| |||
| 14/04/2006 | |||
| Chronique Santé | |||
| Anémie : pas de supplémentation systématique (MFI) La pratique qui consiste à supplémenter systématiquement en fer et en acide folique les enfants vivant en zone d’endémie palustre, à cause du risque d’anémie, serait dangereuse. Pour l’équipe de Robert Black (université John Hopkins, Baltimore, Etats-Unis), cette supplémentation augmenterait le risque de décès particulièrement chez les enfants non anémiés. C’est l’OMS qui recommande cette pratique chez tous les enfants de moins de deux ans dans les pays où l’anémie est très fréquente. Mais selon les travaux réalisés auprès de 24 000 enfants de 1 mois à 4 ans à Zanzibar, le risque de développer une maladie grave voire mortelle a été accru de 12 % chez les enfants supplémentés par rapport aux autres. Ce résultat a fait stopper net l’essai. Pour Robert Black, seuls les enfants souffrant réellement d’anémie par manque de fer tireraient bénéfice du traitement. Il appelle à réviser d’urgence les recommandations internationales. Plante marocaine anti-douleur (MFI) Les opiacés, et notamment la morphine, constituent le traitement des douleurs sévères. Mais de 5 à 15 % des patients ne sont pas soulagés par ces molécules. Pour ces malades, un extrait d’une plante marocaine représente un espoir. Cette substance, la résinifératoxine ou RTX, vient d’être testée avec succès chez des chiens atteints de cancers. La RTX agit en détruisant les cellules nerveuses qui transmettent la douleur provoquée par la tumeur. Injectée à des chiens atteints d’un cancer des os et rendus grabataires, la RTX leur a permis de marcher à nouveau, en supprimant la douleur. L’Institut national de Santé américain qui conduit les tests, espère démarrer des essais sur l’homme dès l’été prochain. La RTX a été classée « médicament orphelin » car il s’adressera à une partie restreinte de la population ; ce statut permet de faciliter la recherche. Magnétothérapie : prudence (MFI) Vendus sur Internet ou par correspondance, les bracelets magnétiques ou autres bandages aimantés seraient inefficaces selon une étude américaine. Les Prs Leonard Finegold et Bruce Flamm (université Drexel, Philadelphie) contestent toutes les études réalisées sur la magnétothérapie. En plus de coûter cher, ces produits retardent trop souvent le recours à un traitement efficace, le malade pensant se soigner correctement ainsi. Ils risquent par conséquent, affirment les deux experts, de voir leurs problèmes s’aggraver. Grippe aviaire : ne pas surestimer les antiviraux (MFI) Des chercheurs mettent en garde dans la revue médicale britannique The Lancet contre la tentation de faire reposer l’essentiel du dispositif anti-grippe sur les antiviraux comme le Tamiflu ou le Relenza. « Trop se fier à une solution pharmacologique pourrait entraver la mise en œuvre de plus larges stratégies fondées sur des mesures de santé publique », écrivent-ils. Ces médicaments peuvent jouer un rôle face aux symptômes et aux complications déclenchées par la grippe banale à condition d’être pris au plus tard 48 heures après les premiers signes. En cas de grippe aviaire, poursuivent-ils, l’efficacité du Tamiflu et du Relenza reste à démontrer. D’où la nécessité en cas de pandémie, concluent-ils, de prévoir d’autres mesures. Le gène qui contre la tuberculose (MFI) Des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS viennent d’identifier un gène qui expliquerait pourquoi des personnes infectées par la bactérie Mycobacterium tuberculosis ne développent pas la tuberculose. En effet, bien que 2 milliards d’individus soient infectés, seuls 10 % auront les signes cliniques de la maladie. Menée en Afrique du Sud, ces recherches ont mis en évidence le gène DC-SIGN qui épargnerait aux personnes infectées de développer la tuberculose. A partir de cette découverte, les chercheurs espèrent pouvoir un jour déboucher sur une amélioration des traitements contre la tuberculose qui tue chaque année 2 millions de personnes. Dépression et risque de cancer… (MFI) L’idée resurgit régulièrement. Pourtant, dépression et fatigue n’auraient rien à voir avec un risque accru de développer un cancer, à en croire les travaux d’une chercheuse danoise. Lasse d’entendre ses patients l’affirmer ou l’interroger à ce sujet, le Dr Corinna Bergelt (Société danoise du Cancer) a pris le taureau par les cornes et interrogé 8 500 personnes âgées de 21 à 94 ans. Publiée dans la très officielle revue scientifique Cancer, son étude ne permet pas d’accréditer l’idée selon laquelle dépression, fatigue et cancer seraient liés. A l’inverse, il est vrai que le cancer peut être à l’origine de fatigue et même de dépression… Claire Viognier Encadré : Vrai ou Faux ? Alzheimer : le sport peut-il avoir un effet protecteur ? (MFI) Vrai. Selon les Annales de Médecine interne, l’activité physique régulière pourrait diminuer le risque d’Alzheimer. Et chez les malades atteints des premiers signes de cette maladie dégénérative, elle en ralentirait la progression. L’étude a été menée aux Etats-Unis pendant 6 ans auprès de 1 750 personnes de plus de 65 ans. Parmi celles qui s’adonnaient plus de 3 fois par semaine à une activité physique, le taux de démence a été de 13 cas pour 1 000 sujets. Chez ceux qui se bougeaient moins de 3 fois par semaine, il s’est élevé à 19 cas. Une différence de 40 % qui justifie, selon les gérontologues, d’encourager les personnes âgées à avoir une activité physique régulière, même si elle est modérée. C. V. | |||
|