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| 23/03/2007 | |||
| Chronique Musique | |||
| Rido Bayonne : Douala-Brazza, symphonie euro-africaine (MFI) Après A cœurs et âmes, chef d’œuvre enregistré il y a cinq ans avec pas moins de 150 musiciens, Rido Bayonne relève un nouveau défi avec son album Douala-Brazza (X-Pol music) qui réuni, cette fois, 80 artistes. Cette profusion d’instrumentistes et de choristes est au service d’une œuvre inclassable extrêmement riche. En 15 titres, l’artiste congolais passe de la rumba sur le titre « Hommage à la femme », au funk sur « Born in Africa », en faisant un détour par le free jazz sur « Krish » ou encore la soul sur le morceau « Glamour ». Pour écrire cette partition sans frontière, Jacques Dieudonné, alias Rido Bayonne, a pris sa baguette de chef d’orchestre. Le résultat offre une large palette sonore qui met en avant les cordes (violons, violoncelles), la section rythmique (congas, vibraphone, bongos) et la section cuivre (saxophone, flûte, clarinette). Parmi les musiciens et chanteurs africains ayant participé à cet ambitieux projet, citons Etienne M’Bappé, Sam Mangwana, Moktar Samba ou Paco Séry, qui, chacun à sa manière, apporte son savoir-faire. Compositeur et arrangeur hors pair, Rido Bayonne a le sens du partage. Car, dans cet enregistrement, tous les participants s’expriment en parfaite harmonie dans le seul but de traduire au mieux cette sorte de symphonie euro-africaine. Un répertoire singulier à l’image du parcours du maître qui a toujours fait le grand écart entre ses racines africaines et son vécu en Occident. Découvert, à l’âge de 13 ans, par l’orchestre national des bantous, le virtuose fête, aujourd’hui, son 60è anniversaire. L’occasion de présenter sur scène sa dernière création. Après Paris, il se produira au Burkina-Faso du 25 au 27 avril prochain. Electro Dunes : Saharian Vibes, le dub du Sahara (MFI) Croiser le dub marseillais avec la transe du désert ; tel est l’objectif du groupe Electro Dunes. Soutenue par la structure phocéenne Nuits Métis qui, avec l’association algérienne Hillal La Saoura, favorise les échanges artistiques entre les deux rives de la Méditerranée, cette formation vient de signer un premier cd Saharian Vibes (Mosaic music). Convaincantes, ces vibrations du Sahara prouvent que le dialogue entre les beat électroniques (basse hypnotique, nappes de synthés…) et les instruments traditionnels (derbouka, bendir) est possible. Côté voix, la langue arabe s’accommode, elle aussi, parfaitement au balancement carré du dub. Un télescopage sonore qui s’illustre à merveille sur « Salam Alikoum », le titre d’ouverture de l’album et sur « 66 », un morceau marqué par des samples de l’appel du muezzin. Sur « Zine Lamama », les chants d’inspiration gnawa prennent un accent jamaïcain, histoire de nous rappeler la racine reggae du dub. Dommage que le timbre des chanteurs ne soit pas toujours juste, notamment sur « Laafou ». Mais ne jetons pas la pierre à ce jeune groupe franço-algérien fondé il y a seulement un an, grâce aux résidences de création organisées en France et en Algérie par Nuits Métis et Hillal La Saoura. Composé de quatre musiciens (Barbes D, Saïd Touati, Houari Douli, Hafid Douli), Electro Dunes réunit la génération émergente de la scène marseillaise et celle de Béni Abbés, ville du sud de l’Algérie. Un quatuor métisse à suivre de près. Le public marseillais aura la chance de le voir, le 29 mars 2007, au Dock des Suds dans le cadre de la troisième édition du Babel med music, le forum des musiques du monde. | |||
| Daniel Lieuze | |||
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