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12/02/2008
Chronique Musique : Meta ;African virtuoses.

Le jazz à l’africaine de Meta

(MFI) Après Secret History, un premier opus paru en 2001 salué par la critique, Meta vient de signer Epigram (Nocturne). Avec ce titre tiré du mot épigramme faisant référence à un poème satirique, l’auteur-compositeur, chanteur et percussionniste d’origine algérienne brouille les pistes : « La satire motive beaucoup de mes idées. Dans l’écriture de mes morceaux, j’aime bien aller dans des directions qui surprennent. C’est une façon de dire que je suis là mais aussi ailleurs. Je prends du plaisir à me retrouver là où on ne m’attend pas ». C’est vrai que son disque est à la croisée des chemins. Du jazz aux sonorités plus africaines en passant par le funk, Meta ne s’interdit aucun répertoire et surtout aucune fusion. « Kikou », le titre d’ouverture nous entraîne dans l’univers des confréries gnawa propres au Maghreb, que l’artiste enrobe de teintes jazzy. Autre illustration de ces croisements improbables, le morceau « Autodétermination ». Un titre chanté en onomatopée qui n’est pas sans rappeler Claude Nougaro et dénonce les rapports Nord/Sud : « L’occident se fait l’Afrique, l’occident se fait du fric sous couvert de pratiques humanitaires médiatiques… » Quelles que soient les compositions, la trame rythmique et l’improvisation sont les points forts de ce musicien. Après des études au Centre musical et créatif de Nancy, à l’est de la France, il a fait ses premiers pas à Paris aux côtés des grands noms du jazz européen comme André Ceccarelli, Nguyen Lê. Un apprentissage qui lui a donné le goût de l’éclectisme. Avec sa liberté d’interprétation, Meta donne une nouvelle résonance au jazz. Une posture qui n’est pas sans rappeler Karim Ziad, lui aussi percussionniste algérien ancré dans les musiques de transe, devenu aujourd’hui un musicien caméléon incontournable.

Ode à la guitare d’African virtuoses

(MFI) A la fin des années 50, deux musiciens ont révolutionné la musique mandingue en Guinée Conakry en introduisant la guitare acoustique à la place de la kora. Il s’agit de Grand Papa Diabaté et Sékou « docteur » Diabaté. Accompagnés de leurs jeunes frères Siré et Abdoulaye, ces deux maestros sont au centre d’une anthologie intitulée African virtuoses sous titrée The classic guinean guitar group (Syllart-Sterns/Discograph). Réédition de dix titres instrumentaux enregistrés entre 1970 et 1983, cet album est une véritable ode à six cordes. Sur le titre « Solo Virtuose » de plus de seize minutes, on retrouve le jeu volubile de Grand Papa Diabaté, disparu en 2006 à l’âge de 70 ans, en duo avec son cadet Sékou. Pionnier avec son frère, il fut le premier instrumentiste à avoir introduit le solo de guitare dans la musique guinéenne. Avec son jeu délicat, Grand Papa fut également le premier à faire vibrer ses cordes avec une petite pièce en bois qui plus tard deviendra le médiator. Tous deux issus d’une longue famille de griots, ces musiciens ancrés dans le patrimoine mandingue font aussi quelques clins d’œil à la guitare flamenca sur le morceau « Kankan Diarabi ». Très indépendant, Grand Papa Diabaté n’a jamais suivi la politique de Sékou Touré, qui consistait à développer les orchestres nationaux, et quitte la Guinée pour le Mali. Là, le guitariste mènera une belle carrière avec le Thiwara Band de Kati. Tandis que Sékou « docteur » Diabaté restera fidèle à Conakry avec le groupe Balla et ses Balladins. Bref, African virtuoses est une belle page de l’histoire de la guitare ouest-africaine.

Daniel Lieuze

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