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| 28/07/2009 | |||
| Chronique Environnement | |||
| Nouvelles menaces sur le lac Tchad (MFI) Depuis plusieurs années, on sait le lac Tchad menacé ; une récente étude de la Nasa vient de le confirmer. Selon les observations satellites, le lac a perdu 90 % de sa superficie en quarante-cinq ans, passant de 25 000 km² en 1963 à 2 000 km² aujourd’hui. A en croire les prévisions de l’agence spatiale américaine, si rien n’est entrepris, le lac pourrait disparaître d’ici une vingtaine d’années. Ce serait alors une catastrophe écologique, mais aussi économique puisque le lac Tchad fournit de l’eau à 20 millions d’habitants des quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria. Il s’agit en outre d’un plan d’eau très poissonneux, d’où une forte activité de pêche. L’assèchement progressif de ce lac peu profond (7 mètres en moyenne), qui était encore en 1970 la quatrième étendue d’eau d’Afrique, s’explique par plusieurs facteurs. Les longues années de sécheresse ces trois dernières décennies ont empêché le renouvellement de la nappe phréatique ; le sol ne constitue plus une réserve d’eau. Le réchauffement climatique a aussi un impact, accélérant l’épuisement du lac. Ses deux principaux affluents, les fleuves Chari et Komadugu-Yobé, voient leur débit décroître ces dernières années. Mais l’homme a sa part de responsabilité. La culture du coton, dans la basse vallée du Chari, a ponctionné d’importants volumes d’eau. De même, la construction de deux barrages sur le Komadugu-Yobé a modifié le régime du fleuve. Comme l’explique Maurice Tsalefac, professeur de géographie à l’université de Yaoundé : « Les deux facteurs – changements climatiques en amont, action de l’homme en aval – agissent ensemble. Les longues années de sécheresse ont déclenché un processus d’évaporation du lac Tchad que l’homme accélère. » Elément positif cependant : au fur et à mesure que le lac se rétrécit, il libère des terres autrefois submergées qui, encore humides, permettent des cultures très productives. Les rives du lac Tchad sont devenues de véritables potagers… qui, à leur tour, entraînent des besoins en irrigation. Le succès des emplois verts en Europe (MFI) Selon une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF), 3,4 millions d’emplois en Europe sont directement liés aux énergies renouvelables, aux transports durables et aux biens et services d’efficacité énergétique. Les emplois indirects sont, eux, estimés à 5 millions. Les pays leaders en la matière sont l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark. Les pessimistes noteront que ces emplois ne constituent qu’une faible part des 130 millions d’emplois existants dans l’Union européenne. Les optimistes souligneront que ce chiffre de 3,4 millions est supérieur aux 2,8 millions de postes recensés dans les industries polluantes (cimenteries, mines, sidérurgie…). Comme l’explique Jason Anderson, directeur du bureau Politiques énergétique et climatique européennes au WWF : « Si les décideurs continuent à soutenir les industries polluantes, l’Europe risque de perdre sur les deux tableaux : économique et environnemental. » Aujourd’hui, 400 000 Européens sont employés dans les énergies renouvelables, 2,1 millions dans les transports durables et 900 000 dans les biens et services d’efficacité énergétique. Toutes les études indiquent que les emplois dans le développement durable et la gestion de l’environnement vont s’accroître, alors que ceux dans les industries polluantes vont poursuivre leur déclin. Ces chiffres donnent tort à ceux qui prédisaient que les exigences écologiques allaient détruire des industries ou les contraindre à se délocaliser là où la législation est moins exigeante. En réalité, de nombreux emplois verts ont été créés ces dernières années, à tous niveaux de qualification, alors que les emplois industriels sont victimes de l’automatisation des fonctions et de la libéralisation des marchés. Tous les spécialistes des ressources humaines reconnaissent qu’ils manquent de personnel qualifié dans les questions environnementales. Par secteur, l’éolien employait 154 000 personnes dans l’UE en 2007, 162 000 en 2008 et probablement 329 000 en 2020. La construction-rénovation de bâtiments peu consommateurs d’énergie devrait favoriser la création de 280 000 à 450 000 nouveaux emplois d’ici 2020. Le secteur du bâtiment est responsable de 40 % de la consommation d’énergie de l’UE. Davantage de paludisme à cause du réchauffement (MFI) Les pays d’Asie du Sud-Est et du Pacifique Sud sont de plus en plus confrontés au paludisme et à la dengue, car les moustiques qui propagent ces infections sont en nombre croissant et envahissent de nouveaux territoires du fait du réchauffement climatique. C’est du moins ce qu’affirme un rapport de l’institut Lowy (Australie), réalisé pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Depuis les années 1970, les changements climatiques auraient favorisé 150 000 décès supplémentaires, dont la moitié en Asie. La hausse des températures et des précipitations entraînent une multiplication des moustiques dans des régions jusqu’à présent épargnées par le paludisme et dont les habitants sont peu résistants à une maladie qu’ils connaissent mal. « Les prévisions concernant l’impact des changements climatiques sur le paludisme et la dengue sont stupéfiants », s’alarme le rapport de l’institut Lowy. La prévalence du paludisme pourrait être de 1,8 à 4,8 plus forte en 2050 qu’en 1990. La proportion des habitants de la planète vivant dans des zones impaludées devrait passer de 45 % aujourd’hui à 60 % d’ici 2050. L’Australie – qui pour l’instant n’est infectée ni par le paludisme ni par la dengue – pourrait être confrontée à ces maladies dans la prochaine décennie. En 2009, la première épidémie de dengue est apparue dans des îles du Pacifique Sud, notamment les Samoa, les Tonga et Palau. Non seulement le paludisme et la dengue risquent de se propager à cause du nombre croissant de moustiques, mais aussi à cause des migrations de personnes fuyant leurs îles de très faible altitude à cause de la montée des eaux du Pacifique. Jean Piel | |||
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