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| 08/12/2009 | |||
| OMC : Divergences quant à la libéralisation du commerce mondial | |||
| (MFI) Réunis début décembre à Genève, quatre ans après la conférence de Hong Kong en 2005, les ministres de l'Economie des 153 pays-membres de l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, n'ont toujours pas réussi à surmonter toutes leurs divergences afin de conclure le cycle de Doha lancé en 2001. | |||
| Les négociations de Doha, qui n'ont toujours pas abouti, visent à libéraliser le commerce international et à étendre les bénéfices de la mondialisation aux pays en développement. La septième session de la conférence ministérielle, qui s'est tenue du 30 novembre au 2 décembre 2009 avec pour thème général « l'OMC, le système commercial multilatéral et l'environnement économique mondial actuel », s'est achevée sans accord. La plupart des ministres présents ont toutefois souligné qu'ils souhaitaient que les pourparlers du cycle de Doha aboutissent rapidement à un accord, un grand nombre d'entre eux appelant à la réalisation de cet objectif pour la fin de 2010. « Les ministres ont réaffirmé la nécessité de conclure le Cycle en 2010 et de faire un bilan de la situation pendant le premier trimestre de l'année prochaine », a ainsi précisé, le ministre chilien de l'Economie, Andrés Velasco, qui présidait la conférence. Le moment de vérité approche à grande vitesse « L'idée de demander aux hauts fonctionnaires de continuer à déterminer la marche à suivre pour atteindre ce but a été accueillie favorablement. Mais des divergences subsistent sur le fond et la nécessité de faire preuve de leadership et d'engagement pour les questions spécifiques en suspens au cours des semaines à venir a été largement reconnue », a poursuivi le président de la conférence, qui estime cependant qu'il y a eu « une forte convergence sur l'importance du commerce et du cycle de Doha pour la reprise économique et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement ». De son côté, le Directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a affirmé que le « moment de vérité », concernant le cycle de Doha, « approche à grande vitesse : Les dirigeants politiques sont pratiquement unanimes à assurer qu'ils veulent conclure en 2010, mais il ne suffit pas de le réaffirmer. Ce qu'il faut maintenant, c'est agir, agir de manière concrète et pratique pour éliminer les dernières divergences ». Ces divergences ce sont manifestées entre les Etats-Unis, qui doivent définir leur position après l'élection à la présidence de Barack Obama, et les autres partenaires y compris européens, mais aussi entre pays développés et en développement. Une « feuille de route » pour le premier trimestre de 2010 « Le système commercial multilatéral a été mis à l'épreuve comme jamais auparavant. Il n'a pas flanché et a démontré sa valeur », a ajouté Pascal Lamy, estimant que « l'OMC peut aussi être un élément important du dispositif de sortie de crise », y compris pour les plus pauvres. Une « feuille de route » doit être établie par les hauts-fonctionnaires des pays-membres qui commenceront à se réunir dès la mi-décembre 2009 dans le but de définir le travail à accomplir pour le premier trimestre de 2010. « À Doha, vous êtes également convenus de mettre le développement au cour du système commercial multilatéral. Mais le commerce en soi n'est pas une potion magique. Pour fonctionner, il doit reposer sur un ensemble solide de politiques intérieures qui permettent à ses avantages potentiels de se concrétiser. Les engagements que nous négocions ici doivent compléter et conforter ces politiques intérieures. Aujourd'hui plus que jamais, il est temps de renforcer le message selon lequel un commerce ouvert n'est pas un jeu à somme nulle », a encore déclaré Pascal Lamy pour qui « l'équilibre final doit être trouvé et devra être négocié durement ». Les ministres qui ont décidé de se retrouver en 2011 se sont aussi penchés sur la « contribution de l'OMC à la reprise, à la croissance et au développement », en mettant pour certains l'accent sur le renforcement de l'aide pour le commerce et des activités connexes, afin d'aider les pays en développement à procéder aux ajustements nécessaires face à la situation économique et à tirer parti des résultats du cycle de Doha. Plusieurs participants ont souligné que la prolifération des accords commerciaux, bilatéraux ou régionaux, était préoccupante pour le système commercial multilatéral et qu'il fallait faire attention à ce que les deux approches en matière de libéralisation du commerce continuent de se soutenir mutuellement, même si leurs vues divergeaient parfois quant aux manières d'y parvenir. Vers de nouveaux accords de partenariat économique ? En marge de la conférence de Genève qui a été la proie de manifestations violentes de la part d'altermondialistes et d'anti-OMC, les ministres de 22 pays en développement - Algérie, Chili, Corée du Nord, Corée du Sud, Cuba, Egypte, Inde, Iran, Indonésie, Malaisie, Mexico, les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), Maroc, Nigeria, Pakistan, Sri Lanka, Thaïlande, Vietnam et Zimbabwe -, ont ainsi conclu un accord de libéralisation de leur commerce et se sont engagés à réduire d'au moins 20 % leurs lignes tarifaires. Toutefois, l'Iran et l'Algérie bénéficient d'un traitement différencié en raison de leur processus d'adhésion à l'OMC. L'Union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) tentent de mettre en place de nouveaux accords de partenariat économique (APE) compatibles avec les règles de l'OMC. Ces accords doivent éliminer progressivement les obstacles au commerce et renforcer la coopération dans tous les domaines liés au commerce. Ils ont également pour objectif de fournir un cadre ouvert, transparent et prévisible pour libéraliser davantage les échanges de biens et services, renforcer les flux d'investissements et ainsi améliorer la compétitivité des pays ACP. Des accords intérimaires ont été paraphés avec un grand nombre de pays ou de régions à la fin de l'année 2007. Les pays ACP ont décidé eux-mêmes des regroupements régionaux en vue des négociations sur les APE. Ces groupes sont au nombre de six : quatre en Afrique, un dans le Pacifique et un dans les Caraïbes mais les négociations traînent, notamment en Afrique de l'Ouest même si certains pays comme la Côte d'Ivoire ont signé un accord de partenariat économique « d'étape », qui combine les avantages d'un accord commercial avec une aide au développement visant à accélérer la croissance et l'essor du pays signataire. | |||
| Marie Joannidis | |||
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