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| 27/04/2007 | |||
| Le 2è porte-avions français dans la campagne électorale | |||
| (MFI) Le porte-avions français Charles-de-Gaulle sera mis en cale sèche pour une longue révision cet été. Une situation qui relance le débat sur l’opportunité de construire un second bâtiment de ce type. Avec quel financement ? Quel partenaire ? Tout le monde s’accorde sur le besoin opérationnel d’un second porte-avion mais des divergences apparaissent sur la priorité à accorder à sa fabrication. Des impératifs dans le calendrier de sa construction risquent pourtant de précipiter la décision. | |||
| Sur les questions de défense, c'est le projet de construction d'un second porte-avions qui a le plus fait débat au cours de la campagne électorale en France. Mais ce n'est pas tant la nécessité de disposer d'un second bâtiment qui pose vraiment problème : en juin ou juillet prochain, l'unique porte-avions français Charles-de-Gaulle cessera d’être opérationnel pour grand entretien pendant dix-huit mois. Le bâtiment sera inutilisable puisque sa chaufferie nucléaire sera déposée. La France, puissance disposant d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, devra s'en remettre durant cette période aux porte-avions d’autres pays en cas de grave menace, ou aux gros tonnages de sa flotte, à savoir les tout nouveaux Bâtiments de projection et de commandement (BPC), au nombre de deux, qui ont toujours une unité disponible en mer. A ceci près que ces BPC ne mettent en oeuvre, sur le plan aérien, que des hélicoptères, ce qui stratégiquement et tactiquement change tout. Placer un porte-avions avec son groupe aéronaval dans une coalition, c'est un acte militaire, et donc politique, autrement plus fort. Un porte-avions européen ? La plupart des candidats au premier tour de l’élection présidentielle avaient admis le « besoin opérationnel » d'un second porte-avions, même si un débat a surgi quant au financement de ce programme, évalué entre deux et trois milliards d'euros. Fallait-il le placer en priorité ou reculer encore la décision au risque de dépasser la date impérative de 2015, année au cours de laquelle le Charles-de-Gaulle sera à nouveau indisponible durant une longue période ? Autre sujet de discussion : faut-il le construire seul - indépendance et souveraineté oblige - ou en coopération avec les Britanniques comme il en est question depuis plusieurs années ? L’autre option étant de se contenter d'un « tourniquet » européen en synergie avec la Royal Navy et dans une moindre mesure avec les marines espagnole et italienne pour disposer au moins d'un porte-avions européen à la mer ? Les Américains imposent le calendrier Pour l'heure, la solution de partage industriel avec la Grande-Bretagne tient la corde. Le dossier a d'ailleurs progressé ces derniers mois : l'accord a été trouvé sur le format et le design. L'essentiel des discussions porte maintenant sur les conditions financières exigées par les industriels pour la construction coordonnée de ces trois porte-avions, deux britanniques et un français. Avec la particularité que ce dernier, conformément à la tradition française en la matière, sera équipé de catapultes qui elles-mêmes sont de fabrication américaine. Et c'est là que le calendrier s'en mêle et rend l'horizon plus flou : pour être livrées en temps utile, de sorte que le bâtiment soit bien disponible en 2015, les catapultes doivent être commandées et prépayées au plus tard fin avril. Ce geste, s'il est effectué par le gouvernement français sortant, sera-t-il interprété comme une prise de décision « au finish » rendant inéluctable la réalisation du projet mais liant les mains du nouveau pouvoir ? Et en Grande-Bretagne, en admettant que l'accord intervienne avec les industriels, le projet passera-t-il sans encombre l'obstacle d'un débat à la Chambre des communes qui n'est pas prévu avant le mois de juin alors que le gouvernement britannique doit également être remanié avant l’été ? Le futur président français risque donc d’être engagé sur un projet majeur par son prédécesseur en fin de mandat. | |||
| Philippe Leymarie | |||
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