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02/03/2007
Chronique Musique

Malouma, la nouvelle sensation mauritanienne

(MFI) Les critiques sont unanimes. Malouma est considérée actuellement comme l’une des plus belles voix du continent. Certains font même un parallèle avec Oum Kalsoum, la plus grande chanteuse du monde arabe disparue en 1975. La nouvelle diva mauritanienne s’inscrit, pour sa part, de plein pied dans le XXIe siècle avec Nour (Marabi/Harmonia mundi), son deuxième cd. Un disque aux frontières de l’Orient et de l’Occident. Sur le titre Gamly, les traditions mauresques flirtent avec les cadences électro-pop et sur Yarab, son blues arabisant puise dans l’énergie rock. Sans parler du très réussi Casablanca, un morceau où le reggae semble prendre le rythme des chameaux. Produit par Philippe Tessier du Cros, personnalité forte du son français, cet enregistrement a été réalisé avec la complicité de quelques pointures venues d’autres horizons comme les musiciens Bojan Z, Loy Ehrlich ou Eric Legnini. Un apport qui ne trahit pas la coloration sahélienne marquée par l’ardin, harpe typiquement mauritanienne réservée aux femmes. Ce bel écrin sonore porte des textes poétiques qui parlent d’amour filial, de tolérance religieuse, mais aussi d’immigration. Griotte des temps modernes, Malouma a la réputation d’être une rebelle, car elle ose parler de sujets qui dérangent. Longtemps censurée par le régime de Nouakchott, l’artiste a su résister pour assouvir sa passion pour la chanson, qu’elle s’est découverte dès l’âge de 15 ans. Elevée dans un milieu intellectuel et cultivé, cette fille de musicien a baigné dans la pure poésie des sonorités maures, tout en écoutant d’autres courants comme le classique ou les musiques égyptiennes. Une éducation qui explique sans doute qu’aujourd’hui, son album s’apparente plus à une œuvre ethno-contemporaine qu’à un simple disque de musiques traditionnelles mauritaniennes.

Marabi Africa : un tour d’horizon musical

(MFI) Montrer la diversité culturelle du continent, tel est l’objectif de Marabi Africa (Harmonia mundi), la compilation du label Marabi. Sorti à l’occasion du cinquième anniversaire de cette maison de disque indépendante française, l’album est un véritable voyage musical à travers les contrées africaines. Avec pas moins de 17 chanteuses et chanteurs sélectionnés, il privilégie à la fois les jeunes artistes émergents et les grandes figures du patrimoine. Parmi les nouveaux talents, signalons les Guinéens de Ba Cissoko, dont la kora mandingue résonne presque comme la guitare électrique de Jimmy Hendrix sur le titre Kounkouré. De son côté, Nathalie Natiembé donne, sur le morceau Tangaz pa tro for, une autre dimension au rythme maloya de l’île de la Réunion, avec la présence du grand accordéoniste malgache Régis Gizavo. Côté valeurs sûres, le vétéran Wendo Kolosoy prouve, avec son standard Toko Wela Wela, qu’il demeure le père fondateur de la rumba congolaise. Notons également la présence des Mahotella Queens, authentiques « supers mamies » sud-africaines qui n’ont pas pris une ride sur leur tube Kazet, plus connu sous le nom Mais où sont passées les gazelles ? Arrêtons-nous enfin sur quelques instrumentistes d’exception, tel le guitariste malien Djelimady Tounkara. Avec sa six cordes acoustique, il tricote une magnifique ballade intitulée Solon Kôno. En présentant ces couleurs variées et ces parfums différents, cet enregistrement n’est pas un simple catalogue. Mais une véritable palette sonore de l’Afrique d’aujourd’hui, qui s’inscrit dans la modernité sans renier ses racines.

Daniel Lieuze

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