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16/04/2007
Chronique Musique

Papa Noël, le maître de la rumba

(MFI) Considéré comme l’un des plus grands guitaristes africains, Papa Noël revient avec un nouvel album, Café noir (Tumi music/Nocturne). Né le jour de Noël 1940, à Léopoldville, ancien nom de la capitale du Congo belge, Papa Noël de son vrai nom Antoine Nedule Monswet fait partie des vétérans de la scène congolaise. Enregistré entre Kinshasa, La Havane, Londres et Paris, son disque met en parallèle le développement des musiques congolaises et cubaines. Le résultat donne une rumba métissée. Elle se nourrit à la fois de son traditionnel cubain et de salsa. Outre ces influences multiples, la véritable identité de cette rumba repose sur la guitare qui est utilisée en lieu et place du piano, comme sur le titre « Africa Mokili Mobimba ». Ce qui n’empêche pas les cuivres de se montrer ravageurs sur d’autres morceaux comme « Sandokan » ou « Tomatito». Essentiellement instrumental, cet album offre tout de même quelques morceaux chantés. A l’exemple de « Démocratie », lumineuse chanson portée par la voix féminine de Abby Surya. Parmi les autres invités qui donne du goût à ce Café noir figurent le joueur de tres (petite guitare cubaine) Coto-Antonio Machin Garcia et l’inaltérable saxophoniste camerounais Manu Dibango. Avant de jouer avec Bana Congo, son propre groupe, Papa Noël a fait partie de tous les grands ensembles (l’OK jazz, les Bantous de la capitale, l’orchestre African jazz) qui, depuis plus de cinquante ans, ont permis à la rumba de devenir la véritable marque de fabrique musicale congolaise. Un riche parcours qui fait de Papa Noël l’un des meilleurs rumberos africains de sa génération.

Daby Touré, le troubadour folk-pop

(MFI) Après Diam paru en 2004, Daby Touré livre aujourd’hui Stéréo Spirit (Real World/Virgin). Un deuxième opus dont le titre « Esprit stéréo » colle parfaitement à la personnalité de cet artiste sénégalo-mauritanien. Cette double culture, enrichie par d’innombrables voyages depuis son plus jeune âge, a réellement forgé l’identité du fils d’Hamidou Touré, l’un des frères qui formaient le célèbre groupe Touré Kunda. Le résultat donne un album d’essence folk-pop aux empreintes africaines volontairement discrètes. Car le jeune troubadour refuse de s’enfermer dans les musiques dites africaines et préfère s’émanciper dans une culture nomade. Parmi les morceaux réussis émerge le rythmé « Bibou » qui a l’étoffe d’un tube. Tandis que la chanson « Banta » est une belle balade épurée, dont la forme n’est pas sans rappeler certains standards des Touré Kunda. Enfin, « Kiyé » se veut résolument pop-rock et rappelle le groupe anglais The Pretenders. Tout comme « We don’t need », titre influencé par les Beatles. Qu’il chante en wolof, en soninké, en pulaar ou en anglais, l’artiste s’intéresse aux rapports entre les hommes, leur avenir, leurs craintes et leur questionnement. Enregistré en Angleterre dans les studios de Peter Gabriel, le manitou des musiques du monde, Stéréo Spirit a été entièrement réalisé par le jeune Touré. De l’enregistrement au mixage en passant par la production, il a joué l’homme-orchestre, histoire de garder le contrôle de sa musique. Après avoir conquis le public occidental, lui qui vit en France depuis l’âge de 18 ans, Daby Touré rêve à nouveau de jouer sur le continent africain, afin de retrouver sa terre natale.

Daniel Lieuze

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