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| 27/08/2008 | |||
| 13è Congrès mondial de Montpellier : L’eau dans tous ses états | |||
| (MFI) Dans le sud de la France, début septembre, à Stockholm en août à l'occasion de la semaine mondiale de l'eau, ou à Accra au Ghana dans le cadre de l'impact des changements climatiques, l'eau, vitale pour la survie de l'homme, a été au centre de débats animés entre scientifiques, décideurs politiques et organisations non gouvernementales, qui se sont penchés sur son avenir, avant le Forum mondial d'Istanbul en mars 2009. | |||
| Après Melbourne en 2000, Madrid en 2003 et New Delhi en 2005, Montpellier devient ainsi la capitale mondiale de l’eau l’espace de quatre jours. Car l'eau est inégalement répartie à travers les régions du monde qui souffrent soit de pénuries soit de trop-plein et qui utilisent ou gaspillent de manière différente cette précieuse ressource pour l'agriculture ou d'autres usages. Thème principal : les « changements globaux et les ressources en eau : face à des pressions de plus en plus nombreuses et diversifiées ». Montpellier, une des premières villes d’Europe de l’ouest à avoir implanté des universités (13è siècle), possède une grande expertise dans le domaine des sciences de l’eau car elle constitue une passerelle ouverte entre les pays du Nord et les pays méditerranéens et tropicaux, pour lesquels l’amélioration des conditions d’usage de la ressource reste une nécessité pour un développement durable. Plus de 500 communications, 15 tables-rondes, des conférences Cette réunion qui se tient du 1er au 4 septembre 2008 sous l’égide de l’Association Internationale des Ressources en Eau (IWRA) permet d'aborder la plupart des problèmes majeurs actuels liés à l’eau et à l’environnement planétaire fortement contraints par des changements globaux (climat, démographie, occupation de l’espace, etc.). Quelque mille participants, essentiellement des scientifiques, provenant de plus de cent pays dont plusieurs africains, vont échanger sur les toutes dernières recherches dans le domaine. A l'ordre du jour, plus de 500 communications, une quinzaine de tables-rondes et des conférences données par des personnalités de stature internationale – parmi lesquelles le diplomate et écrivain français Erik Orsenna qui s’intéresse à l'eau après s’être penché sur le coton. L’objectif de ce 13è Congrès mondial de l’eau est de contribuer à accroître les connaissances quant à l’impact du changement climatique mondial sur les ressources en eau et d’en améliorer la prise de connaissance par les sociétés. Apportant ainsi sa contribution à l’étude des ressources en eau de la planète, il permet un dialogue à l’échelle mondiale entre partenaires publics et privés, usagers et décideurs, pays en développement, émergents et développés. Parallèlement, de nombreuses manifestations sont ouvertes au grand public pour répondre au besoin d’information qui se fait sentir au sein de la population, c’est-à-dire chez ceux et celles qui sont les premiers consommateurs de l’eau. Ainsi, dans la ville de Montpellier, un parcours de l’eau, des expositions et un festival de « films courts au secours de l’eau » sont ouverts à tous. Plus de 1,1 milliard de personnes n’a pas accès à l’eau potable Le Partenariat français pour l’eau (PFE), qui rassemble les acteurs de l’eau intervenant à l’international (Etat, Agences de l’eau, Agence française de développement, entreprises, ONG et associations, collectivités territoriales, organisations scientifiques et techniques), s'est mobilisé en 2008 pour maintenir le sujet à l’ordre du jour de l’agenda international et œuvrer à sa meilleure gestion. Selon le PFE, plus de 1,1 milliard de personnes n’a pas accès à l’eau potable et 2,6 milliards à un assainissement de base. Près de 1,8 millions d’enfants meurent chaque année de maladies dues à l’insalubrité de l’eau. Ces populations ne disposent pas de services publics d’eau potable et d’assainissement bien que, dans de nombreux cas, de l’eau soit disponible. A mi-parcours des OMD, on est très loin de l’objectif Face à ce défi, la communauté internationale s’est engagée en 2000 à atteindre les Objectifs du millénaire du développement (OMD) qui réclament la réduction de moitié de la population mondiale sans accès à l’eau et à l’assainissement d’ici 2015. Mais à mi-parcours, on est très loin d’atteindre cet objectif. Au rythme actuel, il ne serait atteint qu’en 2016 pour l’eau potable et qu’en 2022 pour l’assainissement. De plus, derrière cette moyenne se cachent de grandes disparités : en Afrique subsaharienne, ces objectifs ne seraient pas atteints avant 2040 et 2076 ! Pour le PFE, la protection et la gestion des ressources en eau ne sont pas un luxe de pays riches mais une nécessité pour la santé et l’alimentation de toutes les populations, pour la fourniture d’énergie propre et pour le développement économique et social des pays. L’augmentation continue de la demande en eau, indépendamment des variations climatiques, va générer des pénuries d’eau qui vont toucher 1 milliard de personnes de plus d’ici à 2030, selon les estimations de l’OCDE. Les conséquences du changement climatique vont encore aggraver ces difficultés. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le volume d’eau disponible par habitant pourrait être réduit de moitié d’ici 2050. Des ressources en eau inégalement réparties à travers la planète Pierre Chevallier, président du comité national d'organisation du Congrès de Montpellier et directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), met l'accent sur le fait que les ressources en eau sont inégalement réparties à travers la planète et que, de même, l'utilisation n'est pas la même, entre ceux qui utilisent une moyenne de 70 % des ressources en eau pour l'agriculture et ceux qui en consomment beaucoup moins. Il évoque aussi les disparités culturelles concernant l'utilisation de l'eau. Pour Eric Servat, co-président du comité, spécialiste de l'Afrique et également directeur de recherche à l'IRD, les difficultés que connaît le continent africain n'ont pas changé : il existe, certes, des problèmes liés au climat et aux disparités dans ce domaine, avec la désertification, la dégradation des sols, la surexploitation des ressources naturelles et, parfois, des inondations, mais il y a surtout une insuffisance en matière d'infrastructures. « Cela devrait être une priorité au niveau des gouvernements ». | |||
| Marie Joannidis | |||
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