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| 22/05/2007 | |||
| Chronique Musique | |||
| La kora électrique de Ba Cissoko (MFI) Dès son premier album, toute la presse l’a surnommé le « Jimmy Hendrix » de la kora. Il faut dire que Ba Cissoko a l’art de trafiquer la sonorité de son instrument en usant des différents effets de saturation. Avec Electric griot land (Totolo/Harmonia Mundi), son deuxième enregistrement, l’artiste guinéen poursuit l’aventure et a pour objectif de « moderniser la tradition mandingue, pour mieux la diffuser, la transgresser ». Parmi les titres qui illustrent le mieux ce renouveau, il y a « Silani » où les 21 cordes de sa kora offrent une incroyable réverbération. Idem pour le morceau « Allah lake » où, cette fois, l’apport d’une pédale wa-wa donne à la kora une tonalité de guitare électrique. Outre cette coloration si particulière qu’il a su développer, le musicien s’avère aussi être un fin parolier. Par exemple, sur « Djeli », le chanteur rend hommage à sa grand-mère auprès de qui il a grandi dans la région de Koundara. Autre morceau significatif, « Africa » véritable hymne au panafricanisme. Pour porter encore plus loin ses messages, Ba Cissoko a fait appelle à quelques pointures de renommée internationale, comme le rasta Tiken Jah Fakoly ou les Nubians. Issu d’une longue lignée de griot, le jeune Cissoko a été formé auprès du maître M’Bady Kouyaté. Un enseignement coutumier qu’il respecte même si aujourd’hui il le transgresse avec son groupe qui reste une histoire de famille. En effet à ses côtés, on trouve ses cousins Kourou, Sékou et Konkouré dont la complicité musicale, que ce soit au balafon et aux percussions, est irréprochable. Bref, avec ce nouvel opus, Ba Cissoko confirme qu’il est bien un griot post-moderne. Le slam peul de Souleymane Diamanka (MFI) Les slammeurs viennent de s’enrichir d’une nouvelle voix : Souleymane Diamanka. D’origine sénégalaise, ce jeune poète a signé un premier album L’hiver peul (Barclay/Universal). Sur 15 titres, il prouve l’acuité de sa plume aussi bien dans la langue de Molière que dans la langue peul, celle de ses ancêtres. Exemple : « Je te salue vieux Sahara », bel hommage à sa terre natale. Tout comme le titre « Les poètes se cachent pour écrire » sur lequel l’artiste jongle littéralement avec les mots. Sur « Au bout du 6è sens », Souleymane Diamanka s’entoure de pointures du slam comme le français Grand Corps Malade (nommé cette année aux victoires de la musique). Pour certaines de ses performances, l’écrivain va plus loin en faisant un duo avec le grand griot sénégalais Sana Seydi sur le morceau « Moment d’humanité ». Une manière de rapprocher l’art de la parole griotique et le slam. Pour habiller ses textes, Souleymane Diamanka utilise toutes les couleurs possibles : cordes classiques, jazz, soul et instruments traditionnels mandingues. Volontairement dépouillé, ces accompagnements forment un bel écrin qui est au diapason de la voix grave du slammeur. Parti d’Afrique de l’Ouest dès son plus jeune âge, ce fils de berger a grandi à la Clairière des Aubiers, une cité près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Partagé entre l’apprentissage du peul – seule langue parlée à la maison – et celui du français sur les bancs de l’école, le jeune garçon a intégré cette double culture. Aujourd’hui, pour trouver les bonnes rimes, Souleymane Diamanka aime à se rappeler une phrase de son instituteur de CE 2 : « La poésie, c’est mettre des nœuds dans les phrases et obliger le lecteur ou l’auditeur à défaire ces nœuds. » | |||
| Daniel Lieuze | |||
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