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| 13/05/2008 | |||
| Chronique Environnement : Eléphants d'Afrique ; Biocarburants 2ème génération ; plancton et réchauffement. | |||
| Questions autour des éléphants d’Afrique (MFI) L’Afrique du Sud a levé, jeudi 1er mai 2008, le moratoire sur l’abattage des éléphants qui était en vigueur depuis 1995. En effet, ces treize dernières années, le nombre de pachydermes a plus que doublé, passant de 8 000 à 18 000. Au point de menacer sérieusement la biodiversité des régions où ils vivent, la viabilité des autres espèces animales et la sécurité des humains. Même les organisations écologistes, comme le World Wildlife Fund (WWF), ont reconnu que la fin du moratoire était nécessaire, les éléphants étant devenus un danger pour leur propre habitat. Néanmoins, conscients de la sensibilité du sujet, les autorités sud-africaines ont assuré que l’abattage des animaux resterait strictement encadré. Seuls les responsables des parcs pourront y recourir, et à la condition expresse que les autres méthodes de gestion des troupeaux (contraception ou migration forcée des animaux) se révèlent insuffisantes. « L’abattage sera le dernier recours », a promis le ministre de l’Environnement, Marthinus van Schalkwyk. Les pays d’Afrique australe sont confrontés à un accroissement rapide de leur population d’éléphants, estimée à 300 000 dans la région. Le Zimbabwe, qui en abrite 100 000, a annoncé qu’il entendait aussi lever son moratoire sur l’abattage. Mais il n’a pas encore mis cette mesure à exécution. La situation est inverse dans le bassin du fleuve Congo, où le nombre de pachydermes diminue dangereusement. Le conflit en RDC en serait l’une des principales causes, les différentes factions se finançant notamment par la contrebande de l’ivoire. Ainsi, en avril, 14 éléphants ont été tués par des braconniers dans le parc national des Virunga, à l’est de la RDC. Pour Emmanuel de Merode, directeur de l’Ong Wildlife Direct : « La levée du moratoire en Afrique du Sud risque de relancer le commerce légal de l’ivoire, donc sa contrebande. Les opérateurs chinois sont très nombreux dans la région et font monter les enchères, la demande d’ivoire étant très élevée dans l’Empire du milieu ». Pas de biocarburants de deuxième génération avant dix ans (MFI) Alors que la crise alimentaire mondiale provoque de vives critiques contre les biocarburants, les chercheurs qui travaillent à les améliorer, et surtout à en fabriquer à partir de la biomasse, reconnaissent qu’il ne faut pas compter sur cette deuxième génération d’agrocarburants avant une dizaine d’années. Ce qu’on appelle les biocarburants de première génération sont fabriqués à partir de matières végétales produites par l’agriculture (betterave, maïs, colza), alors que ceux de deuxième génération seront produits à partir de la cellulose et la lignine contenues dans le bois ou dans les parties non comestibles des végétaux. « Il reste beaucoup de questions à résoudre. L’espoir est grand puisqu’on pourra utiliser les plantes sans concurrencer l’alimentation humaine. Mais il ne faut pas prendre le risque d’un épuisement des sols ou d’une déforestation », souligne Dominique Dron, professeur à l’Ecole des Mines. Autre défi : le rendement énergétique de ce futur carburant. « Pour l’instant, les rendements sont très bas. Les améliorer exigera des technologies chères et complexes, qui ne seront certainement pas accessibles aux pays du Sud. Mais des progrès sont encore possibles », ajoute Claude Roy, coordinateur interministériel pour la valorisation de la biomasse. En tout état de cause, il ne faut pas espérer que les biocarburants remplacent totalement les hydrocarbures un jour. La production maximum possible est bien en-deçà des besoins. Le plancton profite du réchauffement (MFI) Certains scientifiques ont annoncé la mort des océans à cause du changement climatique. Or, une étude publiée dans la revue Science par une équipe d’océanographes révèle que les planctons végétaux – ce qu’on appelle les phytoplanctons – prospèrent non pas en dépit mais grâce à la hausse du CO2 dans l’atmosphère. L’inquiétude était justifiée : à la base de la chaîne alimentaire océanique, le phytoplancton est une formidable « usine de recyclage » du CO2. Qu’il vienne à disparaître, et la capacité des océans à atténuer le changement climatique – par absorption du CO2 – s’en trouve amoindrie. Les océanographes qui ont publié dans Science ont placé ces planctons microscopiques dans un milieu artificiel dont ils ont modifié l’acidité pour simuler le réchauffement. De façon surprenante, le plancton produit alors jusqu’à deux fois plus de cellules qu’en milieu naturel. Faut-il en déduire que l’activité biologique des océans va croître ? Ce serait prématuré. D’abord, le réchauffement a un impact négatif sur d’autres organismes marins, comme les coraux. Ensuite, il ralentit la remontée des eaux profondes, riches en nutriments, ce qui pourrait freiner la croissance des planctons. Enfin, la découverte des océanographes de Science est certes encourageante, mais elle est pour l’instant purement empirique. Personne ne peut encore l’expliquer scientifiquement. | |||
| Jean Piel | |||
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