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| 03/06/2008 | |||
| Chronique Environnement : tortues du Congo ; CO2 ; La cordillère des Andes en danger. | |||
| Au secours des tortues du Congo (MFI) Depuis huit ans, l’association Rénatura agit en faveur des tortues sur le littoral du Congo-Brazzaville. Un littoral qui abrite cinq des huit espèces de tortues marines existantes au monde, notamment la tortue luth et la tortue verte. Rénatura comptabilise les animaux, enregistre leurs données biométriques et les protège durant la saison de ponte (entre octobre et mars). Une action efficace puisque, sur les plages de la baie de Loango où l’Ong intervient, le braconnage des tortues et des œufs est passé sous la barre des 10 %. Il est de quasiment 100 % sur les plages non surveillées. Rénatura agit également en direction des pêcheurs du Kouilou. Ceux qui capturent accidentellement une tortue dans leurs filets s’engagent à la relâcher. En échange, l’association leur offre du fil et des aiguilles pour réparer les trous causés par l’animal. Une centaine de tortues est ainsi relâchée chaque mois dans la seule région de Pointe Indienne. Grâce à l’activisme de Rénatura, la viande de tortue marine devient une denrée rare sur les marchés, d’où une forte augmentation du prix qui contribue à sa moindre consommation. Le Congo a signé la Convention internationale pour la protection des tortues marines, mais n’a toujours pas transcrit le texte dans sa législation nationale. Rénatura mène donc des actions de sensibilisation en faveur des tortues, non seulement dans les villages côtiers, mais aussi dans les écoles de Pointe-Noire, la capitale économique du pays. Le record de CO2 en 800 000 ans (MFI) Les scientifiques le pressentaient ; ils en sont désormais certains. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane dans l’atmosphère n’ont jamais été aussi élevées depuis 800 000 ans. Un résultat connu grâce au projet Epica, European Project for Ice Coring in Antarctica, et publié dans la revue Nature. Les scientifiques ont analysé des carottes glaciaires sur 3 270 mètres de profondeur en Antarctique, ce qui correspond à 800 000 ans d’archives climatiques. Comme l’explique le glaciologue Jérôme Chappellaz : « Entre CO2 et méthane, jamais la teneur des gaz à effet de serre n’a été aussi élevée. L’incidence sur le réchauffement climatique est directe. » Une vaste étude multi-disciplinaire, publiée dans le même numéro de Nature, confirme par ailleurs les conclusions du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) quant à l’origine et l’impact du réchauffement. Cette étude souligne que « des changements significatifs sont en cours sur tous les continents et la plupart des océans ; des changements qui ne peuvent pas être expliqués par les seules variations climatiques naturelles ». Autrement dit, les hommes ont une influence sur le climat via l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Le Giec estime à 90 % certaine l’influence de l’homme sur l’évolution du climat. Les températures devraient augmenter de 1,8° à 4° d’ici la fin du siècle. La cordillère des Andes en danger (MFI) « De 1948 à 1976, les 3 044 glaciers de la cordillère des Andes, au Pérou, ont perdu neuf mètres. Depuis cette année-là, ils ont perdu 19 mètres et 25 % de leur masse. Le responsable en est le réchauffement climatique. » C’est le cri d’alarme lancé par Marco Zapata, glaciologue auprès de l’Institut national des ressources naturelles, à Lima. Surnommée la Suisse péruvienne, cette partie de la cordillère des Andes est célèbre pour ses glaciers comme le Huascaran (6 768 mètres) et le Pastoruri (5 240 mètres). On l’appelle aussi la Cordillère blanche. Avec le Honduras et le Bangladesh, le Pérou est l’un des pays les plus menacés par le réchauffement, alors qu’il n’en est guère responsable. La vulnérabilité de l’Etat andin tient au fait qu’il possède 71 % des glaciers tropicaux au monde, or la fonte des glaces a réduit de 22 % la superficie des rivières, essentielles à l’agriculture ; 90 % de la population vit dans des zones à risques. De même, la majorité de l’électricité du pays provient de barrages désormais moins alimentés en eau. A en croire Marco Zapata, « à cause du réchauffement, le risque de catastrophes naturelles au Pérou a été multiplié par six. Nous sommes mal préparés pour affronter les changements climatiques. Nous manquons d’argent, et il n’y a pas de volonté politique d’agir de la part des autorités ». Selon une étude de la Communauté andine des nations, le réchauffement coûtera 30 milliards de dollars par an à partir de 2025 aux quatre pays de la région, le Pérou, le Chili, la Bolivie et la Colombie. | |||
| Jean Piel | |||
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