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| 22/12/2006 | |||
| Chronique Santé | |||
| Sida : des caroténoïdes à tous les repas (MFI) Manger mal ou pas assez rend plus fragile face à toutes les maladies. Le système immunitaire a besoin, en particulier, de micronutriments (vitamines, minéraux, oligoéléments, antioxydants). Parmi eux : les caroténoïdes – dont les scientifiques savent qu’ils sont très antioxydants et nécessaires à l’immunité – viennent de prouver qu’ils augmentent la durée de vie de malades du sida. Des chercheurs canadiens ont réalisé une étude visant à apprécier l’effet des caroténoïdes sur le taux de mortalité global des malades à un stade avancé (charge virale moyenne de 46 000, compte des CD4 moyen inférieur à 67). Tous les participants ont reçu une multivitamine et un supplément minéral pendant deux ans. Certains d’entre eux ont, de plus, reçu soit un placebo, soit des caroténoïdes mixtes équivalant à 120 000 UI (72 mg) de béta-carotène par jour. Résultat : chez les participants n’ayant pas reçu de caroténoïdes, le risque de décès était trois fois plus élevé que chez les participants ayant reçu des caroténoïdes. De plus, les bienfaits de la supplémentation ont duré au moins 18 mois. Ces caroténoïdes, précurseurs de la vitamine A (essentielle pour protéger l’immunité et la santé des muqueuses), devraient normalement être présents à chaque repas dans notre assiette. On les trouve dans nombre de légumes et de fruits colorés, et en grande quantité dans les algues, les mangues, la papaye, la patate douce, les carottes et les courges, le poivron rouge, le chou rouge, les légumes à feuilles vert foncé, les bananes mûres, le gombo, etc. On n’arrête pas le progrès… du diabète (MFI) Le diabète de type 2, que l’on nommait naguère « de la maturité » puisqu’il survenait à la cinquantaine, frappe maintenant des enfants dès l’âge de… 8 ans, et cela aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud. Les adolescents sont, eux, touchés depuis longtemps : au Japon, le diabète 2 représente 14% de tous les cas de diabète, tandis qu’aux Etats-Unis près de 1 adolescent diabétique sur 2 souffre déjà de cette forme de la maladie, facilement évitable par un mode de vie sain. Des experts parlent du « syndrome de nintendo-nisation », à propos de tous ces enfants qui passent plus de temps devant la télé ou un ordinateur que dans un gymnase ou dans la nature. Et, tandis que de plus en plus de médecins appellent les nombreux pré-diabétiques (41 millions aux Etats-Unis) à bouger et augmenter fortement leur consommation de légumes, les laboratoires et leurs conseillers en stratégie vivent dans l’excitation : le marché des « anti-diabétiques » explose. « Les perspectives sont gigantesques, le marché du diabète est un puits sans fond », a déclaré l’un d’eux. Un vrai « médicament » universel (MFI) Les « maladies de l’eau » sont nombreuses et répandues dans les pays pauvres. Mais sait-on bien que des maladies qui faisaient des ravages il y a un siècle et demi dans les pays du Nord ont été vaincues grâce à l’eau potable et l’assainissement ? A Washington, aux Etats-Unis, le taux de mortalité infantile était alors deux fois plus élevé que celui de l’Afrique sub-saharienne aujourd’hui. Les maladies transmises par l’eau – diarrhée, dysenterie, typhoïde – causaient 1 décès sur 10 dans les villes américaines, les enfants en étant les premières victimes. Les villes surpeuplées étaient « des égouts mortels à ciel ouvert et les épidémies de typhoïde et de choléra décimaient régulièrement des villes comme la Nouvelle-Orléans et New York ». Mêmes ravages en Europe. Nombre de pauvres Londoniens, qui buvaient les eaux souillées de la Tamise, n’ont pas survécu à la canicule de 1858. A la fin du XIXe siècle, des investissements massifs ont été consentis pour purifier les eaux et créer des égouts. Résultat : une chute spectaculaire de la mortalité due à ces maladies. Le dernier rapport du Pnud conclut qu’il « est urgent que l’histoire se répète – dans les pays en développement cette fois. » Double danger pour les fritures (MFI) Il ne faut pas abuser des aliments frits : les huiles trop chauffées aussi bien que les aliments saisis de cette manière contiennent diverses molécules cancérigènes. En manger régulièrement, surtout si on manque d’aliments « protecteurs » (légumes en abondance et fruits frais) peut être très dangereux. Le Centre international de recherche sur le cancer (IARC) de Lyon, dépendant de l’OMS, vient d’annoncer que la fumée dégagée par les fritures à hautes températures est, elle aussi, « probablement cancérogène pour l’homme ». Et cela, indépendamment de la méthode de friture ou du type d’huile utilisé. Les accras et autres beignets devraient donc être réservés aux jours de fête. Les helminthiases : des millions d’enfants à traiter (MFI) Les helminthiases sont des maladies provoquées par des helminthes, c’est-à-dire des vers. Très répandues en Afrique sud-saharienne, elles sont lourdes de conséquences. L’anémie, par exemple, provoquée par des vers qui infestent l’intestin, se fixent sur sa muqueuse et se nourrissent du sang de l’enfant ou de l’adulte. La carence en vitamine A, puisque les vers détournent à leur profit la vitamine A contenue dans la nourriture. La perte d’appétit, la diarrhée, les retards de croissance, la fatigue, le manque de concentration avec difficulté d’apprentissage, sont quelques-uns des effets, graves, provoqués par une infestation. En Afrique, les quatre maladies les plus fréquentes dues aux helminthes sont l’onchocercose (ou cécité des rivières), la filariose lymphatique (qui peut entraîner l’éléphantiasis), les géohelminthiases (ascaridiase, trichocéphalose, ankylostomiase), et la schistosomiase (ou bilharziose). Les œufs de certains vers peuvent aussi se déposer dans la vessie ou la zone génitale. La santé d’un enfant infesté peut être gravement compromise. La recherche s’intéresse d’ailleurs de plus en plus aux liens entre les helminthiases et d’autres maladies graves, y compris le sida. Dans le monde, plus de 1 milliard de personnes sont touchées par les helminthiases, contractées le plus souvent à partir de l’eau, des sols, des légumes souillés. Or, il existe des médicaments efficaces et peu chers permettant de les traiter. L’OMS vient de publier un ouvrage très attendu par les praticiens, proposant une stratégie et des traitements associés pour traiter préventivement plusieurs de ces maladies. Pour le moment, Preventive Chemotherapy in Human Helminthiasis existe uniquement en anglais. Bien sûr, des plantes ont aussi des effets prouvés contre des vers, mais les traitements sont beaucoup plus longs. | |||
| Henriette Sarraseca | |||
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