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01/12/2009
Une lutte accrue contre la piraterie en Afrique

(MFI) L'attaque récente de pirates contre un navire pétrolier au large du Bénin, après la multiplication d'actions de ce genre au large de la Somalie, dans l'océan Indien et jusqu'aux Seychelles, illustre une fois de plus la fragilité de certains Etats africains à contrôler leurs côtes et à combattre toute forme de criminalité.

Car si les pirates somaliens, avec leurs actions de plus en plus audacieuses, ont défrayé la chronique, des incidents similaires se multiplient dans le Golfe de Guinée, en Afrique de l'Ouest, où sévit déjà un important trafic de drogue. Le bateau attaqué au large du Bénin, dont le port d'attache est Monrovia, capitale du Liberia, provenait du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, théâtre de nombreuses attaques contre les zones pétrolières. Un des pirates capturé a d'ailleurs affirmé qu'il était nigérian - comme le reste des attaquants qui ont réussi à s'enfuir.

Des chiffres toujours inquiétants concernant ce fléau

Selon le Bureau maritime international (BMI), les attaques au large des côtes ouest-africaines sont en hausse, avec plus de 100 cas en 2008. Les pirates de cette région s'en prennent à des navires non loin des côtes, contrairement aux pirates somaliens qui attaquent des bateaux plus au large. Le Nigeria, malgré ses richesses pétrolières, a une marine sous équipée, tout comme le Cameroun et l'Angola, en Afrique centrale, dont les côtes sont aussi la proie de piraterie.

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) aident les pays d'Afrique de l'Ouest à mieux protéger leurs côtes et leurs eaux territoriales mais le Bureau des Nations unies sur les drogues et la criminalité (UNODC) estime qu'il faut renforcer la « légitimité des gouvernements », « lutter contre la corruption » et remédier à une pauvreté endémique pour gagner ce combat. Ce point de vue est partagé par le secrétaire-général de l'Onu, Ban ki-Moon qui, dans un récent rapport, préconise de lutter contre la corruption et de renforcer la sécurité portuaire en Somalie pour mieux combattre le fléau de la piraterie au large des côtes de ce pays.

L'Organisation maritime internationale (OMI) a enregistré des chiffres toujours inquiétants concernant ce fléau : 8 navires et 178 marins ayant été retenus en otage depuis septembre, précise M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité en novembre 2009. Le lieu des attaques s'est déplacé du golfe d'Aden vers la partie ouest de l'océan Indien et jusqu'aux Seychelles. Les pirates s'attaquent désormais en priorité aux navires de petite taille en raison des opérations maritimes des Etats-membres.

Interpol a lancé un appel aux pays-membres africains

Ban ki-Moon rappelle que l'Onu et de nombreux partenaires se sont engagés à lutter contre la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes, les Nations unies misant sur leur capacité à coordonner les efforts entre les différentes organisations internationales avec l'appui de l'OMI.

Le secrétaire-général a aussi salué le rôle de l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) qui mène des investigations sur les financements des activités de piraterie. Au cours de sa conférence régionale africaine, l'été dernier, Interpol a lancé un appel aux pays-membres africains en vue d'accroître la sécurité et l'efficacité de l'action policière sur tout le continent et au-delà, grâce à la coopération entre les polices de la région et à des partenariats stratégiques internationaux.

La réunion a été centrée sur le développement des moyens dont dispose la police, au niveau national comme régional, par l'augmentation de ses capacités d'enquête et de ses ressources en vue d'améliorer les opérations transfrontalières. Le trafic de drogues, la piraterie maritime, les faux médicaments et le programme Oasis (Operational Assistance, Services and Infrastructure Support - Assistance opérationnelle, services et soutien en matière d'infrastructure) ont été en tête de l'ordre du jour.

La réunion a été centrée sur le développement des moyens dont dispose la police, au niveau national comme régional, par l'augmentation de ses capacités d'enquête et de ses ressources en vue d'améliorer les opérations transfrontalières. Le trafic de drogues, la piraterie maritime, les faux médicaments et le programme Oasis (Operational Assistance, Services and Infrastructure Support - Assistance opérationnelle, services et soutien en matière d'infrastructure) ont été en tête de l'ordre du jour.

Dans ce contexte, le bureau régional d'Interpol à Nairobi coordonne, sur le plan criminel, l'action contre la piraterie maritime dans la Corne de l'Afrique. De plus, l'organisation a décidé d'établir un fichier pour lutter contre la piraterie sur les côtes somaliennes qui sera accessible aux 187 pays-membres. Il va contenir des empreintes digitales, des photographies ainsi que des identités ADN des pirates arrêtés.

Cette lutte mobilise d'importants moyens financiers et logistiques de la part de nombreux pays comme les Etats-Unis, et les membres de l'UE qui ont signé des accords pour que les pirates capturés soient jugés au Kenya voisin. Des pays comme la Russie et l'Inde ont également envoyé dans la région des navires patrouilleurs.

Poursuivre les pirates devant leurs tribunaux

Dans son rapport, Ban ki-Moon souhaite que la présence maritime militaire internationale aux larges des côtes somaliennes persiste en efforts et en intensité pour faire face à la sophistication des moyens et des attaques des pirates. Il a également remercié les forces navales de l'Otan et de l'UE qui sécurisent les convois humanitaires du Programme alimentaire mondial (PAM). Ces opérations ont permis une réduction importante des actes de piraterie dans le golfe d'Aden, a-t-il ajouté.

Le secrétaire-général a notamment demandé aux autorités somaliennes de poursuivre les pirates devant leurs tribunaux et de maintenir un embargo sur les armes. Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'Onu a renouvelé son soutien au Processus de paix de Djibouti qui définit un cadre en vue d'une solution politique durable en Somalie. Il a fermement condamné l'intensification récente des combats et les pertes de vies humaines et renouvelé son appui permanent et sans réserve au gouvernement fédéral de transition et à ses efforts en vue de parvenir à la paix ainsi qu'à l'action de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Il a enfin insisté sur l'importance de l'aide internationale dans la formation et l'équipement des forces somaliennes, en étroite coordination avec l'Amisom. Les actes de piraterie répétés et spectaculaires sur les côtes de Somalie ont amené le Conseil de sécurité à se réunir quatre fois au cours du second trimestre de 2008, dans le but d'entreprendre de contrôler la menace qui pèse sur le trafic commercial dans une des voies maritimes les plus importantes du monde.

Marie Joannidis

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