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MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

16/03/2007
Chronique Environnement

Pollution contre développement en Asie

(MFI) Selon une étude de la Banque asiatique de développement, basée à Manille, la pollution de l’air dans les grandes villes d’Asie est responsable, chaque année, de la mort prématurée de 500 000 personnes. Alors qu’en 1940, New York était la seule mégapole au monde, aujourd’hui, 14 des 17 villes de plus de 10 millions d’habitants se trouvent dans des pays en développement. Ainsi, des experts prévoient que 300 millions d’Indiens quitteront les zones rurales pour les villes dans les dix prochaines années. « La croissance économique de l’Asie en termes de population, d’urbanisation, de motorisation et de consommation d’énergie reste un défi fondamental pour la lutte contre la pollution atmosphérique », écrit la Banque asiatique de développement. Comptant 2,4 milliards d’habitants à eux deux, l’Inde et la Chine font aussi partie des locomotives de l’économie mondiale avec des taux de croissance supérieurs à 10 %. Comme le souligne S.Sundar, de l’Institut indien de l’énergie et des ressources : « Les autorités à New Delhi investissent dans la construction de routes pour les voitures, mais ni dans les transports en commun ni dans l’amélioration des trottoirs. Or notre développement rapide et nouveau nous impose des changements de comportements ». Un constat que fait aussi l’urbaniste nigérian, Joshua Odeleye, qui note que la demande de transport augmente plus vite que le PIB et la population dans les pays en développement. « Hélas, les véhicules de ces pays sont plus polluants que ceux des pays industrialisés car l’essence est de moins bonne qualité et les moteurs très vieux. En outre, les normes environnementales sont soit inexistantes soit pas appliquées », écrit Joshua Odeleye dans ce même rapport.

L’armée du Malawi au secours des forêts

(MFI) Le gouvernement du Malawi a annoncé avoir fait appel à l’armée pour tenter de sauver ses forêts. « Nous avons essayé pendant des années de lutter contre la déforestation. Sans succès. D’où le recours à l’armée qui sera chargée de protéger 16 réserves forestières et surveiller les opérations de reboisement », a déclaré Henry Chimunthu Banda, le ministre des Ressources naturelles. Le Malawi connaît la déforestation la plus grave de l’Afrique australe. Ses bois couvraient 4,4 millions d’hectares en 1975 ; ils en couvrent moins de deux millions aujourd’hui. Quelque 50 000 hectares disparaissent encore chaque année, défrichés par les paysans, les planteurs de tabac et les prospecteurs de mines. Nombreux aussi sont ceux qui coupent des arbres pour s’en servir comme combustible de cuisine ou d’éclairage. Sans s’exprimer sur ce recours à l’armée, la Société environnementale du Malawi rappelle cependant que « 30 millions d’arbres sont plantés chaque année dans le pays, mais la majorité disparaissent à cause de la mauvaise gestion des forêts et du reboisement ».

Des nurseries de coraux pour protéger les atolls

(MFI) Dans l’archipel japonais d’Okinawa, des scientifiques cultivent des coraux pour régénérer les récifs menacés. Comme l’explique l’inventeur du procédé, Mineo Okamoto : « Le corail est extrêmement fragile. Un rien le brise, surtout les premières années de sa vie. L’idée est donc de prélever des œufs ou des coraux naissants, puis de les transplanter dans des bassins de quatre mètres de profondeur, avec une eau comparable en terme de température et de micro-éléments à leur lieu d’origine. Une fois développés, ces coraux sont réimplantés dans leur récif ». Un premier « retour au bercail » de 5 000 coraux a eu lieu en mai 2006. Certains, trop fragiles, n’ont pas supporté la transplantation, d’autres se sont développés. « C’est la nature qui décide. Mais cette technique est aujourd’hui la meilleure pour régénérer les récifs coralliens ». Le Japon possède 96 000 hectares de récifs coralliens. Une richesse qu’il lui faut protéger car elle est menacée ; le tiers des coraux de la planète a en effet disparu dans les quarante dernières années. Mais la protection de l’environnement n’est pas la seule motivation des autorités nippones. L’archipel d’Okinawa présente aussi une dimension stratégique. Les îlots qui le composent s’enfoncent lentement dans la mer. Qu’ils disparaissent et Tokyo ne pourra plus exercer sa souveraineté économique sur 400 000 km² d’océan. Renforcer la barrière de corail est donc aussi un moyen de former une digue protectrice autour de ces îlots, et d’assurer ainsi les intérêts économiques du Japon.

Le nombre de requins diminue dramatiquement

(MFI) « Si les captures de requins de toutes espèces continuent au rythme actuel, l’animal risque d’avoir disparu d’ici quelques années ». C’est le cri d’alarme lancé par Shark Alliance, une association qui regroupe vingt Ong dédiées à la protection des requins. En Europe, la population des requins aurait diminué de 66 % ces vingt dernières années. Un phénomène qui risque de s’aggraver car les poissons se reproduisent lentement. Victimes de sur-pêche, les requins ne suscitent pas la même sympathie que les dauphins à cause de leur image de prédateurs mangeurs d’hommes. Pourtant, seules quelques espèces - le requin blanc surtout - attaquent l’homme. Et on compte moins de 30 décès par an. En comparaison, des dizaines de millions de tonnes de requins sont pêchés chaque année, souvent pris au piège dans les immenses filets dérivants des navires hauturiers. La disparition des requins aura de graves répercussions sur les écosystèmes océaniques. Situés en haut de la chaîne alimentaire, ils jouent en effet - avec les thons et les espadons - un rôle important dans la régulation des populations de leurs proies. Les pays asiatiques sont au banc des accusés, qui apprécient le requin pour sa chair, ses ailerons et l’huile de son foie. Mais Shark Alliance reproche aussi à l’Union européenne - qui pourrait jouer un rôle d’exemple - de peu limiter les captures de requins dans les eaux communautaires. Les consommateurs européens n’ont pas toujours conscience de manger du requin. Ainsi en France, la roussette, l’aiguillat ou le requin-taupe sont présentés, sur les étals des poissonniers, comme des saumonettes ou des veaux de mer.

Jean Piel

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