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| 24/02/2009 | |||
| Chronique Environnement : Au Congo, le retour à la vie sauvage de gorilles orphelins ; L’eau, polluée par les médicaments ; Déménagement de coraux en Nouvelle-Calédonie. | |||
| Au Congo, le retour à la vie sauvage de gorilles orphelins (MFI) A 160 km au nord de Brazzaville, dans la réserve de Lésio-Louna, se trouve le camp d’Iboubikro. C’est là que l’Anglais John Aspinall, aujourd’hui décédé, a créé un refuge pour les bébés gorilles dont les parents ont été tués ou capturés par des braconniers. Après avoir vécu six ans en semi-liberté, les primates sont relâchés dans la forêt. Un premier groupe a ainsi recouvré la liberté en 2003, un autre en 2007 et un troisième le mois dernier. Jusqu’alors, aucune tentative de réintroduction de gorilles en milieu sauvage n’avait réussi. Un succès donc pour ce projet mené en partenariat avec le gouvernement congolais. Aujourd’hui, le refuge abrite vingt-six gorilles. Des gardes patrouillent en permanence les 170 000 hectares de la réserve pour vérifier leur état de santé et repérer d’éventuels braconniers. Les singes appartiennent à l’espèce dite « gorilles des plaines de l’Ouest », qui n’est pas considérée comme menacée par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Sa population est en effet de l’ordre de 200 000 individus, alors qu’en comparaison il ne reste plus que 700 gorilles des montagnes. Mais ce projet a un coût : 400 000 euros par an, financé par la Fondation John Aspinall. Un budget colossal si on le rapporte au nombre de primates sauvés. On comprend mieux alors l’incompréhension, voire la colère, des 15 000 villageois qui vivent autour de la réserve. « La population s’est paupérisée ces dernières années et elle ne comprend pas qu’on lui interdise l’accès à un territoire qui, avant, constituait une zone de chasse », reconnaît Florent Ikoli, le conservateur de la réserve de Lésio-Louna. Consciente du problème, la Fondation John Aspinall finance plusieurs projets de développement, et insiste sur l’importance de préserver la forêt et les gorilles. Ces projets de développement ne disposent cependant que d’un budget de 30 000 euros. « Dans ces conditions, il est logique que la population ait le sentiment d’être moins bien traitée que les singes. Si le développement ne suit pas, le problème persistera et on ne pourra pas éviter le braconnage », avertit Florent Ikoli. L’eau, polluée par les médicaments (MFI) « Une pharmacie à ciel ouvert. » C’est ainsi que des chercheurs canadiens ont qualifié le fleuve Saint-Laurent après y avoir découvert des molécules contre le cholestérol, l’hypertension et le cancer. Cette pollution de l’eau par les médicaments ne concerne pas que le Canada. Plusieurs études, aux Etats-Unis, au Brésil, en Allemagne, en Italie, en France, en Chine ont fait le même constat. « La présence de substances médicamenteuses ou de leurs dérivés a été largement établie à l’échelle mondiale, en particulier dans les eaux souterraines, les eaux résiduaires, les épandages agricoles et autour des stations d’épuration », écrit un rapport de l’Académie française de pharmacie. L’origine de cette pollution est double. Elle provient d’une part des urines et des excréments humains évacués dans les eaux domestiques ; d’autre part des rejets de l’industrie chimique, des élevages industriels d’animaux (gros consommateurs d’antibiotiques et d’hormones de croissance) et des hôpitaux. Ces derniers utilisent évidemment en grande quantité des médicaments, mais aussi des réactifs de laboratoire, qui se retrouvent dans leurs effluents. Certes, dans les pays développés, les eaux d’évacuation sont traitées. Mais les stations d’épuration n’ont pas toujours les moyens d’éliminer les résidus médicamenteux. Elles n’en ont pas non plus l’obligation jusqu’à présent. D’où des eaux chargées d’antibiotiques, d’anticancéreux, d’antidépresseurs, d’analgésiques… Des eaux qui se retrouvent à la sortie de votre robinet. Est-ce dangereux pour les individus ? A priori non, car les quantités présentes sont très inférieures à celles absorbées en cas de prescription médicale. Mais comme le souligne Jean-Nicolas Ormsby, chercheur à l’Agence française de sécurité sanitaire : « Les effets de l’ingestion régulière de faibles doses de médicaments sur une longue période – toute une vie –, ainsi que du mélange incontrôlé de molécules, sont aujourd’hui inconnus. Nous sommes encore au stade de l’évaluation. » L’Académie française de pharmacie estime donc qu’une surveillance s’impose, notamment pour les personnes les plus sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes. Et elle préconise, « face à un problème mondial, une véritable politique de prévention ». Déménagement de coraux en Nouvelle-Calédonie (MFI) Située dans l’océan Pacifique, la Nouvelle-Calédonie possède deux richesses qui ne font pas toujours bon ménage : du nickel et du corail. Suite aux pressions de mouvements écologistes et de la population Kanak, les firmes qui exploitent le nickel ont accepté de financer le déplacement des coraux vers des zones où ils ne seront pas menacés par les rejets en mer des usines. La technique paraît simple, mais elle est très délicate. Des scientifiques, munis de marteaux et de burins, ont détachés les coraux des fonds marins, puis ils les ont installés dans des caisses arrosés en permanence d’eau de mer, avant de les réimplanter (avec du ciment) dans une région protégée. Trois ans plus tard, 90 % des coraux ont survécu. Mais si l’expérience a été un succès dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, c’est moins le cas dans la région nord. Là, la multinationale anglo-suisse Xstrata a accepté de compenser les dommages provoqués par le creusement d’un chenal de cinq kilomètres menant à son usine. Les coraux ont été détachés avec une scie hydraulique, puis emmaillotés et remorqués à l’aide d’énormes bouées. « Sur l’un des deux sites d’accueil, le corail a bien pris. Mais sur l’autre, il a souffert de destructions probablement causées par des étoiles de mer ou par des gros poissons qui lui ont donné des coups de dents puisqu’il s’agissait d’un intrus sur leur territoire », explique l’un des responsables du projet. Pour les écologistes, cette solution est mieux que de ne rien faire, mais il s’agit d’un pis-aller. L’idéal serait d’interdire les rejets en mer des usines de nickel, qui obligent à changer artificiellement l’environnement. La barrière de corail de Nouvelle-Calédonie est inscrite, depuis juillet 2008, au patrimoine mondial de l’humanité. | |||
| Jean Piel | |||
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