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| 02/06/2009 | |||
| L’Atlas de l’Europe dans le monde Les visages de l’Europe dans la mondialisation | |||
| (MFI) A l’occasion des élections européennes, la Documentation française publie un atlas original sur la place de l’Europe dans le monde. « Les livres sur l’Union européenne dans le processus de mondialisation ne sont pas légion, même si ce thème est devenu « furieusement tendance » depuis quelques mois, en France comme en Europe. » Au centre du système monde, l’Union européenne joue un rôle de premier plan. Une influence qui « n’est pas nécessairement synonyme d’hégémonie ou de domination ». | |||
| L’Atlas de l’Europe dans le monde reprend à son compte les résultats d’un projet de recherche pluridisciplinaire, lancé par la Commission européenne en 2004, dans le cadre de l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen (Orate). Pour « évaluer cette place avec précision et en saisir les fondements », l’ouvrage adopte successivement « un regard géographique, géoéconomique, géopolitique et historique sur la manière dont l’Union européenne s’insère dans le processus de mondialisation et sur son rôle dans l’organisation de l’espace mondial ». Il pose aussi « un diagnostic sur les effets de la mondialisation sur le territoire communautaire lui-même ». L’Union européenne, puissance réelle ou supposée ? Ses analyses sont étayées par une cartographie inédite, censée expliquer des processus complexes à un public élargi tout en conservant un contenu scientifique de haut niveau. Les contributions de nouveaux auteurs complètent la diversité des approches et enrichissent encore la publication. La mondialisation est illustrée par des cartes comparatives entre l’UE et les autres pays du monde dans les domaines de la démographie, l’économie et les échanges, les flux financiers et maritimes, les transports et les communications, l’environnement mais aussi le développement et la qualité de la vie, les droits de l’homme, les migrations, la mobilité… Autant de thèmes qui renseignent tant sur la puissance – réelle ou supposée – de l’UE que sur le rôle de modèle qu’elle prétend assurer dans tous ces domaines. « S’il existe une frontière externe commune, l’Union européenne n’est pas pour autant une entité fermée sur elle-même, retranchée dans une sorte d’insularité protectrice et douillette », affirment les auteurs en guise de préambule. L’atlas revient sur le concept de « continent européen », qualifié de serpent de mer. Quelles sont les limites de l’Europe, sachant que « la vision continentale du monde est affaire de conventions et de représentations sociales » ? Il arrive ainsi qu’élaborées en fonction d’indicateurs particuliers, certaines cartes montrent une Europe fondue « dans la masse eurasiatique ». Autre représentation courante, celle d’un réseau de métropoles européennes qui jouent un rôle de premier plan. Ou encore, celle d’une Europe appartenant au club très fermé du système monde dans lequel quelques pays développés dominent les pays périphériques ou semi-périphériques. Une vision plutôt réaliste. « L’Union européenne est bien un centre du système monde. Mais la lecture de sa sphère d’influence n’est pas aisée. » L’UE possède en fait plusieurs aires d’influence, entretenant des relations interactives plus ou moins fortes avec tel ou tel coin de la planète. L’atlas souligne notamment son manque de visibilité dans la plus grande partie de l’Asie en développement. De même en Amérique latine, où l’influence américaine demeure très forte et où l’intégration régionale se consolide, par exemple au sein du Mercosur. Mais l’UE est en relation « avec la plupart des pays d’Afrique subsaharienne dont la faiblesse ne doit pas dissimuler les potentialités futures ». La mondialisation va de pair avec la régionalisation Enfin, elle a des relations très fortes, et dans les deux sens, avec ses voisins. Des relations qui sont toutefois « en général entachées d’incompréhension », comme en attestent « les maigres résultats du partenariat méditerranéen et les mésententes profondes avec la Russie ». Lancée après l’achèvement de cet ouvrage, l’Union pour la Méditerranée a tenté de relancer le processus. Mais en se focalisant sur le seul voisinage méridional, cela a provoqué la méfiance parmi les pays plus intéressés par le voisinage oriental. L’Union européenne « devrait accorder davantage d’attention à son environnement régional immédiat », conclut l’atlas, dont les auteurs font apparaître qu’elle exerce toujours « une certaine influence, mais celle-ci n’est pas nécessairement synonyme d’hégémonie ou de domination ». Au demeurant, c’est dans son propre voisinage que son influence est la plus forte, comme le montrent les cartes et les analyses proposées dans cet ouvrage, confirmant ainsi le constat selon lequel « la mondialisation va de pair avec la régionalisation ». La tendance est donc au renforcement des interactions entre les Etats d’une même aire géographique, notamment entre l’Union européenne et les pays de son voisinage méridional et oriental. Une des très nombreuses questions posées par cet atlas foisonnant est de savoir s’il faut encore renforcer ces relations de proximité « pour continuer à peser dans la mondialisation ». Antoinette Delafin L’Atlas de l’Europe dans le monde. Sous la direction de Clarisse Didelon, Claude Grasland, Yann Richard. Coll. Dynamiques du territoire. Reclus. Paris, CNRS GDRE S4 – La Documentation française, 2009. 42 euros. | |||
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