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MFI HEBDO: Culture Société Liste des articles

03/07/2007
Actualité du livre

Bon anniversaire, Monsieur Césaire !

(MFI) Poète et haute figure de l’intelligentsia noire, Aimé Césaire a soufflé le 26 juin 2007 ses 94 bougies. A cette occasion, le président français fraîchement élu a écrit au patriarche martiniquais pour lui dire son admiration et sa « profonde sympathie ». Dans la lettre rendue publique par l’Elysée, Nicolas Sarkozy lui a déclaré qu’outre l’écrivain et le poète, il incarnait aux yeux des Français le symbole même de « paix, de tolérance et d’ouverture au monde ». Parmi les autres témoignages de sympathie reçus par l’auteur du célèbre Cahier d’un retour au pays natal, dont la publication en 1939 marqua le lancement du mouvement de la négritude, il faut signaler la lettre que lui a adressée à cette occasion le président sénégalais Abdoulaye Wade. Après avoir souhaité au poète un joyeux anniversaire, le président du Sénégal lui a proposé d’être le parrain du 3e Festival mondial des arts nègres qui devra se dérouler à Dakar, en février 2009. Pour mémoire, la première édition de cette manifestation eut lieu en 1969 sous le patronage de Léopold Sédar Senghor et elle s’inscrivait dans la lignée des grandes rencontres artistiques et littéraires de Paris et de Rome.

Tirthankar Chanda


Salman Rushdie, « l’homme le plus haï des musulmans »

(MFI) La proposition britannique d’honorer l’écrivain d’origine indo-pakistanaise Salman Rushdie, auteur du roman Les Versets sataniques, jugé blasphématoire envers l’islam et son Prophète, a suscité la colère des pays musulmans d’Asie. Au Pakistan, comme en Iran et en Malaisie, la population a manifesté bruyamment aux cris de « Mort à Rushdie » et « Mort à la Grande-Bretagne ». La publication en 1989 du roman incriminé, qui met en scène les turpitudes supposées du prophète Mahomet, avait valu à l’écrivain une fatwa le condamnant à mort, prononcée par l’Imam Khomeiny en personne. L’arrivée d’un gouvernement plus libéral en Iran à la fin des années quatre-vingt-dix avait conduit les autorités britanniques à négocier avec Téhéran pour que le régime mette la fatwa en veilleuse, permettant à Rushdie de sortir de sa clandestinité. Avec l’annonce du prochain octroi à Rushdie par la reine Elisabeth II du titre de chevalier, l’affaire Rushdie est manifestement repartie de plus belle. Elle a déjà fait couler beaucoup d’encre et... de sang, notamment celui du traducteur japonais de Rushdie, assassiné par des fanatiques musulmans. Avec 7 romans, un recueil de nouvelles et plusieurs essais à son actif, Salman Rushdie est l’un des grands romanciers de notre temps. Son ouvrage le plus connu est Les Enfants de minuit, roman paru en 1981 et qui marque, aux dires des spécialistes, un tournant dans les lettres contemporaines en raison de sa narration inventive et baroque, proche du réalisme magique à la latino-américaine. Les dirigeants pakistanais et iraniens ont indiqué que la décision des Britanniques d’honorer Salman Rushdie montraient qu’ils faisaient peu de cas des sentiments de 1,5 milliard de musulmans pour lesquels l’écrivain est l’homme le plus haï du monde.

T. C.


La poétesse s’est tue

(MFI) C’est au Caire que la poétesse et critique littéraire irakienne Nazik al-Malaki s’est éteinte à l’âge de 83 ans. Elle était l’une des voix les plus célèbres de la littérature irakienne en langue arabe. Elle avait publié ses premiers recueils de poèmes au début des années quarante. Mais c’est son volume intitulé Cendres et éclats d’obus, paru en 1949 et où elle se libérait de strictes règles de la prosodie classique, qui l’a fait véritablement connaître. Dans ces années-là, Bagdad assistait à un formidable renouveau culturel et était devenu, comme Paris ou Londres, la ville de toutes les expérimentations et modernisations. Elle était le centre de ralliement des intellectuels arabes. Comme d’autres jeunes poètes influencés par la littérature occidentale, Nazik al-Malaki tentait de renouveler la poésie arabe en y introduisant des vers libres et des thèmes de la vie quotidienne qui n’étaient pas considérés jusque-là dignes de figurer dans la poésie. Féministe dans l’âme, al-Malaki a également écrit des essais interpellant la structure patriarcale de la société irakienne qui obligeait les femmes à choisir entre le mariage et la carrière. Après la première guerre d’Irak en 1991, la poétesse s’était réfugiée au Caire où sa mort a été annoncée par le consul irakien.

T. C.


Halte littéraire à Africajarc

(MFI) « Je suis une militante africaine qui plaide pour un village planétaire solidaire. Nul ne se sauvera seul, sans l’aide de l’autre », rappelait la Malienne Adame Ba Konaré lors d’un colloque en 2003. Si le village planétaire était une caravane, elle ferait halte à Cajarc, dans le sud de la France, chaque année à la fin du mois de juillet : le festival Africajarc, qui tient sa 9è édition en 2007, propose musiques, danses, contes, expos, théâtre… Le volet littéraire, organisé en partenariat avec Vents d’ailleurs, une maison d’édition indépendante née en Martinique et installée dans le sud de la France, accueille plusieurs auteurs pour des dédicaces et des rencontres-débats. Cette fois, outre Adame Ba Konaré, on pourra notamment rencontrer, du 26 au 29 juillet au bord du Lot, l’universitaire et écrivain d’origine congolaise Boniface Mongo-Mboussa ; la peintre ivoirienne Muriel Diallo, dont les passions sont le conte et l’écriture illustrés ; la traductrice Eva Rogo-Levenez, née au Kenya et tombée amoureuse de la langue française, au point qu’elle traduit même de la poésie, comme dans Comores-Zanzibar (Françoise Truffaut éditions, à paraître en septembre 2007) ; Thomté Ryam, né en 1979 de parents tchadiens, dont le premier roman, Banlieue noire, a paru chez Présence Africaine en 2006 ; notre confrère burkinabè Sayouba Traoré, dont Les moustaches du chat, paru cette année chez Vents d’ailleurs, est le dernier titre d’une longue liste ; et Gaston Kelman, né au Cameroun et auteur de plusieurs essais dont le célèbre Je suis noir et je n’aime pas le manioc, paru en 2004 chez Max Milo, éditeur qui vient de publier son nouvel opus, Parlons enfants de la patrie.

Ariane Poissonnier


Pour en savoir plus : http://www.africajarc.com/index.htm



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