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| 31/10/2007 | |||
| Chronique environnement | |||
| Le WWF veut protéger les forêts africaines (MFI) Après son appel au boycottage des salons de jardin fabriqués en bois de teck d’Indonésie en 2006, l’association de défense de l’environnement WWF lance une action en faveur des forêts du bassin du Congo. « Je dis non au bois illégal. En achetant du bois, faites le bon choix » : tel est le nom de cette campagne parrainée par le chanteur et ancien champion de tennis Yannick Noah. A en croire le WWF, 39 % des importations françaises de bois tropical (tous pays d’origine confondus) proviennent de coupes illégales pratiquées dans des forêts protégées ou au-delà des quotas autorisés. La France est en outre le premier importateur européen de bois du bassin du Congo. Du bois destiné à la fabrication de portes, fenêtres, parquets ou escaliers. Selon une enquête menée par le WWF auprès de huit enseignes de bricolage et d’ameublement, l’origine du bois n’est pas mentionnée dans 70 % des cas, la dénomination scientifique des essences dans 90 % des cas, et seuls 13 % des bois importés ont reçu le label FSC, pour Forest Stewardship Council ; un label créé au lendemain du Sommet de la Terre de Rio (en 1992) pour favoriser la gestion durable des forêts. « Ces résultats sont décevants au regard des engagements pris par la France et les professionnels du secteur. Les consommateurs aussi doivent être sensibilisés aux enjeux des forêts tropicales et à la nécessité de leur conservation quand ils achètent du bois », commente Philippe Delétain, chargé de cette campagne pour le WWF. L’organisation écologiste entend notamment alerter le gouvernement et les collectivités locales qui utilisent 25 % des importations françaises de bois africain. La planète de plus en plus malade, selon l’Onu (MFI) « Une action immédiate et décisive est indispensable à tous les échelons pour garantir la survie des générations actuelles et futures. » Tel est l’avertissement – pour le moins catastrophiste – lancé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) dans son rapport sur L’avenir de l’environnement mondial. Pour sauver la planète, c’est maintenant ou jamais, semble dire le Pnue. « Il y a eu suffisamment d’appels à une prise de conscience depuis vingt ans. Maintenant, il faut agir, et vite. La destruction des ressources naturelles a atteint un point où les survies économiques sont en jeu. La situation mondiale en termes de climat, d’écosystème, des ressources halieutiques, d’accès à l’eau potable…, tout se dégrade. La facture transmise à nos enfants pourrait s’avérer impossible à payer », a déclaré Achim Steiner, le directeur du Pnue. Ce rapport, le quatrième du genre, a été rédigé par 390 experts. Il souligne que 60 % des écosystèmes sont endommagés, parfois de manière irréversible, que 23 % des mammifères sont menacés d’extinction, que trois millions de personnes meurent chaque année dans les pays en développement de maladies liées à la pollution de l’eau. La température devrait augmenter entre 1,8° et 4° le siècle prochain, alors qu’elle n’a augmenté que de 0,74° le siècle passé. Le continent le plus mal en point semble l’Afrique. « La dégradation des sols et la désertification constituent des menaces croissantes. La production alimentaire par tête a chuté de 12 % depuis 1981. Le réchauffement menace les récoltes, mais il exacerbe aussi les conflits. La consommation de poissons a triplé ces quarante dernières années, mais depuis vingt ans les prises déclinent », écrit le Pnue. L’organisation onusienne se défend de noircir le tableau et note avec satisfaction les succès enregistrés dans la réduction du trou de la couche d’ozone ou de la pollution de l’air (sauf en Asie). De même constate-t-elle une prise de conscience nouvelle concernant le réchauffement climatique. Comme le conclut le rapport : « Il faut désormais donner la priorité à l’environnement pour le développement, et non plus au développement au mépris de l’environnement. » France : satisfaction et prudence après le Grenelle de l’environnement (MFI) Quatre mois de discussions et deux journées de négociations-marathons entre les pouvoirs publics, les syndicats, les représentants du patronat et du monde agricole, les associations écologistes… auront débouché sur un catalogue de propositions qu’il reste désormais à appliquer. Ce que l’on a appelé en France le Grenelle de l’environnement a, sans conteste, eu pour mérite de réunir autour d’une même table des gens qui défendent des intérêts divergents, ne se parlent pas toujours ou s’invectivent par média interposés, pour mettre à plat tous les enjeux liés à l’environnement. De ces discussions sont sortis plusieurs projets : suspension des cultures commerciales des OGM, construction de 2000 km de lignes de TGV, extension des réseaux de tramways, « écopastille » pour taxer les voitures polluantes au profit des véhicules propres ; obligation dès 2012 que les logements neufs ne consomment pas plus de 50 KWh par mètre carré, mise aux normes progressive des logements anciens ; réduction de moitié de l’usage des pesticides « si possible dans les dix ans à venir », obligation de servir un repas bio par semaine dans les cantines, un milliard d’euros sur quatre ans consacré par l’Etat à la recherche environnementale… En conclusion de ce Grenelle, Nicolas Sarkozy – entouré de deux prix Nobel de la paix, Wangari Maathaï et Al Gore – a évoqué une « révolution verte » et un « New Deal écologique » en France. L’animateur de télévision et militant écologiste Nicolas Hulot a déclaré : « On a fait en quelques mois ce qu’on n’avait pas fait en une dizaine d’années. On entre dans l’ère de l’écologie. » La majorité des participants s’est félicitée de ces discussions. Les Verts ont par contre dénoncé « un show médiatique ». En effet, plusieurs propositions ont été rejetées, comme l’arrêt du nucléaire ou la réduction de la vitesse sur les routes. De nombreuses interrogations se posent encore : quand ces mesures vont-elles entrer en vigueur ? Quid de leur financement ? Qu’en est-il de l’harmonisation avec les normes européennes ? Quelle est la définition d’une voiture polluante ? Le débat a au moins le mérite d’être lancé. | |||
| Jean Piel | |||
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