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| 09/10/2007 | |||
| Chronique Musique :Orchestra Baobab, The Syliphone Years | |||
| Orchestra Baobab, 100% ambiance dakaroise (MFI) Groupe emblématique des nuits sénégalaises des années soixante-dix, Orchestra Baobab vient de signer Made in Dakar (World Circuit/Harmonia Mundi). Un nouvel album qui confirme le retour en force de la formation dakaroise, amorcé en 2001 après quinze ans de silence. Enregistré au studio Xippi, ce disque reprend le son rugueux de la grande époque, dans des arrangements d’aujourd’hui. Joliment ciselées, la plupart des compositions proposent une relecture des standards d’Orchestra Baobab, jusqu’à présent introuvables sauf sur cassettes. Le résultat donne une musique riche où les instruments s’expriment largement. Emblématique du rythme mbalax, le tambour sabar est virevoltant. De leur côté, les guitares électriques semblent enivrées. Quant aux cuivres, ils sonnent magistralement. Cette instrumentation est au service d’un répertoire sans frontières allant des timbres afro-cubains au jazz en passant par la soul américaine. Un éventail sonore qui s’adapte à merveille aux voix des six chanteurs. Exemple : le magistral « Sibam » qui met en évidence le vibrato de Medoune Diallo. Autre réussite, le morceau « Nijaay » sur les réalités du mariage interprété par Assane Mboup et Youssou N’dour. Enfin, arrêtons-nous sur « Colette », une chanson kitch dédiée à l’épouse du guitariste Barthélemy Atisso, interprétée par Rudy Gomis et Ndiouga Dieng. Fondée il y a trente-sept ans, la célèbre formation dakaroise a pris le nom du club Baobab, l’un des endroits les plus chics de la capitale sénégalaise, situé dans la Médina, où elle se produisait régulièrement. Aujourd’hui, Orchestra Baobab ne joue que très rarement à Dakar, privilégiant les tournées internationales. D’où l’intérêt de ce nouvel opus pour le public sénégalais. L’histoire musicale de la Guinée indépendante (MFI) Le catalogue du label guinéen Syliphone est aujourd’hui en partie dévoilé avec la sortie d’un double cd intitulé Authenticité, The Syliphone Years (Stern’s music). Tiré des archives de la radio-télévision guinéenne, cette anthologie présente les grands orchestres nationaux et fédéraux. Allant de 1972 à 1980, c’est tout un pan de l’histoire musicale de ce pays après son indépendance en 1958 que l’on (re)découvre. Le gouvernement de Sekou Touré place la musique au premier plan de son identité nationale. C’est ainsi que, sous ce régime, chacune des 34 régions de la Guinée était représentée par plusieurs ensembles artistiques. On retrouve, par exemple, le Palm Jazz, orchestre de la ville de Macenta qui fait les louanges du parti politique unique sur le morceau « PDG-RDA » (Parti Démocratique Guinéen-Rassemblement Démocratique Africain). Autre orchestre significatif : le Bembeya Jazz National. Toujours en activité aujourd’hui, cette formation s’illustre sur cette compilation avec « Minuit ». Un titre qui raconte l’histoire de Ballaké Keïta, un homme faussement accusé d’avoir assassiné un officier colonial et dont l’exécution eut lieu à minuit. Basé à Faranah, ville natale de Sékou Touré dans la savane de la Guinée occidentale, le Tropical Djoli illustre, avec le morceau « Soko », les soirées dansantes qu’organisent les jeunes. A travers une sélection de 28 titres, ce double volume – richement illustré de pochettes de 33T et 45T d’époque –, est à écouter comme on regarde un album photos souvenir. D’autant que la plupart des compositions sont disponibles pour la première fois sur un support numérique. | |||
| Daniel Lieuze | |||
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