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| 17/06/2008 | |||
| Chronique Environnement : la pêche au Malawi ; les émissions de CO2 en Chine ; parier sur le réchauffement. | |||
| Au Malawi, trop de pêche tue la pêche (MFI) Dans les années quatre-vingt, les pêcheurs du lac Malawi remontaient en moyenne 75 000 tonnes de poissons par an ; aujourd’hui, ils en remontent à peine 5 000 tonnes. En cause, la surpêche des années passées, et surtout l’envolée du nombre de pêcheurs. Comme l’explique Iman Saidi, un habitant du village de Mangochi : « Je suis allé à l’école et je voulais devenir instituteur. Mais ici, il n’y a pas de travail. Il faut nourrir sa famille, alors tous les hommes se tournent vers le lac. » Directeur de la pêche au ministère de l’Agriculture, Alexander Bulirani le reconnaît : « Ces dix dernières années, le nombre de pêcheurs a augmenté de 124 %, et celui des bateaux a doublé. Et tous pêchent en eau peu profonde. » Avec ses 22 490 km², le lac Malawi, bordé également par le Mozambique et la Tanzanie, couvre un tiers de la superficie du pays du même nom et représente la troisième réserve d’eau douce du continent. Riche d’environ 500 espèces de poissons dont le chombo, il fournit 60 % des protéines nécessaires à la population. C’est aussi l’une des principales sources d’emploi du Malawi, où la moitié des 13 millions d’habitants vivent avec moins d’un dollar par jour. Selon des études récentes, les réserves de poissons du lac ne sont pas épuisées, mais vivent en profondeur ou loin des rives. C’est pourquoi le gouvernement de Lilongwe, en partenariat avec la Banque africaine de développement, propose des crédits à taux réduit aux pêcheurs pour les aider à moderniser leur flotte et à s’équiper de filets. Un projet qui laisse sceptique Daulos Mauambeta, le président de l’association Wildlife Society of Malawi : « Les autorités doivent avant tout cesser d’accorder une licence de pêche à quiconque la demande. Il faut instaurer un système de quota et définir la taille et le volume maximal des prises. Enfin, la création d’emplois dans d’autres secteurs est un impératif. » La Chine, premier émetteur de CO2 au monde (MFI) Selon une étude publiée vendredi 13 juin 2008 par l’Agence néerlandaise de l’environnement, la Chine est aujourd’hui responsable de 24 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde, devant les Etats-Unis (21 %), l’Union européenne (12 %), l’Inde (8 %) et la Russie (6 %). Pire : Pékin a généré en 2007 les deux tiers de la hausse de pollution au CO2. Une pollution principalement due à la fabrication du ciment, puis à la combustion d’hydrocarbures. Les chantiers de construction, nombreux dans l’Empire du milieu, sont donc les principaux responsables de cette pollution. A contrario, l’hiver relativement doux en Europe et la hausse du prix du pétrole ont permis, en 2007, aux émissions de CO2 de rester stable dans l’UE. Parallèlement, l’Ong citoyenne Civic Exchange, basée à Hong-Kong, estime que la pollution de l’air est à l’origine d’au moins 10 000 décès par an à Hong-Kong, Macao et dans le delta du sud de la Chine qui abrite des milliers d’usines. Cette pollution de l’air serait également responsable de 440 000 jours d’hospitalisation par an et de 11 millions de consultations chez le médecin. Elle coûterait chaque année 968 millions de dollars en frais de santé et baisse de productivité. Le chef de l’exécutif de Hong-Kong, Donald Tsang, reconnaît que la pollution atmosphérique constitue une grave menace pour l’ancienne colonie britannique, et a promis d’adopter des mesures pour la réduire. Parier 5 000 euros sur le réchauffement (MFI) Six climatologues – quatre Américains, un Allemand et un Britannique – ont lancé un pari à leurs collègues de deux instituts de recherche allemands. Objet : la prochaine décennie sera-t-elle plus ou moins chaude que la précédente ? Enjeu : 5 000 euros. A l’origine de ce qui ressemble à un canular, la publication dans la revue Nature des travaux de chercheurs de l’Institut de météorologie de Hambourg et de l’Institut océanographique de Kiel. Ils y affirment que le réchauffement moyen de la planète va s’interrompre provisoirement dans les prochaines années sous l’effet de cycles naturels. Selon eux, les décennies 2000-2010 et 2005-2015 devraient être plus froides que 1994-2004. « Nous ne nions pas le réchauffement climatique. Nous disons juste que, par l’effet de cycles naturels, il va s’interrompre momentanément. Nos travaux reposent notamment sur la variation de la température de surface des océans », insiste Mojib Latif. Une théorie à laquelle ne croient pas les six scientifiques qui ont lancé ce pari. « Si la température moyenne de 2000-2010 est inférieure à celle de 1994-2004, nous leur réglerons la somme de 2 500 euros. Si elle est supérieure, ce sont eux qui nous verseront cette somme. Idem pour la décennie 2005-2015 », explique, en rigolant, Michael Mann, de l’université de Pennsylvanie. Une clause d’annulation est cependant prévue si une météorite frappe la terre ou si un volcan majeur entre en éruption, ces deux événements refroidissant momentanément l’atmosphère. | |||
| Jean Piel | |||
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