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MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

23/06/2009
Chronique Sciences

Les nanotubes : dévastateurs ou réparateurs ?

(MFI) Carcinogène, ici. Réparateur de lésions, là… L’innocuité des nanomatériaux fait débat. La revue Nature Nanotechnology a publié ce trimestre deux études sur les dangers et les espoirs que représentent les nanotubes de carbone. Leur impact sur la santé peut être aussi nocif que celui de l’amiante ; mais ils sont également susceptibles de réparer des connexions cérébrales défectueuses. Il est urgent, estime le Dr Andrew Maynard, que les industriels et les décideurs politiques sécurisent le recours à cette « technologie exceptionnelle (…) pour (…) comprendre ce qui rend certains nanotubes dangereux et comment les fabriquer sans danger ».
Selon le professeur Kenneth Donaldson, co-auteur d’une étude effectuée par l’université d’Édimbourg (Royaume-Uni), « les nanotubes longs et fins de carbone ont le même [effet] que les fibres d’amiante de même forme ». Ils peuvent exposer au développement lent – à l’échelle de trente à quarante ans – d’un mésothéliome. Autrement dit d’un cancer de la plèvre. De par leur très petite taille, ces microcircuits en carbone, très bons conducteurs électriques, peuvent être avalés, respirés et même passer à travers la peau.
Mais, ils ont aussi la propriété d’entrer en contact avec les membranes cellulaires des neurones et pourraient de ce fait devenir une nouvelle composante des systèmes de détournement (total ou partiel) de fluide, employés lors de lésions du système nerveux, et être utilisés pour réparer des connexions cérébrales défectueuses. Jusqu’à présent, la médecine réparatrice s’en tient à l’usage d’électrodes métalliques pour stimuler le cerveau et les symptômes de la maladie réapparaissent dès que le traitement est interrompu. L’utilisation de nanotubes de carbone, pour abaisser le seuil de stimulation des neurones et les rendre plus réactifs, permettrait d’envisager des traitements plus efficaces dans la durée.


Océans : les coquilles des organismes marins perdent en calcification

(MFI) L’acidification des océans, provoquée par l’augmentation des rejets de CO2, aurait aussi un impact sur les animaux marins microscopiques, les foraminifères, qui auraient perdu 30 % à 35 % du poids de leurs « coquilles ». Tel est le constat d’une étude publiée en mars 2009 dans la revue Nature Geoscience. La corrélation paraît donc aujourd’hui « clairement » établie entre cette perte de calcification et l’augmentation du gaz carbonique dans l’atmosphère qui altère l’acidité des eaux océaniques.
« C’est la première fois que cette liaison a pu être faite dans la nature, alors que jusqu'à présent les scientifiques se basaient sur des expériences menées en laboratoire et des simulations », précise William Howard, de l’université de Tasmanie (Australie), le principal auteur de cette étude.
Dans l’océan austral, les chercheurs ont comparé des organismes actuels à des protozoaires vivant avant l’ère industrielle, retrouvés à l’état de fossiles dans des sédiments. Les carottes de sédiments analysées témoignent de l’augmentation du gaz carbonique dans l’atmosphère au cours des derniers 50 000 ans. L’absorption du CO2 par l’océan augmente l’acidité (ph) des eaux, qui est passée de 8,2 avant la Révolution industrielle à 8,1 aujourd’hui dans certains océans. Et qui pourrait tomber à 7,9 ou à 7,8 à la fin du siècle. Pour William Howard, il s’agit-là d’une « bonne indication d’un processus qui se répandra dans tous les océans du globe ». De plus, « cette baisse de calcification risque d’affecter à terme la chaîne alimentaire ». En outre, le phénomène pourrait « tendre à réduire la capacité des océans à absorber le carbone ».


Alerte aux chenilles légionnaires au Liberi

(MFI) En janvier dernier, l’agence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) craignait « une crise alimentaire et environnementale » dans le nord du Liberia. Motif : des millions de chenilles légionnaires dévorent cultures et végétation sur leur passage et infestent les puits naturels. Mais Thaumetopoea pityocampa – quatre centimètres de poils hirsutes horriblement urticants –, existe aussi « en Europe, depuis le début des années 1990, vers le nord et en altitude ». Les chenilles s’y déplacent en processions de vingt mètres et plus, a constaté Jérôme Rousselet, un entomologiste, expert à l’Institut national de recherche agronomique (INRA, France). En mars 2009, le chercheur a préconisé de multiplier les obstacles au développement du fléau, notamment en modifiant les pratiques de sylviculture. Il préconise de favoriser les coucous, mésanges et huppes fasciées, dont le long bec courbé est agile à déterrer les chrysalides. Il s’agirait aussi de planter « des haies de feuillus entre les pins, [pour dresser] un écran physique entre les arbres hôtes et non hôtes ».
D’autres méthodes sont étudiées au département d’Entomologie forestière d’Hervé Jactel, à Bordeaux (INRA). Parmi elles, les « arrières chimiques », des insecticides qui sont à l’essai ou encore des méthodes de « piégeage sexuel ». En synthétisant l’odeur émise par les femelles, on cherche à attirer les mâles sur des pièges à glu, provoquant la confusion. « L'atmosphère est tellement saturée de phéromones que le mâle n’est même plus attiré par la femelle », explique Jérôme Rousselet, pour qui « il n’y a certainement pas une méthode efficace, mais plutôt une association de différents moyen ».

Dominique Raizon




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