Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Liste des rubriques
MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

14/07/2009
Chronique Environnement

Kenya : des fleurs contre un lac

(MFI) Sauvez le lac Naivasha ! Cest sous ce slogan que lassociation cologiste knyane Ibeca vient de lancer une campagne contre les fermes horticoles qui entourent ce plan deau, situ 100 km au nord-ouest de Nairobi. A en croire James Kahora, le directeur excutif dIbeca, les 30 fermes qui avoisinent le lac pompent de leau en grande quantit, do une baisse du niveau du lac qui menace lcosystme . Et dajouter : Nous sommes prts aller manifester devant les supermarchs aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne si cest ncessaire. Ces fermes horticoles, qui appartiennent toutes des capitaux trangers, exportent en effet quotidiennement des tonnes de roses et autres fleurs vers lEurope et le Japon. Les leveurs Masai aussi se plaignent de la prsence des fermes qui ont construit des routes barrant laccs du lac leurs troupeaux. Les Masai ont toujours vcu ici. Ils taient l bien avant que ces fermes existent. Nous nallons pas regarder disparatre notre seule richesse naturelle sans ragir , a averti Andrew Ole Korinko, un chef Masai de la rgion.
Le lac Naivasha est considr comme lun des dix plus beaux observatoires doiseaux au monde et un site exceptionnel pour la biodiversit en Afrique. Des ngociations sont en cours entre les propritaires des fermes horticoles et les autorits locales pour rsoudre ce problme daccs aux ressources hydriques.


Le rchauffement pourrait menacer la lutte contre la pauvret

(MFI) Rendements agricoles en baisse, difficult daccs leau, multiplication des catastrophes naturelles Le rchauffement climatique pourrait rduire nant des dcennies de lutte contre la pauvret. Tel est le cri dalarme lanc par lOng britannique Oxfam.
Premire menace : le retour de la famine, du Bangladesh lOuganda en passant par lEquateur. En effet, si les pays riches des zones tempres bnficieront dune lvation des tempratures et de pluies plus abondantes, les pays pauvres de rgions chaudes, dj trs peupls, verront le rythme des saisons perturb, des successions imprvisibles de scheresse et dinondations, les techniques agricoles ancestrales devenir inefficientes. Le riz et le mas sont dj confronts des baisses de rendements significatives. Les meutes de la faim comme celles qui ont eu lieu en 2008- pourraient se multiplier.
Deuxime menace : lapprovisionnement en eau potable deviendra problmatique, en particulier dans les grands centres urbains, alors que paralllement des centaines de villes ctires risquent dtre submerges par llvation du niveau des ocans. Oxfam cite lexemple de Katmandou dont lapprovisionnement en eau dpend des glaciers de lHimalaya. Or ceux-ci ne cessent de reculer.
Troisime menace : le nombre de catastrophes naturelles (cyclone, scheresse, tsunami) pourrait tripler dici 2030, selon les experts des agences onusiennes. Paralllement, des maladies comme le paludisme et la dengue vont se dvelopper dans de nouvelles rgions et saggraver l o elles sont dj endmiques.
Ces menaces risquent davoir des consquences politiques en termes de dplacements internes de populations, dmeutes, de dstabilisation de gouvernements, de migrations incontrles Comme le souligne le rapport dOxfam : On parle du rchauffement climatique comme un dfi pour demain. Or ses effets se font dj sentir aujourdhui dans de nombreux pays, notamment les plus vulnrables. Des mesures doivent tre prises pour accrotre la production de denres alimentaires. Cest possible puisque le potentiel agricole de la plante est exploit moins de 60%.
Les agences de lOnu valuent deux milliards de dollars dici 2012 les sommes ncessaires ladaptation face aux changements climatiques dans les pays les moins avancs. Ce rapport volontiers alarmiste dOxfam a t publi juste avant le sommet du G8. Un G8 qui sest engag rduire de 50 % les missions plantaires de gaz effet de serre (et de 80 % pour les pays industrialiss), mais qui sest heurt la rsistance des pays mergents sur ce sujet.


La moiti des ocans en danger

(MFI) Des scientifiques amricains ont dress la carte du niveau de la pollution des ocans lie aux activits humaines. Un atlas qui rpertorie vingt types dcosystmes marins, des rcifs coralliens aux mangroves en passant par les estuaires. Selon cette tude, prs de 50% des ocans portent les traces dune grave atteinte cologique ; seul un infime pourcentage des mers reste prserv de toute influence humaine.
Nous savons depuis longtemps que les ocans sont en danger. Grce cette carte, nous pouvons quantifier le niveau de la menace et prcisment la localiser. Cest un outil essentiel pour mieux protger nos espaces maritimes. Il faut tout faire pour permettre aux ocans de rester propres et continuer fournir les ressources dont lhomme a besoin, tout en respectant les rgles du dveloppement durable , insiste Ben Halpern, professeur luniversit de Californie.
Les rgions les plus menaces se trouvent en mer du Nord, en mer de Chine, le long de la cte atlantique des Etats-Unis, en Mditerrane et dans le golfe Arabo-persique. Les cosystmes marins les plus touchs sont les barrires de corail, les rcifs et les marches continentales. A contrario, les zones les mieux prserves se trouvent autour des ples. Mais la fonte des glaces, conscutive au rchauffement climatique, et lexploitation de nouveaux champs de ptrole au Canada inquitent les scientifiques. Ceux-ci se refusent nanmoins faire preuve dun pessimisme excessif. Selon Ben Halpern, on peut encore sauver les mers. Les pollutions ne sont pas toutes irrversibles .

Jean Piel




retour