace est plus jeune, moins comprime, donc plus facile faire fondre. Les glaces pluriannuelles disparaissent progressivement au profit de glaces qui ne tiennent quun an .
Les observations ralises par les scientifiques embarqus bord de Tara confirment des craintes dj exprimes, savoir la rduction de la calotte glaciaire. Il est probable que la banquise arctique aura disparu en t dici 10 ou 15 ans , regrette Jean-Claude Gascard. La fonte de la banquise risque davoir pour effet dacclrer le rchauffement climatique, car lnergie solaire ne sera plus rflchie vers lespace mais capte par locan Arctique devenu eau au lieu de glace. La fonte des glaciers du Gronland devrait alors saggraver et le niveau de la mer augmenter.

Un nouvel organisme pour dfendre la biodiversit

(MFI) A lissue dune rencontre Montpellier entre une centaine de scientifiques et dlgus gouvernementaux venus de 70 pays, un nouvel organisme international sur la biodiversit a t cr, limage du GIEC sur le changement climatique. Baptis provisoirement IMoSEB (pour Mcanisme mondial dexpertise scientifique sur la biodiversit), son objectif est de fournir aux dcideurs politiques des informations fiables et rigoureuses sur les cosystmes, au mme titre que le GIEC, par ses tudes, guide les dcisions politiques concernant le rchauffement de la plante. Comme lexplique Jacques Weber, le directeur de lInstitut franais de la biodiversit : Lenjeu est norme ; il sagit que les gouvernements portent la biodiversit la mme attention quau changement climatique. Aujourdhui, 60 % des services fournis par les cosystmes, qui permettent la vie sur terre, sont dgrads ou surexploits. 70 % des plantes risquent de disparatre, de mme quun mammifre sur quatre et un oiseau sur huit. Cest lhomme qui est responsable de cette situation.
Malgr cette menace, les gouvernements ont encore peu agi pour protger la biodiversit, cela notamment parce que les scientifiques ont du mal coordonner leurs actions, regrouper leurs donnes et parler dune seule voix aux pouvoirs publics. Les informations concernant la biodiversit sont parpilles, donc difficilement utilisables. Rsultat : les recommandations du GIEC sur le climat sont prises au srieux, alors que dans le domaine de la biodiversit, les choses se dlitent , regrette Robert Barbault, responsable du dpartement Ecologie au Musum dhistoire naturelle de Paris. La biodiversit est un lment dterminant de la lutte contre la pauvret, laccs leau potable, la prvention des conflits lis aux ressources nergtiques Do parfois les difficults quprouvent les scientifiques se mettre daccord, dautant quils travaillent dans des sphres de comptence trs diverses.

Jean Piel

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