Jimmy Oihid, le reggae à la sauce harissa
(MFI) Après six ans d’absence discographique pour raisons familiales, le précurseur du reggae algérien fait un retour en force avec « Oriental roots » (Musicast/ l’autre production). Un sixième opus que Jimmy Oihid a auto-produit car il refuse le formatage qu’imposent les maisons de disques. Ce qui ne l’a pas empêché d’enregistrer avec les Wailers, musiciens emblématiques du beat rasta. Le résultat donne un bel alliage sonore entre couleurs jamaïcaines et racines maghrébines. En effet, le musicien mélange allègrement le chaâbi algérois, les mélodies arabo-andalouses, les rythmes gnawa et les pulsions de Kingston. Un métissage musical particulièrement perceptible sur le titre Paix Freedom. Tout comme sur Selem, selem alikoum qui est en fait une reprise d’un morceau de son premier album sorti au moment de la guerre du Golfe et dont l’écho était resté confidentiel. Autre réussite, Bahia Ya benti qui invite à la danse. Qu’il chante en arabe ou en français, l’artiste accroche l’oreille avec sa voix rauque. Un timbre particulier porteur de messages d’espoir, d’amour mais aussi de révolte face aux injustices. Originaire de Blida, Jimmy Oihid a quitté l’Algérie dès l’âge de six ans, afin de venir en France pour soigner une polio attrapée à la suite d’une vaccination mal administrée. C’est à l’hôpital que naîtra sa vocation en écoutant les chanteurs sur un petit transistor. Aujourd’hui, quasiment guéri, le reggae man est devenu une bête de scène car, pour lui, la musique a été une thérapie contre la maladie.
En savoir plus : www.jimmyoihid.net
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