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| 01/09/2009 | |||
| Chronique Environnement : Huile de palme contre forêt tropicale ; L’Inde affiche ses ambitions dans l’énergie solaire ; Le retour du saumon dans la Seine. | |||
| Huile de palme contre forêt tropicale (MFI) C’est l’Ong Survival qui a rendu public l’incident : fin juillet, des membres de l’ethnie Penan, sur l’île de Bornéo, ont bloqué le travail des compagnies forestières pour empêcher la destruction de leurs derniers territoires de chasse, destinés à devenir des champs de palmiers à huile. Quelques semaines avant, Greenpeace et des Ong locales avaient demandé à la firme indonésienne Astra Agro Lestari de renoncer à étendre sa production de palme dans la forêt primaire de Sumatra où vivent de nombreux orangs-outangs. Jusqu’à présent, ces protestations ont eu peu d’effet sur les pratiques d’un secteur dopé par l’explosion de la demande d’huile de palme. La production a en effet doublé en dix ans pour atteindre 40 millions de tonnes, et les palmiers offrent le plus grand rendement à l’hectare parmi les plantes oléagineuses. Mais les cultiver impose de raser les terrains, détruisant toute la biodiversité qu’ils abritent et privant les espèces animales de territoires. Originaire d’Afrique de l’Ouest, le palmier à huile trouve ses meilleures conditions de croissance dans les zones tropicales humides, celles qui abritent les dernières grandes forêts primaires. Aujourd’hui, 85 % de la production mondiale d’huile de palme vient d’Indonésie et de Malaisie. La demande croissante, notamment de nouveaux acteurs comme l’Inde et la Chine, incite les Ong à réclamer l’encadrement de son exploitation. Comme pour le café, l’Ong Rainforest Alliance propose une certification des palmeraies. « La certification, en distinguant ceux qui produisent en respectant l’environnement et les droits sociaux, peut contribuer à lutter contre la déforestation, même s’il faut rester modeste. Parmi les critères de labellisation, on peut envisager l’absence de pesticides, la non-destruction de forêts existantes, le tracé de corridors biologiques, le respect des droits syndicaux », avance Chris Willie, responsable de l’agriculture durable au sein de Rainforest Alliance. Jusqu’à présent, les tentatives de certification ont échoué, les producteurs refusant de jouer le jeu. Face à la hausse de la demande, tout le monde s’accorde sur la nécessité de trouver une réponse qui satisfait à la fois les besoins alimentaires des pays du Sud et la protection des dernières forêts primaires humides. Après l’Asie, le palmier à huile pourrait se développer dans sa région d’origine : de grands projets sont en cours au Cameroun. D’autres sont en discussion au Congo. Les associations de défense de l’environnement espèrent que ces nouvelles palmeraies intégreront d’entrée les règles du développement durable. L’Inde affiche ses ambitions dans l’énergie solaire (MFI) De 51 mégawatts aujourd’hui à 20 000 MW en 2020 et 200 000 MW en 2050 : tel est l’objectif de production d’énergie solaire affiché par les autorités indiennes. Ces dernières se disent prêtes à investir 20 milliards de dollars dans les trente prochaines années pour atteindre ce but. Le sous-continent bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel, mais il produit 50 fois moins d’énergie solaire que l’Allemagne, et seulement 0,1 % de ce type d’énergie dans le monde. Dans un pays dont la moitié des villages n’a pas l’électricité et où les coupures de courant sont fréquentes en ville, le solaire permettrait de raccorder à un moindre coût les hameaux isolés au réseau électrique et d’améliorer la fourniture de courant. Cela permettrait aussi d’économiser 2 milliards de litres par an de diesel utilisé dans les générateurs. Un moyen de diminuer la pollution sonore et atmosphérique. Le gouvernement indien vient donc d’annoncer un vaste plan qui prévoit d’exempter de taxes les achats d’équipements solaires, d’imposer l’installation de panneaux solaires aux complexes immobiliers et de garantir le rachat par l’Etat du surplus d’électricité ainsi produite par les propriétaires de maisons individuelles. Ce plan prévoit aussi de former 100 000 ingénieurs et techniciens dans ce secteur. Ce projet devrait être financé par une nouvelle taxe sur le pétrole et le charbon. Les besoins de l’Inde en électricité sont estimés à 240 000 MW d’ici 2020 ; l’énergie solaire en représenterait donc 8,3 %. Delhi assure aujourd’hui 60 % de sa production énergétique par le charbon. Promouvoir les énergies renouvelables permettrait au géant asiatique de réduire ses rejets annuels de CO2 de 42 millions de tonnes. En 2008, l’Inde, quatrième pollueur au monde, a rejeté dans l’atmosphère 430 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Le retour du saumon dans la Seine (MFI) Près d’un siècle après en avoir été chassé par la pollution et la multiplication des écluses, le saumon fait son retour dans la Seine. Près de Rouen et aux portes de Paris, quelque 260 individus ont été observés en 2008 ; et 32 espèces de poissons sont désormais recensées dans la Seine contre trois en 1970. Mais le saumon reste le plus emblématique. Les scientifiques de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) ont déterminé, en analysant les écailles de plusieurs saumons, que certains d’entre eux venaient du bassin de Basse-Normandie, d’autres de l’Allier (centre de la France), d’autres encore de rivières étrangères. Pour Guillaume Evanno, qui a mené cette étude pour l’Inra : « Ce retour du saumon prouve que l’espèce peut recoloniser naturellement un fleuve, sans opération de réintroduction lourde et aléatoire, à condition que l’état de l’environnement s’améliore. » Cela prouverait aussi que le saumon ne revient pas nécessairement vers sa rivière natale, comme on le croyait jusqu’à présent, mais certains ont une propension à l’errance afin de s’installer dans un cours d’eau déserté. Guillaume Evenno modère d’avance tout optimisme excessif : « On ne pourra parler de retour durable du saumon dans la Seine que lorsqu’on disposera de preuves de reproduction. Ce qui n’est pas encore le cas actuellement. » | |||
| Jean Piel | |||
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