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28/05/2007
Chronique Musique

Rajery, l’ambassadeur de la valiha

(MFI) Virtuose de la valiha, harpe tubulaire emblématique de Madagascar aux sons cristallins, Rajery vient de livrer un quatrième album intitulé Sofera (Marabi/Harmonia mundi). Titre aussi d’une chanson ironique qui raconte l’histoire de deux chauffeurs de taxi – l’un frimeur, l’autre courageux –, ce morceau illustre la vie quotidienne sur l’île rouge. Tout comme « Tsy Mandry Ny Tanana » dont le propos est basé sur les problèmes récurrents que connaissent les Malgaches : instabilité politique, pauvreté, insécurité, déforestation. Sur « Olo-Mitovy », le chanteur invite les hommes à être plus solidaires. Tandis que « Ikotofetsy » évoque un personnage mythique des contes. Bref, des textes sensés portés par une musique tantôt virevoltante, tantôt nonchalante. Car le musicien ne veut pas se limiter au rythme le plus connu, le salegy en 6/8 des hauts plateaux : « J’essaye de mettre en lumière toutes les couleurs de la Grande île et notamment l’aspect vocal de la région Sud comme les polyphonies a cappella. Nous avons 18 ethnies, ce qui fait pratiquement autant de courants musicaux. » Ancien lauréat du prix RFI-Musiques du monde en 2002, Germain Randrianarisoa, dit Rajery, est désormais une personnalité de poids dans la culture malgache. Véritable ambassadeur de la valiha, il s’est produit sur toutes les scènes internationales, mais n’oublie pas pour autant sa terre natale. Professeur de valiha à Antananarivo, l’artiste a créé un atelier de fabrication d’instruments avec l’aide de l’Unesco et du Bureau international du travail, afin de réinsérer les gamins des rues condamnés au travail forcé. Il a mis en place également des séances de musicothérapie dans les hôpitaux psychiatriques. Sans parler de l’association « Les amis de Rajery », dont le but est d’inciter chaque enfant à planter un arbre. Des projets qui commencent à porter leurs fruits et prouvent que la musique peut être un facteur de développement.

Daniel Lieuze

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