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| 28/04/2006 | |||
| Lexique de la sécurité humaine | |||
| Alerte précoce Auparavant utilisée dans les domaines sanitaires ou militaires, la notion d’alerte précoce est employée depuis le début des années 1990 dans la prévention des conflits inter étatiques ou infra étatiques. Elle consiste en la collecte systématique et l’analyse de l’information sur les régions en crise, afin d’éviter une aggravation de la situation, de favoriser l’élaboration de réponses stratégiques et de présenter aux acteurs concernés les possibilités d’action. Elle vise à prévenir les victimes potentielles, les auteurs de la menace, les Etats limitrophes, les organisations internationales, notamment les Nations unies, etc. Armes légères et de petit calibre Si les armes légères (c’est-à-dire les armes conçues pour un usage individuel, comme les pistolets à chargement automatique, les fusils, les mitraillettes, les fusils d’assaut ou les mitrailleuses légères) et les mines antipersonnel constituent des menaces immédiates de blessures physiques pour les populations, elles ont également des conséquences plus durables : elles freinent la reconstruction et le développement économique du pays, en empêchant par exemple les paysans d’accéder à leurs champs. Plus globalement, la circulation illégale et non contrôlée des armes légères dans de nombreuses régions du monde représentent évidemment un danger pour la paix, la sécurité. Pour lutter contre la prolifération des armes légères, les Nations unies ont adopté un « Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions », additionnel au « Protocole contre la criminalité transnationale organisée ». Il est entré en vigueur en 2005. Consolidation et maintien de la paix Les Opérations de maintien de la paix (OMPP) interviennent une fois un accord de paix conclu entre les différentes parties en conflit afin de le faire respecter. La grande majorité des conflits se produisant au sein d’un même Etat, les missions de maintien de la paix couvrent de plus en plus de domaines différents : en plus d’éléments militaires, diplomatiques et humanitaires, elles peuvent mobiliser des experts civils, observateurs des droits de la personne, des experts en protection des réfugiés et des enfants, des spécialistes des médias et de la santé, des policiers chargés de surveiller et de former les services de police locaux... Désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) Le processus DDR est l’un des éléments essentiels des Opérations de maintien de la paix dans les pays où de grandes quantités d’armes ont été utilisées. Le désarmement comprend ainsi l’inspection, la collecte des armes auprès des combattants et de la population civile, puis leur élimination. Le processus de démobilisation vise, lui, à réduire l’effectif des forces armées, voire à les dissoudre. Enfin, les mesures de réinsertion (à travers une aide financière ou une formation professionnelle, par exemple) visent à accompagner les anciens combattants et leur famille pour qu’ils retrouvent une activité professionnelle et une place dans la société. Enfants soldats Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de 300 000 enfants de moins de dix-huit ans, le plus souvent enrôlés de force, participeraient activement à un conflit armé dans le monde. Les Protocoles de 1977 additionnels aux Conventions de Genève de 1949 tout comme la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 prévoient que les parties en conflit prennent toutes les mesures possibles pour que les enfants de moins de quinze ans ne participent pas directement aux hostilités, notamment en s’abstenant de les recruter dans leurs forces armées. De leur réinsertion et leur réadaptation dans la société à la fin du conflit auquel ils ont pris part, dépend évidemment l’instauration d’une paix durable. Justice transitionnelle Il s’agit de la période de transition politique pendant laquelle un Etat qui a connu un conflit interne décide de juger les auteurs des violations des droits humains qui ont été commises. Il peut s’agir de juger individuellement les responsables de ces violences, d’accorder des réparations aux victimes, de mettre en place une commission de recherche de la vérité sur le passé, de réformer certaines institutions – celle de la justice, par exemple. Prévention et gestion des crises ou des conflits Il s’agit de prévenir ou d’arrêter la violence dans un pays ou entre plusieurs Etats sans faire intervenir les forces armées. Le travail porte sur les causes directes des conflits, mais aussi sur celles plus profondes comme la pauvreté ou les inégalités sociales. Pour l’Union européenne, par exemple, la prévention des conflits doit être intégrée dans les programmes de coopération qui mettent l’accent sur la réduction de la pauvreté, les conflits étant souvent l’aboutissement d’une détérioration sociale et économique. Les inspections, l’envoi de diplomates, de soldats de la paix de l’ONU, d’envoyés spéciaux dans les régions concernées font partie des mesures généralement mises en place pour prévenir et gérer une crise. Régimes d’embargo L’embargo fait partie des régimes de sanctions imposés à un Etat, et définis et utilisés par les Nations unies. En 2004, par exemple, l’ONU a adopté une résolution imposant un embargo sur les armes à la Côte d’Ivoire : les autres Etats ont dû alors prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d’armes à destination de la Côte d’Ivoire, ainsi que la fourniture de toute assistance se rapportant à des activités militaires. Responsabilité de protéger Selon ce concept, apparu à la suite du génocide rwandais de 1994, les Etats ont l’obligation de protéger leurs citoyens contre les catastrophes évitables : meurtres à grande échelle, viols systématiques, famine… S’ils ne sont pas disposés ou aptes à le faire, c’est à la communauté internationale que revient cette responsabilité. Sécurité économique Elle se mesure sur la base de plusieurs indicateurs. Parmi eux, le revenu, le marché du travail, l’emploi, les compétences, le travail. Une étude du Bureau international du Travail (BIT) a montré qu’elle favorise le bien-être et la tolérance et qu’elle est bénéfique pour la croissance et le développement, lorsque elle est associée à la démocratie et aux efforts déployés par les gouvernements sur le plan social. Seulement 8 % de la population mondiale a aujourd’hui un niveau élevé de sécurité économique. Sorties de crises Afin de sortir durablement d’un conflit, la mise en place d’une stratégie de consolidation de la paix afin de réduire progressivement la présence de la communauté internationale sur place est primordiale. Il s’agit donc d’élaborer des programmes de reconstruction durable. Pour la communauté internationale, cela consiste souvent à appuyer le redéploiement de l’administration territoriale, des administrations décentralisées ou des services publics sociaux du pays concerné. Violence internationale (lutte contre le terrorisme) Attaques terroristes, mafias, piraterie maritime, milices privées : l’Etat n’a plus le monopole de la violence dans le champ des relations internationales. Auparavant basée sur le conflit inter étatique, la violence dite « internationale » est désormais le fait d’une multitude d’acteurs. Pour lutter contre elle, l’Union européenne, par exemple, a notamment décidé de renforcer la coopération policière et judiciaire entre ses Etats membres. | |||
| Fanny Pigeaud | |||
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