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| 04/09/2007 | |||
| Pour un système monétaire international décentralisé | |||
| (MFI) « Jamais depuis près de quarante ans la conjoncture mondiale n’a été plus favorable aux pays en développement », affirme le rapport sur le commerce et le développement 2007 de la Cnuced. Qui plaide pour une coopération régionale entre pays en développement pour réduire leur vulnérabilité. | |||
| En 2007, l’économie mondiale dans son ensemble a crû pour la cinquième année consécutive à un taux estimé à 3,4 %. Un bilan jamais égalé depuis le début des années 70, selon le rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Les pays en développement, dont certains parmi les plus pauvres, ont pu bénéficier d’une forte demande de matières premières. Et leur produit intérieur brut par habitant a augmenté d’environ 30 % entre 2003 et 2007 - contre 10 % pour les pays du G 7. La Chine et l’Inde donnent toujours le tempo au monde en développement. Un rôle que ces deux pays devraient conserver – sauf si leurs exportations venaient à être limitées par une grande récession aux Etats-Unis. L’Afrique pour sa part continue à croître au rythme annuel de 6 % en 2007 tandis que l’Amérique latine et l’Asie occidentale subissent un léger tassement (autour de 5 %). La dynamique de la croissance générale a été stimulée dans les pays en développement par une augmentation notable des exportations, qui ont plus que doublé en termes réels entre 1998 et 2006. Leur volume a crû d’environ 160 % entre 1998 et 2006 en Asie de l’Est et du Sud tandis que dans les autres régions, il augmentait à un rythme plus modéré. Pour une réforme du régime global de taux de change Des résultats qui pourraient laisser espérer une avancée sensible des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Mais la croissance du revenu par habitant - notamment en Afrique subsaharienne - demeure inférieure au seuil qui permettrait de réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015 (nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar/jour). C’est que, malgré des apparences favorables, l’écart relatif des niveaux de vie entre pays développés et pays en développement reste considérable. Ainsi, le revenu par habitant qui était 23 fois plus élevé dans les pays développés en 1980 a été ramené à 18 fois en 2007. Un progrès imputable uniquement à la croissance rapide de l’Asie de l’Est et du Sud. En Afrique, en Amérique latine, en Asie occidentale ou dans les économies en transition, cet écart est au contraire plus important aujourd’hui qu’il ne l’était en 1980. Au total, la part du commerce mondial revenant aux pays en développement est cependant passée de 29 % en 1996 à 37 % en 2006. Et pour la première fois depuis le début des années 70, leurs comptes courants sont excédentaires et plusieurs d’entre eux sont exportateurs nets de capitaux. Toutefois, l’ampleur des flux de capitaux spéculatifs fausse les taux de change et perpétue les déséquilibres des comptes courants. Le rapport de la Cnuced préconise à cet égard un régime global de taux de change plus approprié qui permettent de corriger des déséquilibres croissants qui pèsent sur l’économie mondiale. « Les mouvements arbitraires des taux de change devraient être encadrés comme le sont les droits de douane et les subventions à l’exportation », estiment les auteurs du rapport, afin de contrer le phénomène des carry trade ou de « spéculation à découvert sur les taux d’intérêt ». Et de suggérer l’adoption d’un nouveau code international de conduite qui serait un élément fondamental du système international de gouvernance économique. En l’absence de mesures de contrôle de cette nature, « la coopération régionale peut aider à réduire la vulnérabilité des pays en développement », affirme encore le rapport de la Cnuced. En période de tension financière, des mécanismes régionaux tels qu’accords régionaux de crédit mutuel ou mise en commun d’une partie des réserves internationales collectives se prêtent mieux à une action rapide que les institutions multilatérales existantes car les pays membres ont une plus grande maîtrise de la gouvernance de tels mécanismes. Si les institutions financières internationales sont réformées de façon à mieux tenir compte des besoins spécifiques des pays en développement, elles pourront constituer le cœur d’un système monétaire international décentralisé, dans lequel les fonds régionaux répondront aux besoins financiers courants de leurs membres et où les institutions internationales feront office de source de financement secondaire et de prêteur en dernier ressort. Les pays en développement confrontés à des choix difficiles « La coopération financière régionale entre pays en développement peut être l’un des éléments fondamentaux d’une amélioration de l’ordre monétaire international », insistent encore les économistes de la Cnuced. Pour eux, ces mécanismes régionaux devraient être une source de soutien financier pour les pays en développement confrontés à des choix difficiles dans leurs relations avec les pays développés. La tendance à conclure des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux Nord-Sud, est alimentée en partie par la frustration de certains gouvernements devant la lenteur des négociations commerciales multilatérales effectuées dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces accords de libre-échange ou commerciaux préférentiels ont proliféré depuis 1990. Or « les avantages qu’un pays en développement peut attendre d’une ouverture des marchés à son égard sont loin d’être garantis alors que sa perte de latitude politique est certaine », concluent les auteurs du rapport. En outre, ce type de la coopération régionale peut contribuer à accélérer l’industrialisation et l’évolution structurelle des pays concernés : un moyen de renforcer les stratégies de développement et de faciliter l’intégration à l’économie mondiale. Pour ces pays, une coopération régionale visant à améliorer les moyens de transport et à la conjugaison de leurs efforts dans des secteurs tels que l’énergie, l’approvisionnement en eau, les activités de recherche-développement et l’accumulation du savoir peut être d’une importance capitale pour assurer le succès des stratégies de développement. D’après ce rapport - sous-titré La coopération régionale au service du développement -, les pays en développement n’ont pas encore exploité toutes les possibilités d’œuvrer conjointement dans ce sens. Au cours des vingt dernières années, le commerce intra-régional a d’ailleurs affiché, dans toutes les régions en développement, une croissance plus forte que le commerce extra-régional, surtout en Asie de l’Est où il compte aujourd’hui pour près de la moitié dans le total des échanges de cette région. En Amérique latine, il avoisine à présent 30 % du commerce total. Il a également progressé en Afrique, où son volume reste inférieur à 10 % du total des échanges de la région. S’ils cherchent à moderniser leur structure de production et à rehausser leur degré de technicité de leur industrie, l’orientation de ces pays vers le marché régional peut largement contribuer à améliorer la compétitivité de leurs producteurs locaux et représenter une première étape efficace vers leur intégration au marché international. | |||
| Antoinette Delafin | |||
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