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MFI HEBDO: Culture Société Liste des articles

10/07/2007
Anniversaires Musique (juillet 2007)

2 juillet 1992 – il y a 15 ans
Décès du chanteur de flamenco Camaron de la Isla, « el genio del cante flamenco »


Né le 5 décembre 1950 dans une famille gitane originaire de Jerez depuis 1693, José Monge Cruz est surnommé Camaron de la Isla (crevette de l’île) à cause de son teint pâle et ses cheveux blonds. Lorsque ce grand cantaor meurt le 2 juillet 1992 d’un cancer du poumon, Antonio Morciano déclare : "Plus qu’un révolutionnaire, je le vois comme un créateur et un rénovateur de la musique et des formes du flamenco. Son disque "La Légende du temps" est pour moi un des joyaux de la discographie flamenca de cette seconde moitié du 20ème siècle". Le guitariste Paco de Lucia, avec qui il forme un couple exceptionnel jusqu’en 1980, le conduit à modifier son style à l’époque orthodoxe du flamenco, quand survivent les apports du plain-chant grégorien, des mélodies arabes et de la musique juive. Le mérite de Camaron de la Isla est d’avoir ouvert une autre voie au chant gitan, en accord avec les courants de son temps.

6 juillet 2002 – il y a 5 ans
Décès du chanteur algérien Cheikh El-Hasnaoui, grand maître de la chanson kabyle et de l’exil


Né Mohamed Khelouat le 23 juillet 1910, à Hasnaoua près de Tizi Ouzou, El Hasnaoui débarque à Paris à la fin des années 30 après avoir vécu quelques temps à Alger. La légende prétend que cet inconditionnel du chaâbi aurait quitté l’Algérie par dépit amoureux. A l’instar des premiers chanteurs de l’immigration algérienne en France, il entame sa carrière artistique dans les cafés maghrébins, transformés chaque samedi soir et dimanche matin en salles de spectacles. En 1946, El Hasnaoui enregistre chez Odéon des morceaux, en kabyle et en arabe, révélateurs de l’état d’esprit de l’immigration d’alors : Ayemma, Yemma (mère, donne-moi ta bénédiction), Ijah Errayis (la vie dissolue) et Ayatwakal Aberkane (vibrant hommage à sa terre natale) sur des airs de "chaabi" matinés de mambo. Aigri par le manque de reconnaissance il met fin à sa carrière en 1968, se retire à Nice puis à la Réunion, où il meurt le 6 juillet 2002, à l’âge de 92 ans. Il est redécouvert dans les années 70 par les intellectuels kabyles et ses chansons sont reprises par de jeunes artistes tels que Hamidou, Kamel Messaoudi, El Meskoud ou Duoud.

11 juillet 1937 – il y a 70 ans
Décès de George Gershwin, pianiste, chef d’orchestre, compositeur américain


George Gershwin est né le 26 septembre 1898 à New York, dans une famille d’immigrés juifs russes. Pianiste, chef d’orchestre, il fut surtout le premier compositeur de musique classique à s’inspirer du jazz et du blues. Célèbre à partir de 1924, lorsque Rhapsody in Blue est créée aux Etats-Unis, il compose ensuite Un Américain à Paris (1928) et l’opéra Porgy and Bess (1935), où il met en scène les Noirs-Américains de La Nouvelle-Orléans. Son frère Ira en écrit les textes. C’est le succès, à Broadway et à Londres. Gershwin meurt prématurément d’une tumeur du cerveau le 11 juillet 1937, à Los Angeles. Mais ses airs sont pour beaucoup devenus des standards du jazz. Miles Davis lui consacre un album en 1958.

9 juillet 2006 – il y a 1 an
Décès de Syd Barrett, figure culte du rock psychédélique, fondateur du groupe Pink Floyd


Cofondateur du groupe britannique Pink Floyd à l’été 1965, le chanteur guitariste Syd Barrett est l’une des figures culte du rock, mais aussi l’une de ses plus tristes légendes. A sa mort le 9 juillet 2006, selon la déclaration d’un porte parole du groupe, le fondateur du groupe Pink Floyd vivait reclus depuis qu’il avait quitté le groupe en 1968. Né à Cambridge le 6 juillet 1946, Roger Keith Barrett de son vrai nom, étudie la guitare et le piano, à l’adolescence il prend le prénom de Syd. C’est en 1965 à Londres qu’il fonde avec Roger Waters, Richard Wright et Nick Mason le groupe Pink Floyd dont il est la force créatrice. Syd Barrett est l’auteur des premiers succès du groupe, les singles Arnold Layne et See Emily Play en 1964 et de l’essentiel du premier album The Piper at the gates of dawn sorti en 1967 exemple typique de psyché folk britannique. Mais Syd Barrett adopte des attitudes de plus en plus inquiétantes, il consomme des quantités énormes de drogue, il lui arrive d’être incapable de jouer sur scène et de se mettre physiquement en danger. En 1968 c’est la rupture, les autres membres du groupe lui expliquent qu’il ne peut plus faire partie du Pink Floyd. Syd Barrett retourne vivre reclus dans la maison de la banlieue de Cambridge où il avait grandi. Il enregistre quelques albums solos aidé par ses anciens camarades de Pink Floyd, sans grand succès. Totalement étranger à sa légende, le génie perdu vivait à l’abri des médias, indifférent au culte que lui vouaient des milliers de fans et d’artistes qu’il a inspirés.

17 juillet 1967 – il y a 40 ans
Décès de John Coltrane, saxophoniste, compositeur afro américain, considéré comme l’un des artistes les plus influents de l’histoire de la musique


Celui qu’une majorité de critiques et d’amateurs considèrent comme le plus grand jazzman depuis Charlie Parker, John William Coltrane, né le 23 septembre 1926, est mort le 17 juillet 1967. Avec sa clarinette et surtout son saxophone, il proposait une nouvelle façon de swinguer. Il offrait à ses admirateurs une averse de notes, véritable nappe sonore semblable aux vagues de la mer dont, dira un critique musical, "on ne pouvait avoir qu’une perception d’ensemble". "Un éblouissement". Quelques disques témoignent de son évolution : Blue train, My favorite things, Afrika brass, Om, Expression, son dernier enregistrement.

Site officiel : www.johncoltrane.com
www.vervemusicgroup.com/artist.aspx?aid=2660

17 juillet 2006 – il y a 1 an
Décès de El Hachemi Guerrouabi, un des plus grands compositeurs et interprètes du chaâbi


El Hachemi Guerrouabi est tenu pour l’un des plus illustres maîtres du chaâbi (littéralement populaire), musique traditionnelle issue du patrimoine arabo-andalou, née dans les tavernes et les fumeries de la Casbah d’Alger, au début du XXe siècle. El Hachemi Guerrouabi nait à Alger le 6 janvier 1938, il gratte le mandol (mandoline à quatre cordes, emblématique du chaâbi) dès l’âge de 9 ans, adolescent il est engagé comme chanteur à l’Opéra d’Alger, il fait également du théâtre avant de se consacrer au chaâbi. Sa diction juste, acquise grâce au théâtre, sa voix de velours au timbre chaud, un physique de jeune premier le mènent au succès. Au début des années 60 il modernise le genre, invente des chansons plus courtes que celles de la tradition, des textes plus légers, son premier grand succès El Barha (J’avais 20 ans) qui s’inspire d’Aznavour, trouve un impact extraordinaire auprès du jeune public. Jouant lui-même du mandol, il est généralement accompagné, d’un cithariste, d’un violoniste-altiste, d’un banjoïste et deux percussionnistes. Art populaire, le chaâbi est aussi un art des belles paroles, El-Hachemi Guerrouabi interprète ses propres compositions, des adaptations du répertoire des poèmes des XVIIe et XVIIe siècle et des petites chansonnettes. Même aux moments les plus difficiles de sa carrière il ne cessera jamais d’être à la hauteur de sa réputation qui dépasse largement les frontières algériennes. Contraint à l’exil en France lorsque la violence atteint son paroxysme en Algérie dans les années 90, il se produit dans les plus prestigieuses salles parisiennes, enregistre plusieurs albums dont l’éblouissant Le Chaâbi des Maîtres en 1994. Très malade il retourne au pays pour y donner son dernier concert le 4 juillet 2005 au Théâtre de Verdure à Alger. Le maestro de la casbah s’éteint le 17 juillet 2006 à Alger.

19 juillet 2006 – il y a 1 an
Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, porte le débat de l’émigration sur internet


Didier Awadi, pionnier du mouvement rap au Sénégal, fondateur du groupe Positive Black Soul en 1989 avec Doug E Tee, sort son deuxième album solo intitulé Sunugaal ("Notre pirogue" en wolof, langue la plus parlé au Sénégal). Le 19 juillet 2006, avant même la sortie de l’album, Didier Awadi met en libre accès sur son site internet, Sunugaal le titre phare, accompagné d’une cinquantaine de photos et la traduction du texte en français, anglais et espagnol. Dans ses paroles le rappeur "se met dans la peau d’un clandestin pour comprendre pourquoi les gens partent par la mer, pourquoi ils sont si désespérés au point de se suicider", les photos tragiques de clandestins échoués aux Canaries appuient les paroles de la chanson. Avant la sortie de l’album la chanson est déjà un succès national, trois jours après la mise en ligne le site recense 10.000 visites, les médias du monde entier s’intéressent à ce tube, de nombreux sites internet font le relais. Des artistes sénégalais tels que les musiciens Omar Pene, Youssou N’Dour, le réalisateur Moussa Sène Absa, se mobilisent pour dénoncer la tragédie des candidats à l’émigration clandestine au travers de films, de concerts, d’albums, d’interventions auprès d’organisations internationales.

27 juillet 1912 – il y a 95 ans
Naissance de Cheikh Raymond Leyris grand maître juif du maalouf, assassiné pendant la guerre d’Algérie


Raymond Leyris né le 27 juillet 1912 en Algérie, est le fils d’une catholique et d’un jeune homme juif de Batna tué sur le front de la Somme pendant la Première Guerre Mondiale. Adopté par une famille juive il grandit à Constantine où il est initié très tôt dans les fondouks (cénacles de mélomanes) au malouf (musique arabo-andalouse) musique savante et populaire unissant musulmans et juifs dans l’El Andalous mythique depuis l’âge d’or arabo-berbère de la péninsule ibérique. Virtuose du oud (luth arabe), chanteur exceptionnel, il se produit dans les fêtes familiales juives et musulmanes, à la radio, on dit que lorsqu’il chantait à la radio où à la télévision les rues des quartiers juifs et musulmans se vidaient, il est l’auteur de nombreux disques dont de rares exemplaires échappent à la tourmente de la guerre et de l’exil. Ses pairs lui décernent le titre de Cheikh, et aujourd’hui encore il est reconnu comme un grand maître du maalouf, un interprète hors pair. Raymond Leyris est assassiné le 22 juin 1961 en pleine rue à Constantine, pleuré par les mélomanes constantinois juifs comme musulmans, ce meurtre aveugle allait sonner l’heure du départ pour la communauté juive de la ville, mettant fin à une tradition musicale millénaire. Après une longue éclipse, l’étoile de Cheikh Raymond s’est remise à briller grâce à l’opiniâtreté de son fils Jacques Leyris, une série de quatre CD est publiée sur le label Al Sur. Le 16 mars 1999 Enrico Macias, gendre de Cheikh Raymond, son élève et fils du violoniste du maître, rejoint sur la scène du Centre Culturel Algérien de Paris la formation constantinoise de Taoufik Bastandji, lui-même petit-fils de Cheikh Abdelkrim Bestandji, maître de Cheikh Raymond ; cet évènement d’une portée symbolique considérable est renouvelé lors du festival du Printemps de Bourges le 18 avril suivant, le double album "Hommage à Cheikh Raymond" (Tréma/Sony) en est le témoignage.

Françoise Gindreau Diack

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