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05/06/2007
Plantes : ces africaines devenues stars en Occident

(MFI) Quelle magnifique revanche pour la riche pharmacopée du continent africain, longtemps ignorée des soi-disant « savants » ! Une pharmacopée constamment menacée de pillage par les « chasseurs de brevets » des grandes firmes – tout en étant boudée ou décriée par des officiels de la santé qui ignorent à peu près tout de ses immenses possibilités…

Les Occidentaux ne manquent pas chez eux de plantes très bénéfiques pour leur santé. Mais, coupés de leur médecine traditionnelle, qu’ils ont presque oubliée, ils utilisent volontiers des plantes venues d’ailleurs. Depuis une quinzaine d’années, la demande et l’usage croissants de médecines « douces », « complémentaires » ou « alternatives » font que d’innombrables laboratoires proposant des produits naturels en Amérique du Nord et en Europe ont inclus dans leur catalogue des plantes d’Afrique – que l’on peut d’ailleurs souvent se procurer aussi en pharmacie. Quelques-unes sont devenues incontournables.

L’harpagophytum, pour des articulations bien huilées

Son nom commun, « griffe du diable », vient de la forme de son fruit qui est muni de longs crochets, mais c’est son tubercule qu’on utilise. Elle pousse à l’état sauvage en Afrique du Sud et en Namibie. Traditionnellement employée en décoction pour faciliter la digestion, en cas de fièvre ou de malaria, elle a fait l’objet de nombreuses études scientifiques. Elle est aujourd’hui principalement utilisée pour calmer les inflammations et les douleurs de l’arthrose, et il a été montré que dans ce cas elle est aussi efficace que les médicaments contenant de l’ibuprofène – sans leurs dangers. Bien sûr, le résultat sera d’autant plus satisfaisant que l’on adoptera une alimentation saine, anti-inflammatoire, bien pourvue en acides gras de type oméga 3. Comme pour toutes les plantes, il est bon aussi de prévoir des pauses et de l’utiliser en cures, deux mois sur trois par exemple.

Le Desmodium, pour que le foie ne souffre plus

Cette petite légumineuse pousse un peu partout en Afrique centrale et de l’Ouest. Desmodium est en réalité le nom d’une famille de plantes cousines, dont la star, la plus efficace, est le Desmodium adscendens. Utilisée au Ghana ou au Sénégal pour traiter la «jaunisse » ou l’asthme, elle a été « découverte » dans les années soixante, alors qu’ils travaillaient dans un dispensaire du Nord-Cameroun, par un couple de médecins français, les docteurs Pierre et Anne-Marie Tubéry. Les tradipraticiens l’utilisaient là aussi avec d’excellents résultats dans les hépatites. Les recherches menées en France et au Mali ont prouvé son action curative dans les hépatites virales, notamment l’hépatite B. Immunostimulant, antioxydant, le Desmodium décongestionne le foie, mais surtout le protège de toutes les agressions alcooliques et chimiques. C’est pourquoi de plus en plus de médecins le recommandent aux cancéreux sous chimiothérapie. Comme pour toutes les plantes, il est très important de trouver la bonne concentration du produit, et de déterminer la bonne dose.

Le prunier d’Afrique, pour une prostate de jeune homme

La « maladie du vieil homme » n’y résistait pas. Le Pygeum africanum, un « prunier » de la famille des rosacées, prospérait depuis toujours dans les zones montagneuses du Kenya, du Cameroun, de Madagascar. L’extrait de son écorce réduit l’hypertrophie bénigne de la prostate. Anti-inflammatoire, décongestionnant, il bloque l’accumulation de cholestérol dans cette glande. D’autres études ont montré qu’il maintient aussi la fonction contractile de la vessie en cas d’obstruction partielle. A Paris, le Pr Mathé a montré son effet dose-dépendant : négligeable à la dose de 50 mg par jour, l’extrait est actif aux doses de 150 et 200 mg. Mais son action sera d’autant plus intéressante que le Pygeum sera associé à d’autres plantes comme le palmier scie et l’ortie, et, encore une fois, à un régime sain, anti-inflammatoire, bien pourvu en pépins de courge ou d’huile extraite de ces graines précieuses pour la santé et le confort des hommes.

La griffonia, pour tenter de retrouver le moral

A côté du traditionnel millepertuis, nombre d’Européens et de Nord-américains ont recours au Griffonia simplicifolia pour tenter de se libérer de la dépression ou de l’anxiété. Légumineuse d’Afrique de l’Ouest dont on utilise les graines, cette plante a le pouvoir scientifiquement prouvé d’augmenter dans notre cerveau les niveaux de sérotonine, un neurotransmetteur qui favorise les sensations de bien-être, le calme, la relaxation, la détente, la confiance. C’est d’ailleurs en « recapturant les inhibiteurs » de la sérotonine qu’agit une classe d’antidépresseurs chimiques très souvent prescrits. Il ne faut en aucun cas prendre en même temps ces molécules chimiques et du Griffonia, mais un médecin ouvert aux thérapeutiques naturelles pourra piloter un sevrage de ces médicaments et leur remplacement par cette plante africaine très riche en 5-HTP, le principe actif qui favorise la synthèse de sérotonine dans le cerveau. Sans oublier qu’un bon moral ne dépend pas uniquement d’une molécule ou d’une plante, mais d’abord de la vie qu’on mène, d’un bon sommeil, de l’état du foie, d’une nutrition bien pourvue en légumes, céréales complètes et légumineuses et sobre en produits carnés, ce qui favorise la production de l’indispensable sérotonine.

Henriette Sarraseca


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