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| 03/03/2009 | |||
| Disponible le 4 mars 2009 en DVD Sabra et Chatila en dessin animé | |||
| (MFI) Avec Valse avec Bachir, le cinéaste Ari Folman part en quête d’un épisode enfoui de son histoire, celle du soldat israélien qui a fait ses classes lors de la première guerre du Liban. Il invente, pour l’occasion, un nouveau genre cinématographique : le documentaire d’animation. Un film onirique et décapant. | |||
| Tant par la force du sujet que par sa forme, Valse avec Bachir, le dernier film d’Ari Folman, bouleverse ses spectateurs. Il a fait sensation à Cannes en 2008 où il était en compétition officielle. Depuis, ce long-métrage documentaire d’animation – un genre nouveau au cinéma – a été consacré aux Etats-Unis (Meilleur film 2008 et Golden Globe du meilleur film étranger 2009) comme en France (César du meilleur film étranger). Au départ de cette aventure, un vieil ami du réalisateur qui lui raconte un soir, autour d’un verre, dans un bar, le rêve qui le hante. Toutes les nuits, vingt-six chiens féroces se lancent à sa poursuite ; pas un de moins, pas un de plus. Les deux hommes en sont vite convaincus, ce rêve est lié au traumatisme qu’ils ont vécu ensemble au début des années 1980, lors de la première guerre du Liban, alors qu’ils servaient dans l’armée israélienne. Les phalangistes chrétiens, premiers responsables du massacre Pourtant, Ari Folman n’a plus aucun souvenir de cette période. En quête de sa propre vérité, il part à la rencontre de ses anciens camarades de guerre dispersés aux quatre coins de la planète. Un voyage où surgissent, l’une après l’autre, des images précises du champ de bataille de Sabra et Chatila où il fit ses classes. Un rêve éveillé qu’il restitue dans le film. Comme tous les soldats du monde – on pense aux appelés et aux rappelés français lors de la guerre d’Algérie, ou plus récemment aux acteurs de la guerre en ex-Yougoslavie ou en Irak –, les soldats israéliens qui ont participé à cette expédition punitive ont gardé profondément enfouies ces atrocités, celles qu’ils ont vécues ou celles dont ils ont été témoins. Ce syndrome porte d’ailleurs un nom : c’est la maladie du stress post-traumatique. « Une chose est sûre, (…) l’invasion de Beyrouth Ouest en septembre 1982 était inutile (…). Une énorme tache sur notre histoire. Je suis même prêt à parier qu’Ariel Sharon, en ce moment dans le coma, aurait donné n’importe quoi pour réécrire l’histoire et éviter cette expédition insensée dont il fut l’initiateur », dit Ari Folman (Le Pacte). Le film désigne en tout cas clairement les phalangistes chrétiens comme étant les responsables du massacre. Et le gouvernement israélien ? « Lui seul sait s’il avait été mis au courant à l’avance de cette tuerie vengeresse préméditée ». Tuerie à laquelle les militaires israéliens ont tout au moins assisté sans [qu’ils puissent ?] réagir. Un film vidéo de 90 minutes a servi de base au story-board Pour le cinéaste, la réalisation du film a fonctionné comme une thérapie, qui a duré le temps de la production du film, c’est-à-dire quatre ans. Une période où il oscillait entre « dépression la plus noire » et « euphorie du projet du film, avec cette animation novatrice qui avançait bien plus vite que prévu ». Tourner ce film en images réelles ne convenait pas au réalisateur. Il ne disposait pas d’images d’archives pour illustrer une histoire vieille de vingt-cinq ans. « Quel ennui ! » L’animation lui permettait au contraire d’introduire cette « part d’imaginaire » pour mettre en scène la guerre « tellement irréelle », et la mémoire, « tellement retorse ». Ari Folman a d’abord réalisé une version vidéo de Valse avec Bachir. Tourné puis monté dans son studio, le Bridgit Folman Film Gang, un film de 90 minutes a d’abord servi de base à un story-board : 2 300 dessins développés puis animés – « mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D ». Sous les auspices du directeur d’animation Yoni Goodman et du directeur artistique David Polonsky et son équipe. Chaque dessin est original – et n’utilise pas la technique qui consiste à repeindre l’image sur la vidéo. Pour le plus grand plaisir des yeux. Au final, un film à la fois onirique et décapant. Valse avec Bachir, un film d’Ari Folman. Long métrage documentaire d’animation, 1h26, 2008. En DVD chez www.editions.Montparnasse.fr | |||
| Antoinette Delafin | |||
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