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| 16/02/2007 | |||
| L'actualité du monde des livres | |||
| Notre Librairie fait peau neuve (MFI) Editée par l’agence Cultures France (anciennement l’AFAA), la revue Notre Librairie s’appelle désormais Cultures Sud. Une mue dont l’objectif est « de mieux faire souligner, si besoin est, ce qu’est notre projet : faire entrer de plein droit dans le bagage de tout homme cultivé les livres qui s’originent dans les pays du Sud », écrit le directeur littéraire de la revue, Jean-Louis Joubert, dans le premier numéro de la nouvelle version de Cultures Sud (1). Ce volume inaugural est consacré à la poésie d’Afrique et des Antilles – non pas contemporaine, mais aux 14 poètes devenus des classiques incontournables de l’univers francophone : Senghor, Césaire, Glissant, Malcolm de Chazal, René Depestre, Mohammed Dib, Edouard Maunick et quelques autres. Un article de présentation bref, suivi de recensions, d’interviews et de bibliographie. L’approche est plus journalistique. En une dizaine de pages, l’essentiel est dit sur la vie du poète, son oeuvre et son influence. Cette brièveté de propos s’accompagne aussi d’un nouveau ton, plus léger, moins académique. Enfin, la nouveauté sera sans doute aussi thématique, car l’élargissement suggéré par son titre permettra désormais à la revue d’accueillir dans ses pages toutes les littératures du Sud. Adieu pays du champ ! Bonjour le Sud ! Encore une page qui se tourne. (1) Cultures Sud n°164, janvier-mars 2007 ; 1 bis, avenue de Villars, 75007 Paris. La 13e édition du Maghreb des livres (MFI) Pendant deux jours s’est déroulée, mi-février, aux portes de la capitale française, l’édition 2007 du Maghreb des livres. Cette rencontre a été créée, dans les années quatre-vingt-dix, par un Français amoureux des cultures maghrébines, pour donner un coup de projecteur sur la vie littéraire outre-Méditerranée. L’édition de cette année, la treizième, était consacrée à l’Algérie. Pour en représenter la vitalité littéraire, les organisateurs avaient réuni des écrivains confirmés tels que Boualem Sansal, Maïssa Bey, Mustapha Bey, mais aussi de jeunes talents comme Hamid Grine ou Djamel Souaidi. Au total, 120 auteurs, toutes origines confondues, ont pu rencontrer le public dans le cadre des cafés littéraires, mais surtout lors de tables rondes particulièrement animées. Elles ont porté sur l’écriture de l’histoire franco-maghrébine, sur la question de l’intégration, et aussi sur la question plus proprement littéraire du choix de la langue d’écriture. Pourquoi Maïssa Bey écrit-elle en français ? Et Waciny Laredj en arabe ? « Pendant longtemps, explique Georges Morin, fondateur du Maghreb des livres, la diversité de langues dont dispose l’écrivain algérien – le français, l’arabe classique, l’arabe dialectal, le berbère – a été considérée comme un problème, mais on voit aujourd’hui que c’est une richesse. » Une richesse que les auteurs algériens exploitent avec brio. « Continents noirs » fête ses sept ans de présence et de rayonnement (MFI) C’est le 19 mars prochain, à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, que les auteurs de « Continents noirs » (Gallimard) souffleront tous ensemble les bougies fêtant les sept ans d’existence de leur collection. Créée en 2000 dans le but de « rassembler sous une seule enseigne des œuvres se référant à l’Afrique », la collection avait suscité de vives polémiques lors de son lancement. Des journalistes accusaient l’éditeur de vouloir ghettoïser la littérature africaine en la séparant de ses publications de littérature générale. Malgré ces polémiques, la collection a tenu bon et a rempli son objectif de publier 7 titres par saison, sélectionnés à partir des 250 manuscrits qu’elle reçoit tous les ans. Son directeur-fondateur, Jean-Noël Schiffano, peut se targuer d’avoir obtenu le ralliement à sa cause de quelques-unes des plus belles plumes des littératures d’Afrique et d’Océan indien : Henri Lopes, Boniface Mongo-M’Boussa, Koffi Kwahulé, Kangni Alem, Ananda Devi pour ne citer que ceux-là. D’autres écrivains connus doivent le rejoindre, notamment Blaise Ndjehoya, l’auteur du remarqué Le Nègre Potemkine. Continents noirs a également révélé quelques nouveaux talents : Fabienne Kanor, Eugène Ebodé, Théo Anaïssoh… Enfin, le parcours de la jeune collection a aussi été ponctué de beaux coups éditoriaux tels que la traduction par Raymond Queneau de L’Ivrogne dans la brousse d’Amos Tutuola ou la publication posthume des essais de Mongo Beti, réunis sous un titre programmatique : Le Rebelle. Dernier titre de gloire pour Schiffano : avoir convaincu son éditeur de rendre la collection disponible en Afrique au prix réduit de 9,5 euros le volume, alors que le prix de vente moyen en France s’élève à presque 14 euros. Des négociations seraient en cours avec des sponsors pour réduire encore substantiellement le prix sur le continent, afin de créer un véritable lectorat africain pour les nouvelles générations d’écrivains du monde noir. | |||
| Tirthankar Chanda | |||
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