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26/06/2007
Chronique Musique : Somi, Bi Kidude

Somi, nouvelle diva de la soul

(MFI) « Une des voix les plus remarquables de la nouvelle scène soul. » C’est ainsi que la presse américaine qualifie Somi, jeune chanteuse d’origine ougandaise et rwandaise installée aux Etats-Unis. Elle vient de signer un premier opus Red Soil in my Eyes (World Village/Harmonia Mundi) qui confirme son potentiel. Avec son timbre soyeux couvrant plus de quatre octaves, elle s’affirme dans un éventail de styles allant du jazz au blues en passant bien sûr par la soul. Mais l’artiste ne s’enferme pas uniquement dans ce registre. Sur le caressant titre « Ingele », Somi flirte avec la bossa-nova et sur « African Lady », elle se laisse emporter par les rythmes bouillonnants de l’afro-beat nigérian. Utilisant les langues anglaises, kinyarwanda et swahili, les chansons abordent des thèmes universels comme les violences domestiques dont sont victimes les femmes ou l’amour filial. Formée à la Tisch School of the Arts, université réputée de New York, la chanteuse a commencé en parallèle la scène. Remarquée notamment au club The Blue Note, aux côtés de Cassandra Wilson, la jeune diva a aussi été encouragée par de grands noms de la scène africaine, comme le Sud-Africain Hugh Masekela ou le Malien Cheik Tidiane Seck. Ces cautions font aujourd’hui de Somi une citoyenne du monde aux multiples horizons culturels. Mais cette ascension rapide outre-atlantique ne fait pas oublier à l’artiste ses racines : « J’ai deux chez moi, ici et là-bas, en Afrique et en Amérique du Nord. Souvent, nous naviguons à la boussole en ce monde, sans avoir véritablement conscience de notre vrai moi. » Et d’ajouter : « Je souhaite que les Africains d’Afrique entendent dans mon travail un prolongement de leur être profond et en ressentent de la fierté. »

Bi Kidude, la vedette du taarab tanzanien

(MFI) On le sait, Zanzibar, sur la côte orientale de l’Afrique, est considérée comme une terre de musique taarab depuis la fin du XIXè siècle, époque à laquelle des musiciens égyptiens ont débarqué sur cette île de la Tanzanie. Parmi les dignes représentants de cette musique, Bi Kidude surnommée « petite chose » à cause de sa petite taille est incontournable. A plus de 90 ans, elle signe un quatrième volume intitulée La mémoire de la musique zanzibaraise (Buda Musique). Une anthologie qui regroupe 14 titres enregistrés entre 1989 et 2005 avec différents orchestres. Constitués de violons, harmonium, luth, accordéon, qanun et percussions, ces ensembles respectent fidèlement l’identité du taarab, qui est un métissage entre les cultures arabes et africaines. Parmi les perles de cet album, « Suhuba ya Dai » (« La plainte d’un amoureux »), titre favori de la chanteuse doyenne de Zanzibar. Les morceaux « Muhogo wa Jang’ombe » et « Pakistini » illustrent, de leur côté, la prouesse vocale de Bi Kidude. Avec son timbre grave, elle dégage une émotion particulière qui ne peut laisser indifférent. Quant à la chanson d’ouverture, « Alaminadura », elle illustre la poésie swahilie : « Ne tourne pas autour du bateau, en laissant à l’abandon le mouillage dans chaque port sur notre route. » Chanteuse mais aussi guérisseuse dans des cérémonies rituelles, elle a été l’une des premières voix de Zanzibar à se faire entendre sur un gramophone et à chanter, en tant que femme, le taarab en public sans apparaître voilée. Récompensée il y a deux ans au Womex (World music expo) pour l’ensemble de son œuvre, Bi Kidude est aujourd’hui une vénérable ambassadrice de l’île tanzanienne.

Daniel Lieuze

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