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| 26/05/2006 | |||
| Quai Branly Histoire – très longue et controversée – du musée parisien des arts premiers | |||
| (MFI) Après dix ans d’attente, des difficultés nombreuses, des revers de tous ordres, le Musée du Quai Branly est en passe de voir le jour : le 23 juin, Jacques Chirac inaugurera « son » grand projet culturel. | |||
| En 1977, un curieux bâtiment, entre usine à gaz et raffinerie postmoderne poussait en plein cœur des Halles. Trente ans après la construction du Centre Pompidou, devenu l’un des poumons du Paris culturel, tout porte à croire que le Musée du quai Branly remuera autant de passions que son ancêtre post-soixante-huitard. Pour autant, connaîtra-t-il le même succès ? Si tout porte à croire que le quai Branly deviendra « la grande cité culturelle des arts non-occidentaux » dont se réclame son directeur, Stéphane Martin, son histoire et sa genèse auront été pour le moins rocambolesques. C’est sous le premier septennat de Jacques Chirac qu’a commencé l’aventure. A l’instar de ce que fut le musée d’Orsay pour Valéry Giscard d’Estaing ou le musée du Louvre pour François Mitterrand, le nouveau président de la République entend créer « son » grand projet culturel, monument à la gloire de ces civilisations extra-occidentales dont il est amateur. Après nombre de rebondissements et non sans grincements de dents, un premier pas est franchi avec l’ouverture, en avril 2000, du pavillon des Sessions du Louvre, qui propose sur 1 400 mètres carrés (une misère) quelques chefs-d’œuvre de l’art africain, océanien et précolombien. Son succès immédiat convainc Jacques Chirac de la nécessité de trouver un lieu plus vaste pour ces civilisations méconnues. Treize sites sont sélectionnés avant d’être ramenés à deux, le Palais de Tokyo et le quai Branly, le musée de la Marine étant quant à lui rapidement écarté. C’est finalement le Quai Branly qui, en 1998, recueille tous les suffrages : ce terrain, l’un des l’un des derniers constructibles des bords de Seine, présente l’avantage de la surface : 35 000 mètres carrés nécessaires au déploiement des collections. créée par l’architecte Jean Nouvel dans un sous-bois destiné à évoquer l’inscription de l’homme dans la nature, cette nouvelle institution abritera 300 000 œuvres ethnographiques provenant notamment des collections du Musée de l’Homme et du Musée national des Arts africains de la Porte Dorée. Le permis de construire est signé en janvier 2001, mais la fronde continue. Outre le problème de la construction – obligatoire – des parkings, vient celui des riverains, inquiets de perdre leur vue sur la Seine et la colline de Chaillot. Le Musée de l’homme, qui se voit vidé d’une partie de ses collections pour le nouveau musée, dénonce quant à lui un projet qu’il estime « raciste ». La colère gronde aussi au musée de la porte Dorée, furieux de devoir se défaire d’une partie de ses collections (le bâtiment devrait d’ici quelques années, accueillir un musée de l’Intégration). Aujourd’hui encore, en dépit des assurances que ses créateurs n’ont cessé de prodiguer, le musée suscite de violentes passions parmi la communauté scientifique. Elisabeth Lequeret Histoire d’un nom (MFI) A elle seule, l’histoire du nom du musée vaut le détour, résumant en quelque étapes la conception laborieuse d’un projet encore aujourd’hui sujet à de violente controverses. Première dénomination, celle donnée par Jacques Chirac en 1996, lorsqu’il lance l’idée du projet : Musée des arts premiers. Le mot est préféré à « arts primitifs », ostracisé pour cause de relents coloniaux. Mais les arts premiers ne tiendront qu’un temps le haut de l’affiche : encore trop proche des arts primitifs, l’expression semble aussi renvoyer exclusivement aux pièces archéologiques, alors que le musée entend bien faire la part belle à l’art contemporain des quatre continents qui y seront exposés : Afrique, Amériques, Asie et Océanie. Pendant un temps, c’est le MHAC, « Musée de l’homme, des arts et des civilisations » qui tient le haut du pavé avant que le H ne tombe, pour ne pas chagriner, dit-on, les équipes déjà très énervées du Musée de l’homme. Mais ce MAC sonne sans doute désagréablement à certaines oreilles, et c’est finalement sous le nom provisoire de Musée du quai Branly que l’architecte Jean Nouvel remporte le concours d’architecture du futur bâtiment. In fine, c’est la prudence qui l’aura emporté : les autres noms envisagés (Musée de l’Autre, Mane – Musée des arts non européens) n’ayant pas eu gain de cause, c’est finalement le très neutre « Musée du quai Branly » qui remporte la victoire. E. L. | |||
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