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29/07/2008
Union européenne/Afrique du Sud
Des convergences réelles malgré les divergences politiques


(MFI) Le premier Sommet formel entre l’Union européenne, actuellement présidée par le chef d’Etat français Nicolas Sarkozy, et l’Afrique du Sud, dirigée par Thabo Mbeki, organisé le 25 juillet 2008 à Bordeaux, s’est soldé par de multiples convergences sur de nombreux sujets planétaires comme les changements climatiques ou les migrations mais aussi des divergences d’approche politique sur des conflits africains comme le Zimbabwe ou le Darfour au Soudan.

La déclaration conjointe insiste sur le partenariat stratégique établi depuis mai 2007 entre l’UE et l’Afrique du Sud, qui porte la double casquette de grand pays émergent invité du G8 au même titre que la Chine, l’Inde ou le Brésil et de principale puissance politique et économique de l’Afrique subsaharienne. « Ce partenariat (stratégique) reflète les valeurs et les intérêts communs de l’Afrique du Sud et de l’UE et constitue un instrument pour mettre en oeuvre conjointement leur volonté commune de promouvoir la liberté, la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde, et en particulier en Afrique », souligne la déclaration. Elle précise que les présidents sont convenus de renforcer leur coordination et leur coopération dans les domaines de la paix et de la sécurité, en tenant des réunions régulières entre le Comité politique et de sécurité de l’UE et l’Afrique du Sud.
Le Sommet lui-même, qui a été précédé de réunions ministérielles (Affaires étrangères et environnement), s’est articulé autour de trois thèmes : gouvernance mondiale (environnement et changement climatique, migration, sécurité alimentaire), économie (stratégie conjointe Union européenne-Afrique, accord de partenariat économique Union européenne-SADC, rôle du secteur privé en Afrique) et enfin actualité internationale (crises africaines, Moyen-Orient).



Le rôle panafricain du pays de Mandela

Si le président Mbeki s’est vu conforté dans son rôle de médiateur concernant le Zimbabwe et si les Sud-Africains ont réussi à faire remplacer le mot de sanctions par celui de « mesures » à envisager en cas d’échec, les points de vue restent en fait éloignés entre les Européens qui voudraient des actions plus énergiques et l’Afrique du Sud qui partage l’aversion des Africains contre les ingérences étrangères et la notion de sanction. De même, pour le Darfour, toutes les parties ont souligné leur attachement à un processus politique. Mais si les Européens ont réussi à mentionner dans le texte la Cour pénale internationale, dont le procureur général a décidé de lancer un mandat contre le président soudanais Omar El Béchir pour crimes contre l’humanité, la déclaration dit tout simplement qu’il importe de mettre fin à l’impunité au Darfour.
On souligne toutefois du côté français que l’Afrique du Sud joue un rôle important dans la gestion des crises sur le continent et dans les décisions au sein de l’Union africaine (UA), comme en témoigne l’implication de la diplomatie sud-africaine sur plusieurs dossiers délicats du continent (RDC, Burundi, Zimbabwe). On rappelle également que l’Union européenne s’est déclarée prête à continuer à apporter son soutien à tout effort de médiation au Zimbabwe permettant d’aboutir à la mise en place d’un gouvernement de transition et à la tenue dans les meilleurs délais d’élections libres, pluralistes et transparentes. Ce rôle panafricain est conforté par l’entrée de l’Afrique du Sud le 1er janvier 2007 au Conseil de sécurité de l’Onu comme membre non permanent pour une durée de deux ans.
Le partenariat stratégique et un plan d’action, adoptés conjointement en mai 2007, constituent le cadre de référence des relations entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud ; le président Nicolas Sarkozy a souligné, à la fin du sommet de Bordeaux, au cours d’une conférence de presse, les « convergences importantes sur la plupart des grands enjeux », citant la lutte contre le changement climatique pour préserver les équilibres de la planète et le problème de l’immigration que connaît Prétoria et qui est chargée du dossier au sein de l’Union africaine.
Concernant le Zimbabwe, le Président français a précisé qu’il y avait un accord pour soutenir la « médiation courageuse » de Thabo Mbeki tout en ne cachant pas « l’horreur qu’ont suscitée les images de violences à la suite des élections du premier tour du mois de mars dernier » « Il y a une grande vigilance européenne même sil y a un grand soutien de l’Europe à l’endroit de la médiation conduite par le président Mbeki », a-t-il dit.
Quant au Commissaire européen José Manuel Barroso, il a mis l’accent sur la reconnaissance par l’UE que l’Afrique du Sud est un « acteur clé en Afrique mais aussi sur la scène globale, sur les questions liées au changement climatique, le commerce, la politique étrangère ».


Machines et véhicules contre diamants, charbon, platine et or

Entre 2000 et 2007, les exportations de biens des 27 membres de l’UE vers l’Afrique du Sud ont augmenté de 11,8 milliards d’euros à 20,5 milliards, alors que les importations sont passées de 14,7 milliards à 20,9 milliards. En 2007, l’Afrique du Sud a été le douzième plus important partenaire commercial de l’UE à 27, l’Allemagne et la Grande-Bretagne étant ses principaux partenaires. Les excédents commerciaux les plus importants avec l’Afrique du Sud ont été enregistrés en Allemagne (+3,5 milliards d’euros) et en France (+0,7 milliards) et les déficits les plus marqués en Grande Bretagne et en Italie. Plus de la moitié des exportations de l’UE ont concerné des machines et des véhicules ainsi que d’autres produits manufacturés tandis que les principales importations ont concerné des diamants, du charbon, du platine et de l’or.

Marie Joannidis

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