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| 10/07/2007 | |||
| Objectifs du Millénaire pour le développement Une route longue et difficile | |||
| (MFI) La route sera difficile pour atteindre dans le délai imparti les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), adoptés par la communauté internationale en 2000 et destinés, notamment, à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. De nouvelles priorités sont en effet apparues depuis, en particulier la lutte internationale contre le terrorisme et plus récemment la protection de l’environnement, qui drainent d’importantes ressources. Le bilan des OMD à mi-parcours, publié début juillet 2007 par les Nations unies, fait certes état de nets progrès mais souligne que le succès est loin d’être assuré, en particulier pour les Africains les plus pauvres. | |||
| « Le bilan présenté dans ce rapport laisse entendre que des améliorations ont eu lieu et que dans la plupart des régions du monde, il est toujours possible de réussir, a estimé le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon. Mais il montre aussi tout ce qu’il reste à faire. » Ce rapport est basé sur les données préparées par plus de 20 organismes internes et externes du système des Nations unies, comprenant la Banque mondiale et l’Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE). Les engagements pris lors du Sommet du Millénaire en 2000 visaient huit objectifs : l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim, l’universalité de l’enseignement primaire, la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomie des femmes, la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies, la garantie d’un environnement durable et l’élaboration d’un partenariat mondial pour le développement. Le rapport note des progrès sensibles dans la réalisation de l’objectif visant à diminuer de moitié l’extrême pauvreté avant 2015, soulignant que la proportion de ceux qui vivent avec l’équivalent d’un dollar par jour est tombée de 32 % (1,25 milliard, en 1990) à 19 % (980 millions, en 2004) de la population mondiale. Certains progrès sont accomplis « même dans les régions où les difficultés sont les plus insurmontables », comme par exemple en Afrique subsaharienne où le taux de pauvreté a baissé de près de six points de pourcentage depuis 2000. Mais en dépit de ces améliorations, l’écart de pauvreté de cette région demeure le plus élevé du monde. Certes, il est possible de faire des progrès rapides… Selon le rapport, de nombreux pays africains sont en train de démontrer qu’il est possible de faire des progrès rapides, à grande échelle, quand un gouvernement dirigé d’une main ferme, des politiques sensées et des stratégies de promotion des investissements publics se combinent avec une aide adéquate de la communauté internationale. Des informations positives viennent également d’Asie, où une croissance économique rapide a mis la région en voie d’atteindre les objectifs concernant la pauvreté. Le rapport fait également état d’autres signes de progrès : davantage d’enfants sont scolarisés. Les inscriptions dans l’enseignement primaire des pays en développement sont passées de 80 % en 1991 à 88 % en 2005. La lutte des femmes pour l’égalité des droits a gagné du terrain du fait de leur participation croissante à la politique et au gouvernement, mais dans l’ensemble, les progrès ont été lents. La mortalité infantile a baissé dans le monde et des interventions essentielles pour la lutte contre le paludisme ont connu un développement important. La plupart des pays développés n’ont pas tenu leurs engagements Mais il subsiste d’autres problèmes graves, d’après le rapport. Plus d’un demi million de femmes meurent tous les ans, pendant la grossesse et l’accouchement, de complications qu’il est possible de prévenir et de traiter. Les décès causés par le VIH/sida se sont élevés à 2,9 millions en 2006 contre 2,2 millions en 2001, tandis que la maladie a provoqué le décès d’un des parents, ou des deux, pour plus de 15 millions d’enfants. En outre, la moitié de la population des pays en développement n’a toujours pas accès à des installations sanitaires de base. Le secrétaire général de l’Onu fait état du non-respect de leurs engagements par la plupart des pays développés qui devaient fournir, « au sein du partenariat mondial, un financement adéquat du développement et de son cadre pour une responsabilisation commune ». En particulier, il n’y a pas eu d’augmentation significative de l’aide publique au développement (APD) depuis 2004, ce qui empêche d’atteindre les OMD, même pour « des pays bien gouvernés ». Les principales nations industrielles ont promis, en 2005, de doubler l’aide à l’Afrique d’ici 2010 mais l’APD totale a baissé de 5,1 % en termes réels entre 2005 et 2006, seuls cinq pays donateurs ayant atteint ou dépassé l’objectif des Nations unies de consacrer 0,7 % de leur produit national brut à l’ APD. 777 : ensemble, faisons décoller les OMD ! (MFI) Le slogan 777 : ensemble, faisons décoller les OMD ! était au cœur d’une table ronde organisée, à Paris, le 7 juillet 2007, au Conseil régional d’Ile-de-France par le ministère des Affaires étrangères et européennes et l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec les organisations de la société civile réunies au sein de l’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP). Pour Jean-Marie Bockel, nouveau secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, il faut avancer « étape par étape » et associer aussi le secteur privé, car on ne peut atteindre les OMD sans croissance économique. Pour lui, il faut mobiliser tout le monde, y compris la société civile et les autorités locales. « Nous ne pouvons plus agir seuls… Il faut une coalition d’acteurs », a-t-il souligné. Pour Jean-Michel Debrat, directeur général adjoint de l’AFD, il faut du temps pour atteindre les OMD qui doivent servir de levier, sans perdre de vue la globalité de l’action de développement. Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du Centre de recherche et d’information sur le développement (Crid), réseau d’ONG de développement qui pilote l’AMCP-France soulève toutefois un vrai problème : comment compenser la diminution de l’APD après les annulations de dette pour les pays les plus pauvres qui étaient comptabilisées dans le total de l’aide publique au développement ? La représentante du Crid et des participantes africaines comme Awa Marie Coll Seck, directrice de l’initiative Faire reculer le paludisme ou Mamounata Cissé, secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale internationale, misent sur un nouvel élan de solidarité de la communauté internationale. Parmi les outils de sensibilisation devrait figurer un film dont la sortie est prévue en 2008 : il est composé de 8 courts métrages – un par objectif – réalisés par des cinéastes renommés qui ont eu carte blanche pour transmettre leur vision des enjeux liés aux OMD, dont Abderrahmane Sissako, Sean Penn, Gaspar Noé ou Jane Campion. | |||
| Marie Joannidis | |||
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