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| 17/07/2007 | |||
| Le savoir et les nouvelles technologies, enjeu du développement des PMA | |||
| (MFI) Les pays les moins avancés de la planète (PMA), à l’écart de la mondialisation, doivent relever un nouveau défi, celui du savoir, des nouvelles technologies et de l’innovation, pour gagner la bataille contre la pauvreté et pour un développement durable, estiment les experts de la Cnuced. | |||
| Dans l’édition 2007 du rapport qu’elle consacre chaque année aux pays les moins avancés, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) estime que la croissance économique sera soutenue et s’accélérera grâce au développement des capacités productives, qui, conjugué à un essor de l’emploi productif, aboutira à une réduction notable de la pauvreté. Dans ce cas, souligne le Secrétaire général de l’organisation Supachai Panitchpakdi, « l’aide extérieure servira davantage à soutenir le développement qu’à ‘ éteindre les incendies ’ de situations d’urgence humanitaire complexes ». D’autant que la dépendance à l’égard de l’aide au développement se réduit au fur et à mesure que la croissance économique est de plus en plus soutenue par la mobilisation de ressources intérieures et que les PMA ne sont plus tenus à l’écart des flux de capitaux privés internationaux. Habib Ouane, directeur de la division de la Cnuced chargée de l’Afrique, des PMA et des programmes spéciaux, lui-même malien, souligne que les efforts des bailleurs de fonds n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Pour lui, une approche nouvelle doit être envisagée, après la doctrine des programmes d’ajustement structurel et les efforts entrepris pour résoudre les problèmes créés en fait par cet ajustement structurel. « On s’est appesanti sur des objectifs sociaux tels que l’éducation et la santé mais on s’est rendu compte qu’on ne peut réduire la pauvreté sans accroître la croissance économique, sans secteur productif et la création d’emplois productifs », explique-t-il à MFI. Pour lui, il est grand temps d’agir de façon plus efficace, de promouvoir un environnement durable et d’inclure dans la démarche les changements technologiques et l’innovation, en fait « d’agir sur plusieurs volets afin de développer les capacités » pour que les PMA ne soient pas davantage marginalisés. Tout cela passe par une nouvelle répartition des fonds d’aide au développement et une meilleure organisation tant sur le plan international que national afin d’éviter la fuite des cerveaux, notamment en Afrique. Lutter contre la faiblesse des capacités productives La Cnuced poursuit depuis plusieurs années un travail de recherche économique et d’analyse sur les défis auxquels font face les PMA et a élaboré un plan d’Action pour la décennie 2001-2010. Elle a aussi organisé une série d’ateliers sous-régionaux sur ce sujet, notamment en Afrique, qui compte la majorité des quelque 50 PMA identifiés dans le monde selon un certain nombre de critères : moins de 750 dollars annuels de revenu par habitant, des ressources humaines sous-développées et une grande vulnérabilité économique. Les études sur les PMA ont toujours souligné le rôle-clé du commerce international dans le processus de développement. Aujourd’hui, les experts mettent également l’accent sur la faiblesse des capacités productives de ces pays, préconisant à la fois une accumulation de capital, en particulier des investissements, des progrès technologiques et des transformations structurelles, notamment un environnement propice à l’innovation, à la production et au commerce. A titre indicatif, le rapport 2007 précise que l’aide consacrée à la science, la technologie et l’innovation a été négligée aussi bien dans le secteur agricole que non agricole et cite quelques rares cas de pays donateurs ayant lancé des initiatives "positives" comme le Canada, la Grande-Bretagne et la Suède, aux côtés des efforts de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale. Favoriser le progrès technologique Il est très difficile de mesurer l’ampleur de l’aide accordée dans ces domaines. La Cnuced indique cependant que les versements de ce type notifiés ne représentaient que 3 % du total des débours d’aide pour la période 2003-2005. Elle fait ressortir que les engagements annuels d’aide pour la vulgarisation agricole ne représentaient que 12 millions de dollars pour la même période alors que les pays donateurs ont consacré 1,3 milliard de dollars au soutien des efforts pour améliorer la gouvernance. Une conférence ministérielle des PMA, organisée en juillet à Istanbul par la Turquie et les Nations unies pour faire le point sur l’impact de la mondialisation sur ces pays, s’est conclue par un appel à plus d’équité dans le système international. Moussa Affolabi Okanla, ministre béninois des Affaires étrangères qui préside le groupe, a exigé une plus grande participation des PMA dans la prise de décision et l’établissement des normes en matière de politique économique internationale. La Cnuced pour sa part met en garde contre des effets de croissance à court terme dus à la hausse des prix des produits de base et, dans certains cas, à une aide et à des investissements directs étrangers accrus dans le secteur des ressources naturelles. Elle estime qu’il est essentiel de favoriser le progrès technologique pour que la situation des PMA s’améliore en accroissant les connaissances de l’économie. | |||
| Marie Joannidis | |||
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