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| 25/09/2007 | |||
Chronique Musique : Tiken Jah Fakoly,Najim | |||
| Tiken Jah Fakoly toujours engagé (MFI) Depuis son premier enregistrement Mangercratie paru en 1996, le très populaire rasta ivoirien poursuit son objectif : éveiller les consciences en informant et en éduquant. Son sixième album, qui compte douze titres et est intitulé L’Africain (Barclay/Universal), en est la preuve. Il aborde particulièrement le douloureux problème de l’immigration : trois titres se suivent sur ce thème. « Ouvrez les frontières » incite les gouvernements à laisser les ressortissants africains circuler librement. « Où allez, où ? » met en garde les candidats à l’aventure sur les risques qu’ils encourent. Quant au morceau « L’Africain à Paris », il rappelle que la vie en France est loin d’être une sinécure. A noter que ce titre est une adaptation du « English man in New York » de Sting. Mais Tiken Jah Fakoly a aussi choisi de mener d’autres combats sur ce nouveau disque. Il dénonce notamment les mutilations sexuelles sur « Non à l’excision », ainsi que les mariages forcés sur « Ayebada ». « Je défends tous ceux qui sont victimes d’injustice. Je trouve que les femmes en Afrique subissent des coutumes d’un autre temps et méritent qu’on les aide », précise le reggae man. Enfin, le chanteur clôture son opus par un appel à la réconciliation entre les deux ethnies bété et dioula sur le titre « Ma Côte d’Ivoire ». Ayant fui son pays, en 2002, pour s’installer au Mali, l’artiste a enregistré dans son studio à Bamako. Une manière de prouver que l’on peut engager une production de qualité dans un pays du Sud. Il a travaillé avec ses musiciens de scène. Un symbole, quand on sait que son groupe reflète toutes les identités – ivoiriens, béninois, antillais, capverdiens, « françafricains »… Bref, avec L’Africain, Tiken Jah Fakoly confirme qu’il est désormais le chef de file de la nouvelle génération du reggae africain. Najim, l’étoile montante du raï (MFI) A l’heure où le raï a perdu de son panache, à la suite des déboires que traversent certains de ses ténors, Najim arrive à point nommé. Cet artiste franco-algérien vient de sortir un deuxième opus, Sobo. Une entrée par la grande porte pour ce jeune adepte du style oranais, puisqu’il a signé chez EMI, l’une des grandes compagnies mondiales du disque. Avec sa voix de rossignol, Najim s’inscrit dans le registre « raï love » du regretté Cheb Hasni, assassiné en 1994 par les fondamentalistes. Un style qu’il défend avec des paroles intelligentes en arabe dialectal. Comme « N’rouhou n’zourou », qui célèbre les saints patrons du Maghreb, un titre au ton festif marqué par la présence de Cheikha Rimitti, la diva du raï disparue. La chanson El mesjoune évoque la situation des orphelins et des prisonniers. En parlant des récoltes, El saba se veut enracinée dans le terroir. Bien sûr, les chansons d’amour ne sont pas absentes comme en témoigne la très réussie Twahachtek bezef, dont la traduction est « tu me manques »… Côté musique, les compostions sortent du cadre proprement raï. Ici, elles flirtent avec le hip hop grâce à la complicité du rappeur Larsen. Là, elles sont nourries de « couleurs » bédouines. Ailleurs, on remarque l’influence orientale avec les violons twarab. Né à Paris, le jeune prodige a grandi avec ses grands-parents à Bordj-bou-Arreridj, dans l’est algérien. Très tôt, il se fait remarquer dans les fêtes familiales avant d’animer les cabarets d’Oran et d’Alger. Une expérience qui lui a permis de trouver facilement ses marques dans les clubs de la capitale française, lors de son retour à Paris en 2000. Aujourd’hui, à 22 ans, l’artiste est une figure montante du néo-raï. Normal ! Dans l’étymologie arabe, Najim signifie « étoile »… | |||
| Daniel Lieuze | |||
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