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04/09/2007
Chronique Musique : Dk Ibomeka ; Mokobé

Dk Ibomeka , le néo-crooner afro-canadien

(MFI) Avec son timbre de miel légèrement voilé, Dk Ibomeka bénéficie d’un organe vocal exceptionnel de plus de trois octaves ! Comme le prouve son premier opus « Love stories » (Nocturne) qui ne laisse pas indifférent. Installé au Canada, ce fils d’immigrés nigériens offre un registre à la frontière du jazz, du blues et de la soul. Mélangeant des reprises de standards et des compositions personnelles, les douze plages traduisent toute la sensibilité de cet étonnant vocaliste. Parmi les perles, citons Oh ! Darling, belle ré-interprétation d’un classique de John Lennon et Paul McCarteney, ou encore Sugar in my Bowl, chanson de la regrettée Nina Simone. Côté textes, il raconte bien sûr des histoires d’amour mais en s’appuyant sur des expériences personnelles. « Je parle toujours de mon vécu avec les bons et les mauvais côtés. Cela commence par l’écriture d’un poème qui au final devient une chanson », précise Dk Ibomeka. Après avoir découvert par hasard les grandes voix d’hier qui ont forgé l’identité musicale afro-américaine, comme celles d’Ella Fiztgerald, de Billie Holliday ou de Ray Charles, le jeune crooner a abandonné ses études de médecine pour se consacrer au jazz. Tout en menant des études à la Humber Scholl of creating & Performing Arts, il se produit dans les clubs de Toronto et de New York. Remarqué en 2005 au renommé festival de jazz de Montréal, il est pris en charge par la même agence artistique que celle de la Canadienne Diana Krall et de l’Américaine Norah Jones. C’est grâce à cette connexion que le chanteur signe aujourd’hui cet enregistrement bien accueilli par le public outre-atlantique. Fort de ce premier succès, Dk Ibomeka travaille déjà sur son prochain album, ouvert à d’autres influences comme celle de la musique nigériane. A suivre.

Mokobé, la vision rap de l’Afrique

(MFI) Créer un pont culturel entre le rap made in France et les musiques africaines. Tel est l’objectif de Mokobé qui vient de signer son premier album solo « Mon Afrique » (Sony-BMG). Rappeur français d’origine malienne, l’ancien leader du célèbre collectif 113 du 9-4 (département du Val de Marne, proche de Paris) réussit parfaitement cette rencontre entre les sons traditionnels du continent et les beat en boucle du hip hop. Sur les 22 titres de cet enregistrement, plusieurs morceaux sont déjà des tubes. Comme C’est dans la joie, chanson très dansante mélangeant rumba et zouk, interprétée avec le comique ivoirien Patson. Mali forever, est un bel hymne à l’Afrique, enrichi par la voix magique de Salif Keita. « L’Afrique a un énorme patrimoine culturel. Elle a beaucoup donné au reste du monde. A travers cet album, j’invite les gens à découvrir ce continent, même ceux qui en ont peur, ou qui en ont une idée caricaturale », précise Mokobé. Autre belle rencontre, celle avec Sean Kuti, le fils du visionnaire nigérian, qui offre un savoureux rap-afro-beat intitulé Sur les traces de Fela. Pour cet album enregistré entre le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la France, le MC a convié tout le gratin de la scène africaine. Outre les artistes cités précédemment, notons la présence de Tiken Jah Fakoly, Amadou & Mariam, Youssou N’Dour et Sekouba Bambino. Des apports complétés par la jeune scène du rap français comme Diam’s. Tous ces invités confirment le propos de l’album : instaurer un authentique dialogue entre les artistes du nord et du sud. Bref, « Mon Afrique » est un album riche qui traduit le sens du partage dont fait preuve Mokobé : « J’ai croisé pas mal de monde dans le milieu de la musique. J’ai aussi beaucoup de cousins qui habitent les banlieues. Je suis un type très familial, qui se fond dans la masse populaire ».

Daniel Lieuze

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