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25/03/2008

Ticad IV : le Japon aussi agit en Afrique


(MFI) Du 28 au 30 mai prochains aura lieu la quatrième session de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique, la Ticad-IV. Ce sommet, organisé depuis 1993 tous les cinq ans au Japon, devrait accueillir cette fois plus de 40 chefs d’Etat, s’annonçant ainsi d’ores et déjà comme un « succès » aux yeux du chef de la diplomatie japonaise Masahiko Komura.

C’est la ville de Yokohama, grande cité portuaire non loin de Tokyo, la capitale japonaise, qui accueillera du 28 au 30 mai prochains la Ticad-IV, ou quatrième session de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique. Ce colloque politique, co-organisé avec l’Onu, le Pnud et la Banque mondiale, avait accueilli lors de sa précédente édition, en 2003, plus de 1000 participants dont 23 chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine. Cette fois, « plus de 40 chefs d’Etat ont annoncé leur participation. C’est de loin la plus forte participation jamais enregistrée depuis 1993 par la Ticad », s’est félicité le ministre japonais des Affaires étrangères, Masahiko Koumura, qui effectuait son premier déplacement au Gabon à l’occasion de la réunion ministérielle préparatoire de Libreville. Celle-ci a eu lieu les 20 et 21 mars, et a rassemblé près de 26 ministres des Affaires étrangères du continent et des représentants des organisations régionales ainsi que d’ONG africaines et japonaises.
La 4e Ticad aura pour thème « Vers une Afrique qui gagne : un continent d’espoir et d’opportunités », décliné en trois chapitres : comment amplifier la croissance économique africaine, comment garantir la sécurité humaine, comment limiter les effets du réchauffement climatique. Les conclusions de la rencontre seront transmises aux membres du G8 lors du sommet que le Japon accueillera du 7 au 9 juillet à Toyako, sur l’île d’Hokkaido. Le Japon s’enorgueillit d’ailleurs d’avoir été le premier à inviter des chefs d’Etat africains lors d’un sommet du G8 : c’était en 2000, à Okinawa, et les invités avaient pour noms Abdelaziz Bouteflika, Olusegun Obasanjo et Thabo Mbeki.


Aider les autres pour s’aider soi-même

A Libreville, le ministre Masahiko Koumura a assuré que les aides japonaises n’étaient pas une manière déguisée d’accéder aux « matières premières en Afrique », déclarant qu’« en aidant les autres, on n’aide pas que les autres (...) (Le développement de l’Afrique) c’est aussi bon pour nous et nos enfants. Nous ne recherchons pas un but à court terme ». Est-ce une pierre dans le jardin de la Chine, dont l’intérêt pour les matières premières africaines ne se dément pas ? Nobutake Odano, ambassadeur chargé de la Ticad-IV, de passage à Paris début mars, précisait : « L’aide de la Chine n’est évidemment pas à exclure, vu les besoins de l’Afrique. Mais cette aide doit être examinée du point de vue de la productivité. Quel est le coût exact d’un chemin de fer construit par la Chine ? Si l’aide chinoise s’inscrivait dans davantage de transparence, elle serait d’autant plus appréciée. » La Chine a d’ores et déjà formalisé son dialogue avec l’Afrique dans un Forum sur la Coopération sino-africaine, réuni au niveau ministériel dès l’an 2000 et dont le premier Sommet a eu lieu en novembre 2006. L’Inde, a son tour, serait sur le point d’établir un cadre formel de dialogue à l’échelle du continent africain…
Pour Nobutake Odano, si les projets menés par le Japon sur le continent africain sont peu visibles, alors que le pays est le deuxième donateur d’aide publique au développement brute derrière les Etats-Unis (2006), c’est pour partie à cause de « la modestie naturelle » des Japonais mais aussi car les projets sont menés « au niveau des populations, des communautés locales plus rurales qu’urbaines, et dans des domaines comme la formation et le transfert de compétences », par définition peu palpables.


Circonscrire les crises humanitaires et construire la paix

Présente également à Libreville, Sara Ogawa, représentante d’une coordination d’organisations non gouvernementales qui a fait le déplacement depuis le Japon, porte une appréciation critique sur la réunion : « Un plan d’action normal a des objectifs, des budgets, des sources de financements, des gens avec qui travailler (...) Le plan d’action qui est sorti de la réunion n’a pas de sens », a déclaré la militante, estimant que les ONG n’ont pas été entendues. « Ils nous ont laissé faire un discours, mais pas le temps de discuter avec les participants. Rien n’est venu de la société civile, de la base. Nous sommes déçus », a-t-elle ajouté.
Le 4 janvier 2008 à Dar es salaam, en Tanzanie, Masahiko Koumura avait déjà annoncé le lancement par le Japon d’un plan global d’aide à l’Afrique d’un montant de 264,5 millions de dollars, destiné à la fois à atténuer les effets des crises humanitaires (comme les sécheresses et les inondations violentes qui ont frappé plusieurs pays africains en 2007) et à appuyer les efforts de construction, de restauration et de maintien de la paix. Le Japon va ainsi soutenir – en coopération avec la France – les centres d’entraînement au maintien de la paix déjà actifs sur le continent. « Les Africains travaillent dur pour former des artisans de paix, et nous voulons travailler avec vous en ce domaine », avait précisé le ministre.

Ariane Poissonnier






Le prix Hideyo Noguchi pour l’Afrique remis pour la première fois à la Ticad-IV


(MFI) Le Prix Hideyo Noguchi pour l’Afrique, qui sera décerné pour la première fois en mai prochain, a été institué en 2006 par le gouvernement japonais, qui a signé à cet effet un accord de coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Doté de 100 millions de yens, le prix vise à encourager la lutte contre les maladies infectieuses en Afrique. Il comporte deux catégories : l’une récompense les individus ayant accompli des travaux exceptionnels dans le domaine de la recherche médicale, l’autre des organisations et/ou des individus ayant accompli un exploit dans le domaine des services médicaux en Afrique.
Cette récompense a vocation à être attribuée tous les cinq ans, en marge de la session de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad). Elle porte le nom d’un bactériologiste japonais jouissant d’une renommée légendaire, qui a découvert l’agent pathogène de la syphilis en 1911.
Hideyo Noguchi est né en 1876. A l’âge d’un an et demi, il se brûle gravement la main gauche. La générosité de son professeur d’école primaire lui permet de subir une opération grâce à laquelle sa main récupère environ 70 % de mobilité. C’est alors qu’il décide de devenir médecin ; il entrera en apprentissage auprès du docteur Kanae Watanabe, qui n’est autre que celui qui l’avait opéré, et passera ses examens à l’âge de 20 ans.
Le docteur Hideyo Noguchi a travaillé aux États-Unis, où il étudiait les venins de serpents toxiques avant de se pencher sur l’agent responsable de la syphilis. Il a voyagé dans le cadre de ses recherches en Amérique centrale et du Sud, puis en Afrique. Il est décédé en 1928 des suites d’une fièvre jaune contractée à Accra, au Ghana, où il étudiait cette maladie. Son portrait est imprimé sur les billets japonais de 1 000 yens depuis 2004.

A.P.




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