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| 24/06/2008 | |||
| Centenaire de la naissance de Salvador Allende L’ex-président chilien attise toujours les passions | |||
| (MFI) Elu en 1970 à la présidence de la République chilienne, Salvador Allende fut l’un des hommes politiques clefs de l’Amérique latine, avant d'être renversé, trois ans plus tard, par un coup d'Etat militaire. A l’occasion du centenaire de sa naissance – le 26 juin 1908 à Valparaiso, port bohème et populaire de la région centrale du Chili –, Patricio Arenas, écrivain chilien, revient sur l’héritage politique laissé par l’ancien président socialiste. | |||
| Le 11 septembre 1973, l'armée chilienne, dirigée par le général Augusto Pinochet, assiège la Moneda, le palais présidentiel. Après trois ans à la tête du Chili, Salvador Allende, sous les bombardements des avions militaires, se suicide. « Vive le Chili, vive le peuple, vive les travailleurs, lance-t-il dans un dernier appel radio. J’ai la certitude que ce sacrifice ne sera pas vain. J’ai la certitude qu’il sera, au moins, une leçon morale qui punira la félonie, la lâcheté et la trahison. » « Salvador Allende est devenu une icône universelle, aussi bien en Amérique latine que dans le reste du monde, s’exclame Patricio Arenas, exilé chilien qui vit en France depuis plus de trente ans. Mais il demeure une figure controversée dans son pays natal. » Son décès prématuré, avant la fin de son mandat présidentiel, reste, pour de nombreux Chiliens, une plaie ouverte. Pour d’autres, il représente une victoire sur le marxisme. « Allende est un personnage historique, souligne Patricio Arenas, co-auteur d’un livre intitulé Salvador Allende : un monde possible*. Il proposait de construire le socialisme par la voie démocratique et prit la tête du Chili par les urnes. Mais les Etats-Unis étaient farouchement opposés à sa politique. » En effet, l’oncle Sam apprécie peu, en cette époque de pleine guerre froide, les réformes du gouvernement d’Allende – en particulier les nationalisations des entreprises minières. Il tente, à maintes reprises, de déstabiliser le gouvernement chilien, en finançant, par exemple, des grèves de camionneurs afin de paralyser les transports internes du pays. Le président socialiste tient bon, jusqu’à ce qu’Augusto Pinochet, alors général en chef des armées chiliennes, le trahisse. C’est le début d’une répression terrible, marquée par de multiples violations des droits de l’Homme et au cours de laquelle plus de 3 000 Chiliens disparaîtront – selon le rapport de la Commission nationale Vérité et Réconciliation, publié en 1991 après le retour à la démocratie. « Il est primordial de se souvenir de cet homme qui prônait plus de justice sociale » Au moment du renversement de l’Unité Populaire – alliance des partis de gauche dirigée par Allende –, Patricio Arenas étudiait dans le sud du Chili et faisait partie du groupe des jeunes communistes chiliens. « Après le coup d’Etat, j’ai lutté pendant cinq ans contre la dictature, dans la clandestinité, explique-t-il. Je suis ensuite venu en France, où j’ai continué à militer contre le régime de Pinochet. » Pour lui, la mémoire d’Allende est vive : « Il nous a transmis un héritage fort. Cet héritage n’est pas un souvenir romantique. C’est une ouverture démocratique, une base sur laquelle on peut s’appuyer pour construire l’avenir. » Une grande exposition culturelle sera organisée dans le palais présidentiel chilien, à la fin du mois de juin 2008, pour commémorer le centenaire de la naissance d’Allende. « Il est primordial de se souvenir de cet homme qui prônait plus de justice sociale pour son pays, affirme Patricio Arenas. Car aujourd’hui, malgré la montée des revendications, notamment de la part des professeurs et des étudiants, il y a, au Chili, une influence idéologique et une autocensure forte qui empêchent de faire avancer les choses. » *Salvador Allende : un monde possible, par Patricio Arenas, Rosa Gutierrez et Oscar Vallespir aux éditions Syllepse, prix 20€. | |||
| Martin Courcier | |||
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