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| 10/02/2008 | |||
| IVème conférence des ministres francophones de la Justice Collecter, gérer, diffuser : le défi de la documentation juridique | |||
| (MFI) Cette fois-ci, sera-ce enfin la bonne ? Malgré les efforts fournis depuis de longues années par la Francophonie, les résultats espérés en matière de collecte, gestion et diffusion des droits nationaux n’ont pas été à la hauteur des moyens mobilisés. Face à ce constat, les responsables des structures nationales en charge de ce travail viennent de décider, en concertation avec l’OIF, la création du Réseau francophone de diffusion du droit (RF2D). Objectif : donner l’impulsion décisive à un secteur dont tous s’accordent pourtant à reconnaître l’importance. | |||
| La résolution adoptée par le Sommet de Dakar (mai 1989) et consacrée à la coopération juridique et judiciaire plaçait la formation des magistrats et du personnel judiciaire en première priorité. Sur la deuxième marche du podium, « l’information et la documentation juridique et judiciaire doivent être reconnues comme une autre priorité de cette coopération », soulignaient les chefs d’Etat et de gouvernement. Quelques mois auparavant, en janvier, à Paris, la Conférence des ministres de la Justice sur la coopération juridique et judiciaire (la deuxième du genre) avait indiqué qu’il fallait relever plusieurs défis, dont « celui de la mise à la disposition, pour tous les pays membres, d’informations juridiques et judiciaires ainsi que de moyens simples et efficaces pour les diffuser et les utiliser ». Ces préoccupations ont été réaffirmées par la 3è Conférence ministérielle sur le sujet, celle du Caire, en 1995. La Déclaration de Bamako (2000) et son programme d’action (2002) ont également réaffirmé l’importance de la gestion et de la diffusion du droit national, en recommandant que la collecte, la mise à jour et la diffusion des constitutions et des textes d’organisation des pouvoirs publics des pays francophones, ainsi que des textes encadrant la vie démocratique, soient poursuivies. Une dizaine de pays impliqués Pourtant, malgré cette volonté affichée et diverses actions comme, par exemple, le programme COGEDI – lancé en 1993 pour soutenir les Etats dans l’organisation de la collecte et la gestion fiable de leurs droits nationaux en vue de faciliter leur diffusion –, les résultats de l’action de la Francophonie en la matière n’ont pas été à la hauteur des espérances. Au plan de l’appropriation du processus par les pays eux-mêmes, notamment. Parmi les premiers à avoir créé une structure nationale adéquate et à l’avoir dotée de moyens, on peut citer la Côte d’Ivoire, le Tchad, Madagascar et la Guinée. « Aujourd’hui, souligne Amadou Diallo, chargé de projet à la Délégation à la paix, à la démocratie et aux droits de l’Homme (DDHDP), une dizaine de pays sont dans une logique d’action en la matière. » Aux quatre précités, on peut notamment ajouter le Burkina, le Niger, le Cameroun, le Congo et la République démocratique du Congo. S’appuyant sur le développement des technologies de l’information et de la communication pour renforcer le dispositif existant, la Francophonie a mis en place, d’une part, le projet « Diffusion du droit », qui s’est notamment traduit par la création en 2003 du site portail www.droit.francophonie.org et, d’autre part, le Système d’information de l’Observatoire des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés, qui s’attache à organiser la collecte et l’analyse de l’information par les différents membres du Réseau d’information et de concertation. Le site portail “Droit Francophone” offre ainsi un lieu unique d’accès rassemblant les hyperliens avec l’ensemble des ressources juridiques pertinentes en ligne. Il réunit l’ensemble des données collectées et gérées directement par l’OIF et offre aussi un accès immédiat à l’ensemble des données juridiques gérées par des opérateurs nationaux, ainsi que par les réseaux appuyés ou créés à l’initiative de la Francophonie. C’est le moyen le plus adapté pour donner aux membres l’accès effectif à leur droit et au droit des autres États. En 2004, la Francophonie a également mis en ligne le site de l’Observatoire (www.democratie.francophonie.org), dont l’objectif est, notamment, de mettre à disposition une information fiable, actualisée et ciblée sur la démocratie, les droits et les libertés dans l’espace francophone, par le développement des banques de données. L’heure de la mobilisation générale Mais l’un comme l’autre site ne pourront remplir pleinement leur mission qu’avec la participation effective des pays membres. C’est dans ce sens qu’en décembre 2007, s’inspirant des réseaux institutionnels francophones, les responsables des structures nationales de gestion et de diffusion du droit ont décidé de créer un cadre de concertation et d’échange : le Réseau francophone de diffusion du droit (RF2D). Il est présidé par le directeur du Centre national de documentation juridique de la Côte d’Ivoire, monsieur Brou Kouakou, et son siège provisoire est à Paris. Elément essentiel pour le fonctionnement des structures de diffusion du droit et pour l’alimentation régulière et systématique du site portail de la DDHDP, ce réseau élabore actuellement son plan d’action, qui devrait s’inscrire dans la logique d’une mobilisation générale en faveur de la gestion et de la diffusion du droit, à commencer par celle des décideurs politiques. Les sites créés à l’initiative ou avec le concours de l’OIF * Site de l’Observatoire des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés : http://www.democratie.francophonie.org Site portail “Droit Francophone” : http://www.droit.francophonie.org Banque de données juridiques du Burkina (Burkina Faso) : http://www.legiburkina.bf Centre d’étude et de formation pour le développement (Tchad) : http://www.cefod.org Centre national de documentation juridique (Côte d’Ivoire) : http://www.cndj.ci.refer.org Maison du droit vietnamo-française (Vietnam) : http://www.maisondudroit.org * Cette liste n’est pas exhaustive ; voir aussi l’article précédent, consacré aux réseaux francophones. | |||
| Ariane Poissonnier | |||
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