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20/05/2008
Chronique Environnement : Le Sahara ; Les caribous ; Airbus et Boeing.

Le Sahara pas si désertique

(MFI) Les scientifiques ont longtemps cru que le Sahara s’était transformé en désert très rapidement. Une étude publiée dans la revue Science remet en cause cette thèse. Selon son auteur, l’Allemand Stefan Kropelin, au contraire il a fallu des milliers d’années pour que le Sahara devienne cette étendue de sable aussi grande que les Etats-Unis. Une théorie qui permet de mieux comprendre les changements climatiques à venir.
L’étude du pollen, des spores et des organismes aquatiques retrouvés dans les sédiments du lac Yoa, à 250 km à l’est de N’Djamena, apprend que la région est passée très progressivement – en 3 000 ans environ – de l’état de savane à celui de terre aride. De même, elle montre qu’il y a 12 000 ans, à la fin de l’ère glaciaire, la hausse des températures a permis au Sahara de verdir. Le paradoxe n’est qu’apparent. L’air, quand il se réchauffe, absorbe davantage l’humidité des océans, qui retombe en pluie à l’intérieur des terres. « Aujourd’hui, le même phénomène est en cours. Le réchauffement climatique aide le Sahara à peu à peu reverdir par endroit », soutient Stefan Kropelin. Ce dernier s’est rendu pendant vingt ans dans la même partie du désert, une région totalement isolée du Tchad, et il a constaté que là où on ne voyait que du sable, l’herbe pousse désormais sur des dizaines de kilomètres. Par contre, dans d’autres parties du Sahara, l’augmentation des précipitations a été battue en brèche par la croissance démographique. Au Niger également, les chercheurs ont constaté que 49 000 km² de sable étaient aujourd’hui couverts d’une végétation plus dense qu’il y a vingt ans. Là encore, c’est la recrudescence des pluies due au changement climatique qui explique le phénomène.
D’autres scientifiques rappellent cependant que si les pluies sont plus abondantes, elles sont aussi plus irrégulières, parfois trop rares, parfois trop fortes. Le réchauffement climatique ne constitue donc pas une bonne nouvelle pour le Sahara.

Les caribous menacés par le réchauffement

(MFI) Baptisé renne en Europe et caribou au Groenland, ce grand herbivore habitué aux froids extrêmes survit l’hiver grâce au lichen qu’il trouve sous la neige. Il donne généralement naissance à ses petits au printemps, lorsque les plantes fourragères sont les plus nutritives. Mais avec le réchauffement climatique qui affecte particulièrement le Groenland, la naissance des faons est de plus en plus décalée par rapport au pic de productivité des végétaux. D’où une surmortalité chez les petits. C’est du moins ce qu’ont constaté deux biologistes, Eric Post et Mads Forschammer. Dans la région de Kangerlussuaq où ils mènent leur recherche depuis 1993, les températures se sont élevées en moyenne de 4,6° en quinze ans, et la floraison des végétaux a avancé de douze jours, tandis que celle des bébés caribous n’a avancé que de 1,3 jour. D’où une mortalité sept fois supérieure par rapport à l’époque où floraison et naissances étaient mieux coordonnées.
Les biologistes ne sont cependant pas pessimistes. Ils comptent sur la capacité d’adaptation des animaux pour tenir compte de cette floraison prématurée. Ainsi, des caribous introduits sur une île proche de l’Antarctique ont perdu leurs petits la première année. Mais l’espèce s’est ensuite adaptée à l’inversion du cycle des saisons dans l’hémisphère Sud.

Airbus et Boeing ensemble pour l’environnement

(MFI) Une fois n’est pas coutume, Airbus et Boeing ont signé un accord pour diminuer ensemble l’impact du trafic aérien sur l’environnement. Les deux géants de l’aéronautique sont plus habitués à se livrer une guerre commerciale qu’à coopérer. Mais comme l’a déclaré Scott Carson, le directeur exécutif de Boeing : « Certes, nos compagnies sont rivales, mais s’agissant du changement climatique, nous devons joindre nos forces pour améliorer les performances du secteur aérien. »
Loin de travailler ensemble à concevoir des moteurs moins gourmands en kérosène ou moins bruyants, Airbus et Boeing se sont pour l’instant fixé comme priorité d’améliorer l’efficacité du contrôle aérien. En Europe, l’inflation de règlements en la matière allonge souvent le trajet des avions. L’espace aérien est en effet défini en fonction des frontières nationales et non des destinations des appareils. « Cela allonge en moyenne de 49 km la distance parcourue sur un vol moyen-courrier. Un ciel européen unique permettrait de réduire de 12 millions de tonnes les rejets en gaz carbonique des avions. Mais les 27 pays membres de l’UE n’arrivent pas à harmoniser leur réglementation », regrette Thomas Enders, le directeur commercial d’Airbus.
Les avionneurs Bombardier et Embraer, ainsi que le motoriste Rolls-Royce, ont également signé une déclaration solennelle dans laquelle ils s’engagent « à concevoir des avions neutres en émissions de carbone, notamment grâce à l’utilisation de carburants plus propres ».

Jean Piel

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