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| 12/06/2007 | |||
| Le difficile face-à-face des supermarchés et des petits producteurs | |||
| (MFI) Confrontés à une prolifération des supermarchés à travers le continent africain, allant de pair avec la croissance économique et l’urbanisation, les petits producteurs sont obligés de s’adapter aux nouvelles normes du marché, comme l’ont déjà fait leurs homologues asiatiques ou latino-américains. Depuis plusieurs années, les organisations internationales les incitent, pour faire face à ce nouveau défi, à adopter de « bonnes pratiques alimentaires » et des règles d’hygiène rigoureuses susceptibles de les aider à conquérir ce marché. | |||
| « Si nous n’aidons pas les petits producteurs à se faire une place sur ce nouveau marché, ils resteront au bord de la route et cela pourrait être catastrophique », estiment des experts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui soulignent toutefois que cette évolution peut aussi avoir des effets bénéfiques en permettant aux producteurs africains de mieux s’organiser et d’adopter de meilleures normes de qualité. « Nous devons les aider à s’adapter pour pouvoir fournir les supermarchés », explique l’un d’eux. Il met l’accent sur une aide à l’organisation de coopératives et d’associations efficaces, sur des crédits accrus pour généraliser les technologies nécessaires à l’amélioration des standards de qualité et de sécurité alimentaire exigés, et sur la diffusion des connaissances pour leur permettre de mieux négocier et se défendre. Les modifications de l’approvisionnement et de la distribution des produits dans des pays tels que l’Afrique du Sud, le Kenya, la Zambie, la Namibie, le Botswana ou le Swaziland, les premiers à accueillir un nombre important de chaînes de supermarchés, ont ainsi eu un impact direct sur la vie de millions de petits producteurs. Selon une étude publiée par la FAO, le nombre des grands magasins a explosé dans certaines parties d’Afrique australe et orientale sous l’impulsion de "locomotives" comme l’Afrique du Sud ou le Kenya, où ils représentent une grande partie des commerces alimentaires. L’Afrique de l’Ouest ou centrale, à l’exception du Nigeria, ont pris un certain retard en raison de la pauvreté, de l’instabilité politique ou d’une plus faible urbanisation mais vivent désormais elles aussi à l’heure des supermarchés. Un rôle clef dans le secteur agricole Ainsi, l’expansion des supermarchés pourrait devenir une opportunité pour les petites entreprises et les agriculteurs, à condition qu’on leur donne la capacité d’y participer. Elle pourrait aussi, en améliorant la qualité des produits vendus sur le marché intérieur, faciliter les exportations et favoriser la création d’emplois dans le transport et la distribution. Ce point de vue est partagé par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), qui collabore étroitement avec la FAO dans ce secteur. L’organisation estime en effet que les supermarchés jouent un rôle clef dans le secteur agricole, dans les pays développés comme dans les pays en développement. Leur domination croissante sur les chaînes d’approvisionnement agricoles a entraîné de profondes modifications structurelles, notamment en ce qui concerne les moyens de subsistance des petits producteurs de produits de base, qui sont mal préparés à traiter avec les supermarchés et les autres sociétés transnationales du secteur agroalimentaire. La généralisation des supermarchés présente deux types de risques pour les petits producteurs : l’exclusion et la pression sur les coûts et les revenus. Pour la Cnuced, il s’agit en fait de définir de quelle manière les petits producteurs peuvent participer afin d’améliorer leurs moyens de subsistance et s’assurer des débouchés importants et stables pour leurs productions. Une offre réservée aux nouvelles classes moyennes Au-delà de l’agroalimentaire, les supermarchés offrent aussi toutes sortes de marchandises aux nouvelles classes moyennes africaines, d’où l’engouement de pays tels que l’Angola – où tout était rationné du fait de la guerre civile – pour la manne qu’on trouve désormais dans les supermarchés, qu’ils soient d’origine étrangère ou africaine tels que le groupe kényan Nakumatt en Afrique de l’Est ou le sud-africain Shoprite. Si les géants de la distribution mondiale se disputent ce marché juteux, ils essayent aussi d’insérer leurs activités dans le cadre du développement durable et de la protection de l’environnement. Ainsi le groupe français Champion et l’organisation écologiste WWF ont établi un partenariat sur un programme Action-Eau en Afrique de l’Ouest. Depuis 2005, ce programme vise à garantir un accès durable à l’eau pour les populations des pays du Sud tout en préservant leur environnement. Champion s’est ainsi impliqué dans plusieurs projets du WWF au Niger et au Burkina Faso. Ces actions sont mises en oeuvre sur le terrain grâce à des ONG locales qui accompagnent quotidiennement les populations dans la réalisation de projets d’accès à l’eau potable, de préservation de la qualité de l’eau, et d’empoissonnement des mares par le micro-crédit. | |||
| Marie Joannidis | |||
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