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| 13/10/2006 | |||
| Façons de parler | |||
| LES ACCORDS DES MOTS COMPOSES (MFI) Cette rubrique ne s’adresse pas aux lecteurs qui – sur le point d’écrire une phrase où il allait être question de tire-bouchon, de compte-rendu ou d’arc-en-ciel – n’ont pas décidé de tourner leur phrase autrement ou d’éviter d’utiliser ces mots composés au pluriel… Le pluriel des mots composés est en effet un véritable casse-tête. Quelques règles simples permettent cependant de limiter ses angoisses. Faisons appel au bon sens ! Le bonheur, la joie, la misère, sont des entités et restent au singulier : des porte-bonheur, des rabat-joie, des cache-misère. De même, nous n’avons qu’un cœur, qu’une tête et qu’un ventre ; donc des crève-cœur et des serre-tête, des tête-à-tête et des maux de ventre – mais des maux de dents. Pourquoi la première partie de ces expressions reste-t-elle au singulier ? C’est que les verbes restent invariables : célébrons donc la découverte, apprêtons tire-bouchons et ouvre-boîtes et parmi nos amis convions boute-en-train et pince-sans-rire mais écartons casse-pieds, pique-assiettes et trouble-fête ! On ne sera pas étonné que les mots invariables le restent, les prépositions et les adverbes par exemple : d’où les en-cas, en-têtes, vice-consuls (car vice veut dire en latin « à la place de »), trop-pleins, arrière-pensées, contre-attaques, bien-pensants (qui pensent bien, ou du moins le croient) et haut-parleurs (ils ne sont pas hauts, mais ils parlent haut). C’est aussi le cas des mots composés qui constituent une phrase : des laissez-passer, des on-dit, des m’as-tu-vu et des baise-en-ville. En revanche, fort logiquement, participes passés et adjectifs s’accordent : en témoignent les laissés-pour-compte, les comptes-rendus, les sous-entendus, les bien-fondés, les terre-pleins, les bas-bleus, les eaux-fortes et les grands-parents. Vous comprenez donc maintenant pourquoi on écrit arrière-grands-parents ! Et lorsque le mot composé est constitué de deux noms ? En général, ils prennent tous deux la marque du pluriel (des choux-fleurs, des sages-femmes) sauf si l’un est le complément de l’autre, auquel cas, il reste invariable : des pommes-de-terre, des arcs-en-ciel, des chefs-d’œuvre, des eaux-de-vie, des nids-de-poule. Certes, il faut avoir la tête un peu grammaticale et pouvoir distinguer que dans « compte-gouttes », « compte » est un verbe (donc des compte-gouttes), mais dans « compte-rendu », c’est un nom (donc des comptes-rendus) ; ou que dans « garde-malade », « garde » n’est pas un verbe mais un nom (donc, des gardes-malades). Mais cela est une autre histoire. En tout cas, si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que vous n’êtes pas des tire-au-flanc… Vous pourrez donc déjouer les attrape-nigauds que voici et n’hésiterez pas à écrire des allers-retours, mais des va-et-vient … Quant à ceux qui se sentent toujours hésitants, qu’ils se consolent en se disant qu’il reste des bizarreries (des serre-tête mais des couvre-chefs : pourtant, on n’a qu’une tête), et que chercher d’autres termes pour contourner la difficulté constitue un excellent exercice intellectuel : un bon remue-méninges, en somme. DEVINETTE (MFI) Pour enchaîner avec la section précédente : qu’est-ce qu’un nid-de-poule au Sénégal, et un tiens-pour-toi au Congo ? Si mes informations sont exactes, le premier est une tablette de chocolat, et le second, un pourboire. MOTS ETRANGERS : Raquette/racket (MFI)Vous qui pratiquez tennis ou ping-pong, savez-vous que le mot « raquette » vient de l’arabe râhet, signifiant la paume de la main ? Rien d’étonnant à ce que le mot, entré dans la langue française dès le XVe siècle, soit passé assez rapidement du sens de « paume » à celui de « raquette » au sens actuel, par le biais du jeu de paume, jeu très prisé qui consistait à envoyer de part et d’autre d’un filet une balle grâce à la main d’abord, puis à un substitut/prolongement de la main que l’on appela « raquette ». On le sait, à cette époque, les Anglais étaient très présents en France. Ils adoptèrent et le jeu et le mot, qu’ils transformèrent en « racket » d’autant plus facilement que ce terme voulait dire « vacarme » dans leur langue. Vacarme du jeu, instrument utilisé pendant le jeu : l’amalgame se fit sans problème. Quant au passage du jeu à la pratique malhonnête, chacun pourra avoir son hypothèse… | |||
| Marie-Claudette Kirpalani | |||
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