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23/10/2007
Chronique Musique : Kwal, le slameur des quartiers

Kwal, le slameur des quartiers

(MFI) Il s’était fait remarquer en 2005 avec son album Mogo Ya, entièrement rappé en bambara. Kwal revient aujourd’hui avec Là où j’habite (Naïve). Cette fois, le rappeur blanc rappe en français et sa technique est plus proche du slam. « Au cours de mon travail, j’ai réalisé que je pouvais mieux conter les textes que les rapper. Je me sens plus à l’aise aujourd’hui à raconter un texte à la façon d’un conteur plutôt que d’’un tchacheur», précise l’artiste. Véritable poésie parlée, ces textes sont centrés autour de la communauté africaine vivant dans l’hexagone. Exemple : le morceau éponyme de l’album, où il décrit son voisinage vivant et cosmopolite en s’appuyant sur une famille de Guinéens expulsée. Autre illustration du quotidien de l’immigration, le morceau « Exilé » où il prête sa voix à un immigré déraciné et dérouté. Sur la chanson « France », le slameur parle de droit, de respect et d’identité. Beaucoup de ses textes brossent des portraits touchants de ses amis (africains) comme « Hassan ». Malgré la situation difficile que connaissent les migrants, Kwal met en valeur le courage et l’optimisme dont ils font preuve comme sur « Bonhomme ». Contestataire, sans haine, Vincent Loiseau, de son vrai nom, part toujours d’histoires vraies. Ce qui fait que « sa » vérité est à la fois violente et sensible. Car pour lui, « la tendresse reste indissociable de la toile sociale et politique ». Pour habiller sa poésie, l’auteur compositeur et interprète marie avec finesse les sons d’Afrique, le jazz, les ambiances électroniques et la musique classique (violons). Engagé dans son quartier d’Angers, l’Angevin est aussi actif à Bamako. Il organise depuis cinq ans des ateliers hip hop avec les enfants des rues de la capitale malienne. En un mot, Kwal, en tant qu’artiste, a trouvé en l’Afrique un terrain de partage et d’inspiration.

Daniel Lieuze

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