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27/04/2007
Chronique Musique

Les tambours sans frontière de Guem

(MFI) Conga, djembé, darbouka, bongo, doum-doum… Pas une percussion ne lui est étrangère. Musicien-danseur algérien, descendant d’esclaves nigériens, Guem vient de signer un ultime album : Couleurs pays (Nocturne). Dix-sept plages qui explorent les identités rythmiques du monde entier. Du Sénégal à la Tunisie, du Soudan au Brésil, de la Guadeloupe à l’Egypte, tous les répertoires passent dans ses mains. Tantôt percutantes, tantôt caressantes, les pulsions de ce percussionniste semblent infinies. En quelques frappes, son jeu nous entraîne de la transe du Gnawa au Gwo ka créole, en faisant une incursion dans la salsa avant de se diriger vers des rythmes orientaux. Davantage maître-tambour que simple rythmicien, Guem a réussi à imposer ses tomes sur toutes les scènes du monde car il sait faire dialoguer les percussions entre elles. Depuis plus de trente ans, Guem a accompagné les plus grands noms du jazz, des musiques africaines et afro-latines, tout en poursuivant sa quête artistique pour son propre compte. Outre ses concerts et sa production discographique foisonnante, le musicien enseigne aussi son art. Pour lui, la musique appartient à tout le monde : « Le rythme n’est pas noir. Chaque être a quelque chose à donner et mon but est de le réveiller ». Arrivé en France à la fin des années soixante afin de poursuivre son début de carrière de footballeur professionnel dans un club parisien, le jeune algérien va vite s’engager comme musicien au Centre culturel américain à Paris. Depuis, ses doigts d’or n’ont cessé de jouer. Parmi ses grands succès, Le serpent, morceau culte depuis qu’il est le générique de l’émission ça se discute sur la deuxième chaîne de télévision française.

Manou Gallo entre l’Afrique et l’Europe

(MFI) Après avoir été révélée à l’international au sein de la célèbre formation féminine, les Zap Mama, Manou Gallo poursuit son aventure en solo avec un deuxième album éponyme (ZigZag World). Rare femme bassiste sur la scène musicale, elle s’impose aussi comme chanteuse sur ce bel écrin de 12 chansons. Mélangeant dida, français et anglais, l’artiste ivoirienne aborde des sujets personnels comme dans « ABJ-BXL », titre d’ouverture qui évoque son parcours d’Abidjan à Bruxelles. Hommage tire un coup de chapeau à Marcellin Yacé, musicien et chef d’orchestre du groupe Woya, qui a été abattu le 19 septembre 2002 au moment où éclatait la guerre civile en Côte d’Ivoire. Un personnage-clef pour Manou Gallo : il lui a offert sa première basse alors qu’elle faisait ses débuts sur la scène abidjanaise. L’artiste rêve d’un monde meilleur où les êtres humains vivraient en paix et en harmonie dans Terre. Côté musique, la Belge d’adoption a su construire un style qui lui ressemble, à la fois africain dans l’âme et universel dans l’esprit. Les mélodies et les chœurs sont tournés vers le continent-mère, tandis que la rythmique se veut plus funk, soul, pop ou hip-hop. « La musique que j’ai voulu créer est le mélange de tout ce qui a fait ma vie jusqu’ici. C’est mon histoire, mon parcours, mon inspiration ». Originaire de Divo, petite ville de la Côte d’Ivoire, berceau du peuple Djiboi, elle a commencé à frapper les tambours dès l’âge de huit ans, avant de faire ses classes avec Woya. Ce don précoce pour la musique lui aurait été transmis en songe par sa mère décédée le jour de sa naissance : « Je sens cette force de mes ancêtres au bout de mes doigts ». C’est ce qui explique la relation particulière que Manou Gallo entretien avec sa basse, de solo, d’accompagnement, de composition et de percussion.

Daniel Lieuze

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