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| 30/03/2007 | |||
| Apprendre le maintien de la paix à Bamako | |||
| (MFI) Inaugurée le 26 mars 2007, l’Ecole de maintien de la paix (EMP) de Bamako, au Mali, accueillera une soixantaine d’officiers venus de tout le continent. C’est l’une des quatorze écoles nationales à vocation régionale (ENVR) existantes en Afrique. Son évolution vers davantage de multilatéral est emblématique de celle du concept Recamp, né il y a dix ans. | |||
| L’Ecole de maintien de la paix (EMP) de Bamako, au Mali, a été inaugurée le 26 mars 2007. Héritière de l’école de maintien de la paix de Zambakro en Côte d’Ivoire, fermée en septembre 2002, l’EMP a été basée de façon transitoire à Koulikoro (Mali). L’école est un établissement malien à vocation régionale, consacré à la formation de cadres militaires provenant en priorité, mais pas seulement, des pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Son transfert à Bamako lui permet de porter sa capacité d’accueil à 60 stagiaires, ce qui lui donne la possibilité d’accueillir des officiers venus de tous les pays du continent. En ce sens, l’évolution de l’EMP est emblématique de l’évolution plus général du concept Recamp. L’EMP est en effet l’une des quatorze écoles nationales à vocation régionale (ENVR) existantes sur le continent africain, ENVR qui constituent le volet formation de Recamp, le concept de Renforcement des capacités africaines pour le maintien de la paix. Initiés par la France en 1997, en réponse à la volonté africaine de se doter de capacités de gestion et de règlement des crises, Recamp et les ENVR ont aujourd’hui dix ans : l’âge de se remettre en question. Des instructeurs de diverses nationalités « L’école de Bamako occupe une place particulière, a indiqué Pierre-André Wiltzer, Haut Représentant pour la sécurité et la prévention des conflits lors d’une conférence de presse tenue le 21 mars à Paris, et illustre l’évolution du dispositif français sur le continent. Elle répond à trois principes qui sont ceux qui inspirent la mutation du concept Recamp : la coopération internationale pour sa réalisation, l’ouverture au partenariat multilatéral dans sa conception et son fonctionnement et le caractère global de l’enseignement délivré. » La construction de l’école, d’un coût de presque 8 millions d’euros, regroupe en effet neuf pays : outre le Mali et la France, ont contribué l’Allemagne, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, les Pays-Bas, le Royaume–Uni et la Suisse ; une coopération internationale qui se traduit également au sein de l’équipe enseignante, puisque les trois instructeurs permanents français ont été rejoints par trois autres : un Canadien, un Néerlandais et un Danois. Dans sa conception et son fonctionnement, l’EMP de Bamako illustre en outre la volonté de la France de l’inscrire dans un partenariat multilatéral : afin de soutenir de façon cohérente la nouvelle architecture de pais et de sécurité développée par l’Union africaine, une filière unique de formation au maintien de la paix en Afrique de l’Ouest a été conçue en concertation avec les Etats-Unis et la Royaume-Uni : l’EMP, qui dispense son enseignement en français et en anglais et accueille des officiers venus de tous les pays du continent, est complémentaire du centre international Kofi Annan d’Accra (Ghana) et du War college d’Abuja (Nigeria). Enfin, l’enseignement délivré par l’EMP de Bamako ne se limite pas au seul aspects militaires des opérations de maintien de la paix, il englobe aussi ses aspects civils et humanitaires. « Le public cible de l’EMP, a précisé le général Emmanuel Beth, directeur de la Coopération militaire et de défense au ministère des Affaires étrangères, ce sont les forces armées mais aussi les forces de sécurité. » L’une des prochaines ENVR créées sur le continent – il y en aura une vingtaine en 2010 – devrait être celle de Brazzaville (Congo), consacrée au génie et aux travaux : un choix qui devrait permettre aux militaires, en renforçant leurs capacités de bâtisseurs, d’apporter leur pierre au développement. | |||
| Ariane Poissonnier | |||
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