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05/06/2007
Chronique Musique

Manjul, le reggae à la sauce mandingue

(MFI) Le rasta de Bamako vient de signer Jahtiguiya (Humble Ark/Disograph). Deuxième volume de la série « Dub to Mali », cet enregistrement offre un savoureux mélange de traditions mandingues et de reggae réverbéré. Contraction de Jah – le dieu des rastas – et de tiguiya qui signifie hospitalité en langue bambara, ce titre reflète tout l’esprit de Manjul. « Le peuple malien est très accueillant », précise l’artiste français installé dans la capitale malienne depuis cinq ans avec femme et enfant. Totalement intégré dans la société, il témoigne à travers ses chansons du quotidien des gens qui l’entourent. Comme « Djoliba », magnifique ode au fleuve Niger, véritable source de vie en terre sahélienne. Autre réussite, « Djala male », titre issu du répertoire peul qui aborde le thème des migrations de population. Enfin sur « Bara », le chanteur tire un coup de chapeau aux travailleurs maliens dont le courage est sans pareil. Après avoir travaillé avec Tiken Jah Fakoly et le couple aveugle Amadou et Mariam, le reggaeman s’est entouré d’autres personnalités pour ce second volet. Parmi ces dernières, la cantatrice Assetou Kanouté au chant incantatoire et le Nigérian Bishob. Enregistré dans son propre studio qu’il a mis en place à Bamako, le musicien a peaufiné la couleur de son disque grâce à ses talents d’ingénieur du son. Le résultat donne un équilibre parfait entre la douceur des instruments ancestraux du patrimoine du Mandé (balafon, n’goni, violon sokou, kora) et l’extrême profondeur sonore des basses, batteries et guitares. Bref, Manjul prouve que les rastas et les griots font bon ménage.

Beta Simon, le premier poulain de Fakoly Production

(MFI) Assurer la relève du reggae africain. Tel est l’objectif de Fakoly Production (Nocturne), le label que vient de lancer Tiken Jah Fakoly. Trouvant que les aînés n’ont pas tendu la main aux nouvelles générations de musiciens, le reggaeman ivoirien s’est décidé à mettre une casquette de producteur pour dénicher les talents de demain. Premier poulain qu’il vient de signer, Beta Simon, un compatriote rencontré, il y a douze ans dans un quartier d’Abidjan. Auteur compositeur et interprète, cet artiste ne va pas tarder à percer avec son cd intitulé Kraity Patan Guez (« Que Dieu nous bénisse»). Sur les 9 titres de cet album, « Iyo » sort du lot et se veut symbolique. En effet, ce morceau réunit en duo Tiken, le dioula, et Beta, le bété : une manière de prouver que le reggae peut réconcilier la Côte d’Ivoire. Qu’il chante en bété, en moré, en sénoufo, en wolof ou en français, Beta Simon prône naturellement la paix et l’amour mais incite aussi à la repentance. Pour lui, même si l’artiste se doit de critiquer, d’informer et d’éduquer, il doit aussi se préoccuper de l’esthétique du message. « La langue est l’arme d’une culture », précise le chanteur qui, dès son plus jeune âge, déchiffrait les proverbes des anciens. Côté musique, il est dans la droite ligne du beat jamaïcain made in Africa d’autant plus les musiciens de Tiken Jah Fakoly l’accompagnent. Installé dans la campagne bretonne, l’artiste se sent bien dans cette région rurale de l’ouest de la France qui n’est pas sans lui rappeler l’ouest de la Côte d’Ivoire d’où il est originaire. « Je ressens de bonnes vibrations en Bretagne, car j’ai été bien adopté. » En un mot, il faut désormais compter sur Beta Simon dans le paysage musical francophone.


Daniel Lieuze




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